Sécurité au G7: pourquoi Castaner joue gros

Lors du G7, qui s’ouvre samedi à Biarritz, les grands dirigeants mondiaux s’attendent à jouer une partie diplomatique serrée. Mais pour le ministre de l’Intérieur français, le rendez-vous a surtout des airs de couperet politique. 

Il s’agirait de ne pas se manquer. Les vacances sont bien finies pour Christophe Castaner, qui joue sans doute son avenir politique dès sa rentrée avec l’ouverture du G7 samedi à Biarritz. Contesté pour sa gestion des manifestations de gilets jaunes, qui ont dénombré de nombreux blessés au fil des mobilisations, critiqué aussi dans le dossier autour de la disparition puis de la découverte tardive du corps de Steve Maia Caniço à Nantes, le ministre de l’Intérieur n’a, de surcroît, pas le droit au faux pas au moment d’organiser le sommet qui rassemblera les plus grands dirigeants mondiaux, à l’exception de Vladimir Poutine, sous le ciel biarrot.

Christophe Castaner, flanqué de son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, a visité une première fois début juillet les lieux où doit se tenir l’événement international. Les deux hommes doivent à nouveau inspecter ce mardi le dispositif de sécurité mis sur pied selon Sud-Ouest, qui détaille le parcours: ils assisteront d’abord à la présentation du poste de commandement interministériel, puis examineront les postes de commandement de l’aéroport de Biarritz, feront un crochet par les postes santé-secours, un détour par le SDIS, et échangeront avec les forces de l’ordre présentes sur place.

10.000 membres des forces de l’ordre sur place 

De ce côté, le ministre pourrait avoir l’embarras du choix de son interlocuteur. Car 10.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés dans les environs, à la fois pour protéger le G7, la ville qui l’abrite, et les alentours, mais aussi pour surveiller les personnes participant au contre-sommet d’Hendaye et Irun en Espagne. Nos équipes ont d’ailleurs pu constater que policiers et gendarmes multipliaient les contrôles à la frontière et les fouilles de sacs de touristes, se permettant même de réquisitionner le cas échéant le matériel jugé potentiellement dangereux.

Notre éditorialiste politique Christophe Barbier a réagi ce mardi à ce redoublement d’efforts des forces de l’ordre, tout en évoquant les enjeux de l’instant pour Christophe Castaner: 

“Il y a le risque des manifestations populaires, alors pour Christophe Castaner, c’est un défi. Pas seulement pour lui mais aussi pour une partie des services secrets car la première sécurité, c’est celle des chefs d’Etat au plus près. Et évidemment, chaque chef d’Etat surtout les gros, surtout Donald Trump, arrive avec ses propres exigences, ses propres équipes. Nous, on va regarder la sécurité de deuxième rideau et là c’est Christophe Castaner est en première ligne”. 

Pas simple techniquement, risqué politiquement 

Relevant le risque représenté selon lui par les militants alternatifs, le journaliste a souligné que ce G7 n’avait pas été organisé dans un territoire rural et distant des grands centres urbains:

“Là, on est dans un entre-deux. Biarritz est une ville, dans un réseau de villes, pas loin de plus grandes villes comme Pau ou Bordeaux donc ça donne des cibles potentielles pour ceux qui se réunissent, les Black blocs et en plus il y a la spécificité française 2018-2019: les gilets jaunes. Va-t-il y avoir comme pendant cet hiver, l’effet guêpe, du noir, du jaune, du noir, du jaune? C’est ça aussi que craint Christophe Castaner qui n’a pas toujours été très habile dans la gestion de ces manifestations”.

“Et là on n’est pas à Paris, avec le préfet Lallement, on est dans une autre zone où il faut bâtir un autre dispositif. Ce n’est pas simple techniquement et il y a évidemment un risque politique pour lui”, a ajouté Christophe Barbier. Ce dernier sait dans quelle situation il aborde la réunion internationale. Mais il est bien loin de savoir où il en sera lundi, à sa clôture.

 Robin Verner-bfmtv.com