Séisme en Albanie: Durrës, la deuxième ville du pays, sous le choc

L’Albanie est toujours sous le choc après le séisme de mardi, de magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter. Il a fait 35 victimes et 657 blessés et le pays est encore secoué par d’importantes répliques. L’aide internationale arrive pour secourir et proposer des abris de fortune aux milliers de personnes qui ont perdu leur logement.

Les yeux cernés et la peau très pâle, Julieta patiente devant le vieux stade de Durrës pour récupérer des vêtements chauds. Comme cette mère de famille, ils sont plusieurs milliers de personnes à avoir perdu leur logement. « Nous sommes là à cause du séisme parce que notre maison a été détruite et nous n’avons plus d’endroit où dormir, notre maison n’est plus habitable et nous ne savons pas où aller. On ne nous laisse pas rentrer chez nous. »

Derrière Julieta, des dizaines de tentes blanches continuent d’être installées sur les pelouses boueuses qui entourent le stade. Même si sa famille est maintenant à l’abri, Julieta n’arrive pas à cacher son inquiétude. « On est ici depuis hier soir et j’ai trois enfants en bas âge, poursuit-elle. Je ne sais pas, seul Dieu sait ce qui va nous arriver après. »

Un peu plus loin, Florian fait la queue devant un stand tenu par les autorités locales. La nuit dernière, il a dû dormir dehors avec sa femme et ses deux enfants : « Non, on n’a pas encore reçu de tente. On me répète “attends, attends, on va te la donner”, mais il n’y a rien qui se passe. Vous comprenez, il nous faut juste, une tente parce que la pluie va venir et on veut se mettre à l’abri, c’est tout. »

Beaucoup d’habitants de Durrës sont venus apporter leur aide aux sinistrés. C’est le cas de Yuli qui passe entre les tentes distribuer des mandarines : « Il faut être solidaire des autres. Moi ma maison n’a pas eu de problèmes, mais on a vu ce qui est arrivé à d’autres maisons autour de nous, c’était terrible. »

De la solidarité, les habitants de Durrës en ont bien besoin. Depuis mardi, la terre n’a pas cessé de trembler et les fortes pluies annoncées pour les prochains jours ne devraient rien arranger.

■ À la recherche de survivants

Les recherches sont encore en cours pour retrouver d’éventuels survivants à Durrës. Le géologue Klodian Skrame, sur place, témoigne alors que des répliques se font toujours sentir.

« Bien sûr, j’espère qu’on va retrouver les gens vivants. Des expériences et des interventions passées ont montré que des gens ont pu être secourus même après avoir passé plusieurs jours sous les décombres. Ça a été le cas notamment en Italie, où les tremblements de terre ont été peut-être encore plus forts que ceux nous vivons actuellement… Des situations similaires ont eu lieu où des gens ont été secourus même après 48 heures, donc on espère que là aussi, les personnes seront sauvées. Ce que nous venons de subir à l’instant, c’est un tremblement de terre qu’on appelle « aftershock ». Un séisme secondaire d’une magnitude plus faible que celui de mardi qui était d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter. En fait, ce que cette réplique nous fait comprendre, c’est que, alors qu’on espérait que l’énergie qui s’est accumulée entre les deux plaques tectoniques s’affaiblisse et baisse en intensité. Mais ce que nous voyons, c’est que la magnitude est encore au-dessus de 5, ce qui est assez agressif, et cela nous rappelle que l’énergie est encore là, entre ces deux plaques. Et on ne sait pas avec exactitude quelle est l’ampleur de cette énergie. »

Les Albanais sont nos voisins proches, ce sont de bonnes personnes, je sais qu’à l’inverse si moi j’avais un problème ils viendraient m’aider immédiatement. Il y a aussi des équipes venues de France, d’Italie , de Turquie, du Kosovo pour les aider. La situation est folle ici. Il y a eu un nouveau tremblement de terre de magnitude 5,3, on était en train de travailler et tout a recommencé à bouger. Beaucoup de gens viennent nous dirent: “Dans ce bâtiment il y a peut être 2 ou 3 personnes prisonnières”. On fait tout pour ressortir les gens. Toutes les équipes se dépêchent, on a tous en nous l’espoir de trouver des gens encore vivants.

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