Six migrants retrouvés morts de froid à la frontière gréco-turque




Six migrants ont été retrouvés morts de froid ces derniers jours dans la région de l’Evros, à la frontière entre la Grèce et la Turquie, a-t-on appris mardi.

C’était une des grandes craintes des ONG de défense des migrants en Grèce : les corps de six hommes et femmes ont été découverts ces derniers jours dans la région d’Evros, à la frontière entre la Grèce et la Turquie, a annoncé mardi 10 décembre Pavlos Pavlidis, le médecin légiste de l’hôpital d’Alexandroupoli en charge des autopsies.

Les victimes âgées entre 18 et 30 ans, dont deux femmes d’origine africaine, ont été découvertes entre le 5 et le 8 décembre. Aucune pièce d’identité n’a été retrouvée, rendant l’identification des corps extrêmement difficile.

Σοροί έξι νεαρών μεταναστών εντοπίστηκαν σε περιοχές του #Έβρου https://t.co/kgJZZ93BHp pic.twitter.com/mhFdtmnxTc— Radio Evros (@radioevros) December 11, 2019

La région d’Evros est un point de passage majeur pour les migrants qui tentent d’entrer dans l’Union européenne (UE) depuis la Turquie. Le nombre de migrants arrivant en Grèce a culminé en 2015, lorsque plus d’un million de personnes, pour la plupart des Syriens, ont quitté la Turquie, principalement par bateau.

Depuis, un accord conclu entre l’UE et Ankara au printemps 2016 a largement contribué à endiguer le flux. Pour autant, le nombre de personnes tentant de traverser la rivière Evros et sa région éponyme a augmenté depuis l’intensification des patrouilles navales en mer Égée en 2016. Parallèlement, les trafiquants ont commencé, également, à trouver des points d’entrée le long d’une clôture en fil de fer barbelé de 12 kilomètres de long qui longe la frontière avec la Turquie.

Plus de 14 000 migrants passés par cette frontière terrestre cette année

Le gouvernement grec a déclaré le mois dernier qu’il comptait recruter quelque 400 garde-frontières dans la région d’Evros et y intensifier les opérations de surveillance à l’aide, notamment, de radars infrarouges.

Ce n’est pas la première fois que la frontière gréco-turque fait des victimes : en décembre 2018, trois corps, dont celui d’un Afghan, avaient déjà été retrouvés côté turc, eux aussi morts de froid. En outre, de nombreux migrants se sont noyés dans le fleuve Evros ces dernières années. Début novembre, 41 migrants ont échappé de peu à la mort alors qu’il se cachaient dans un camion frigorifique. Ils ont été découverts vivants par les autorités sur une autoroute dans le nord de la Grèce.

Pour la première fois depuis 2016, la Grèce est redevenue cette année la première porte d’entrée des migrants illégaux en Europe. Selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, 55 000 migrants ont traversé la Turquie vers la Grèce via les îles de la mer Égée cette année. Dans le même temps, les arrivées par la frontière terrestre avec la Turquie ont augmenté depuis 2018 avec plus de 14 000 personnes qui ont emprunté cette route en 2019.