Trois migrants arrêtés en Sicile pour trafic d’êtres humains en Libye

La police italienne a arrêté en Sicile trois personnes accusées d’enlèvement, de torture et de trafic d’êtres humains sur des migrants dans un camp illégal à Zaouïa, en Libye. De nombreux témoignages décrivent des scènes de torture envers des migrants à qui étaient réclamées des rançons en échange de leur libération.

Trois hommes – un Guinéen de 27 ans et deux Égyptiens de 24 et 26 ans – ont été accusés d’enlèvement, torture et trafic d’êtres humains sur des migrants candidats au départ vers l’Europe et arrêtés en Italie, a indiqué la police italienne dans un communiqué lundi 16 septembre. Les intéressés sont soupçonnés d’avoir mis en place un camp illégal de prisonniers dans une ancienne base militaire à Zaouïa, à 45 minutes à l’ouest de Tripoli, en Libye. Ils ont été incarcérés dans un centre de détention à Messine, en Sicile.

Les trois hommes, qui avaient eux-mêmes traversé la Méditerranée et débarqué le 29 juin sur l’île de Lampedusa avant d’être transférés en Sicile, ont été identifiés par des dizaines de migrants. Les nombreux témoignages décrivent des scènes de torture et de chaos.

“Des centaines de migrants, en attente de pouvoir embarquer pour rejoindre les côtes italiennes étaient privés de liberté” jusqu’à ce que leurs proches versent une rançon à leurs geôliers, a affirmé à la police un témoin. Les personnes incapables de payer étaient vendues comme esclaves à d’autres trafiquants “à des fins d’exploitation sexuelle et/ou professionnelle”, ou étaient tués, a précisé la police.

Coups, exécutions, viols systématiques

Dans le centre de Zaouïa, des migrants étaient “battus avec des bâtons, des crosses de fusil, des tuyaux en caoutchouc, fouettés ou soumis à des chocs électriques”. Des témoins ont par ailleurs dit avoir vu d’autres prisonniers être abattus alors qu’ils tentaient de s’échapper, selon la police.

Selon un témoignage, cité par le journal britannique The Guardian, le chef de ce centre de détention était un Libyen puissant appelé Ossama. “Il était toujours muni de deux pistolets. Avec ces associés, ils violaient en groupe de nombreuses femmes.”

“Toutes les femmes qui étaient avec nous (…) ont été systématiquement et à plusieurs reprises violées”, a par ailleurs déclaré un témoin cité par la police. “Ils nous ont donné de l’eau de mer à boire et parfois du pain dur à manger. Nous, les hommes, avons été battus pour que nos proches paient des sommes d’argent en échange de notre libération.”

En proie à la guerre depuis le soulèvement de 2011, la Libye reste une importante voie de transit pour les migrants, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne. Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de juillet, au moins 5 200 personnes sont actuellement enfermées dans des centres de détention reconnus comme tels en Libye, souvent dans des conditions inhumaines. Il n’existe pas de chiffres concernant le nombre de personnes détenues dans des centres illégaux gérés par des trafiquants d’êtres humains.

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