Un accord européen pour répartir les 356 migrants de l’« Ocean-Viking »

Rescued migrants gather aboard the 'Ocean Viking' rescue ship, jointly operated by French NGOs SOS Mediterranee and Medecins sans Frontieres (MSF Doctors without Borders) on August 23, 2019, at sea after a search-and-rescue operation in the Mediterranean Sea, ahead of being registered and identified and being given a 24hour supply of rations. MSF have said that there remain on the ship four days of rations for the 356 people on board. / AFP / Anne CHAON

La France devrait accueillir 150 personnes parmi les migrants recueillis sur le navire humanitaire, en attente depuis douze jours au large de Malte.

Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a annoncé sur Twitter, vendredi 23 août, qu’un accord européen avait été conclu pour répartir entre différents pays les 356 migrants recueillis il y a douze jours à bord du navire humanitaire Ocean-Viking en Méditerranée.

Malgré les obstacles, les ONG de secours résistent en Méditerranée

« La France maintient sa solidarité : 150 seront accueillis dans les prochains jours sur notre territoire », a précisé le ministre. L’Allemagne, le Portugal, la Roumanie, le Luxembourg et l’Irlande participent également à cet accueil, selon M. Castaner. Le bateau devrait accoster dans le port de la capitale de Malte, La Valette, avant une répartition des migrants vers les différents pays. Mardi 23 août, la France s’était également engagée à permettre à 40 migrants recueillis à bord d’un autre navire humanitaire, l’Open-Arms, de venir effectuer une demande d’asile en France après avoir accosté sur l’île italienne de Lampedusa.

Quatre jours de réserves de nourriture

Les personnes secourues au large des eaux libyennes sont arrivées à bord, le 12 août, fortement déshydratées après avoir passé parfois quatre jours en mer à bord de canot en caoutchouc, sans eau ni vivres ni ombre. Parmi elles se trouvent quatre femmes et cinq enfants de un à 6 ans, ainsi qu’une centaine de mineurs de moins de18 ans, dont 80 % voyagent seuls parfois âgés de 13 ou 15 ans.

La plupart de ces personnes, dont les deux tiers viennent du Soudan, ont fui la Libye pour échapper à un large éventail de mauvais traitements, de détentions arbitraires et parfois de tortures et sont arrivées en mauvaise santé et parfois à la limite de la malnutrition, selon l’équipe médicale du navire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF). Lire aussi Sur l’« Ocean-Viking », l’attente d’une solution européenne « semble une éternité »

L’annonce des six pays européens participant à l’accord intervient quelques heures après que l’équipe médicale du navire a fait part d’inquiétudes quant aux réserves de nourriture à bord. « Il nous reste quatre jours de stocks de nourriture en comptant aujourd’hui » a déclaré à l’AFP, vendredi matin, une porte-parole de MSF à bord. « Après ça il faudra bricoler avec ce qu’il nous reste des précédentes missions ».

Le bateau, parti le 4 août de Marseille et dont c’est la première mission pour SOS Méditerranée, s’était vu refuser au dernier moment à l’aller de se ravitailler en eau et carburant dans les eaux maltaises ainsi qu’il l’avait demandé. Le navire de 69 mètres, battant pavillon norvégien, économisait depuis son dernier sauvetage le carburant et faisait pratiquement du surplace, se laissant dériver le jour dans le canal de Sicile.

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