Un migrant soudanais tué par un garde-côte libyen après avoir été intercepté en mer

“C’était une tragédie imminente”. L’organisation internationale des migrations (OIM) a déploré dans un communiqué la mort d’un migrant soudanais tué par balle par un garde-côte libyen.

Selon l’agence onusienne présente lors du débarquement, 103 personnes, qui ont été interceptées en mer par les autorités libyennes et débarquées au port de Tripoli, ont refusé d’être envoyés en centre de détention. Quand les migrants ont tenté de s’enfuir, “des hommes armés ont tiré en l’air” et un homme a été touché par balle dans le ventre, peut-on lire dans le communiqué.

Le migrant, originaire du Soudan, a été immédiatement pris en charge par un médecin de l’OIM et transféré dans un hôpital de la ville où il est décédé deux heures après son admission.

L’OIM demande une enquête “approfondie”

“L’utilisation de balles réelles contre des civils vulnérables non armés, hommes, femmes et enfants, est inacceptable en toutes circonstances et suscite des inquiétudes quant à la sécurité des migrants et du personnel humanitaire”, a déclaré Leonard Doyle, porte-parole de l’OIM.

La mort de cet homme constitue “un rappel brutal des conditions difficiles auxquelles sont confrontées les migrants” en Libye, notamment dans les centres de détention dont “les conditions ont été condamnées par l’OIM et l’ONU”, signale l’agence onusienne.

L’Union européenne a réagi en “condamnant fermement” la mort “tragique” du jeune soudanais. L’OIM, qui condamne aussi cet “incident”, appelle les autorités libyennes à mener une enquête “approfondie” et à traduire les responsables en justice.

Ce n’est pas la première fois que des migrants sont victimes de tirs de la part des garde-côtes ou gardiens libyens. InfoMigrants avait reçu au mois de juin le témoignage d’Alpha, un migrant guinéen, qui, en tentant de s’enfuir, avait été blessé par balles à ses deux pieds.

Selon l’ONU, environ 5 000 personnes sont encore détenues dans des conditions inhumaines dans les centres de détentions libyens, dont 3 000 dans les zones de conflits.