Grâce présidentielle : Karim inspire Khalifa Sall

L’éventualité d’une grâce à l’ancien maire de Dakar, divise son camp selon qu’on est pour ou contre. Si elle permet à Khalifa Sall de recouvrer la liberté, la grâce ne manque pas de pièges.

Selon des sources tapies dans l’establishment, le président Macky Sall n’écarte pas l’option d’accorder la grace à Khalifa Sall. Même si pour sa part, l’ancien maire révoqué, a toujours fait savoir qu’il ne veut pas de cette grâce. Se pose la question de savoir si oui ou non, une grâce profite à Khalifa Sall ?

Dans le camp de l’ancien maire de Dakar en prison pour des dépenses non justifiées sur les fonds de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, les avis sont partagés. Barthélemy Dias qui est l’un de ses plus fidèles lieutenants persiste contre «une grâce qui ne les intéresse pas», soutenant que lui Barth, «n’accorde aucune importance à cette grâce», qui selon lui, donne la preuve que «c’est Macky Sall qui est derrière le procès de Khalifa Sall». On apprend de bonne source que pour ce qui est d’une grâce, la position du maire de Mermoz est en phase avec celle de son mentor en prison.

Si la mesure lui permet de recouvrer la liberté, force est de constater que cette grâce ne lui profite pas du point de vue politique. La jurisprudence Karim Wade a certainement inspiré Khalifa Sall à cracher sur une grâce. À mi-durée de sa peine, l’ex maire de Dakar a pesé les avantages et les inconvénients de cette grâce pour verser du sable là-dessus. En tout cas, en acceptant de se faire gracier par Macky Sall, Khalifa Sall qui a toujours considéré son procès comme «politique», pourrait être présenté comme un parfait «détourneur de deniers publics qui a peur des rigueurs de la prison». Un détenu qui a reconnu son tort et qui demande le pardon.

Or, du début de l’instruction de cette affaire jusqu’au prononcé de sa peine, Khalifa Sall n’a jamais reconnu un quelconque forfait dans la gestion des fonds de la caisse d’avance. Autant dire que pour son avenir politique, une grâce n’arrange pas Khalifa Sall. Outre la jurisprudence Karim Wade, la grâce ne fait pas disparaître les peines subsidiaires. Comme cela est arrivé au prêcheur Taïb Socé, l’État pourra utiliser l’arme de la contrainte par corps pour obliger Khalifa à se terrer et à se taire. On peut donc dire qu’exception faite des rigueurs de l’univers carcéral qu’elle lui évite, une grâce comporte des inconvénients pour cet ancien maire qui a plus besoin d’amnistie, et qui a perdu toutes ses fonctions électives à cause de cette affaire des fonds de la caisse d’avance.

Pour rappel, la grâce est une faveur accordée à la demande d’un condamné ou de son avocat et qui lui permet de recouvrer la liberté. La grâce qui est prévue dans la Constitution du Sénégal, est une mesure par laquelle le chef de l’État accorde la liberté à un individu qui purge sa peine à la suite d’une condamnation devenue définitive. La prérogative est désignée sous l’appellation de droit de grâce et permet de corriger la rigidité des institutions pénales. Si la grâce est une mesure utile pour la plupart de ses bénéficiaires, dans certains cas, notamment en politique, elle peut comporter des inconvénients. C’est le cas avec Karim Wade et pourrait l’être avec Khalifa Sall. Mais, si on la lui force et le jette en dehors de la prison pour qu’il rentre chez lui, alors là, il n’aura rien à perdre.

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