Viol Suivi De Grossesse : Le Beau-Père Accusé, Le Tribunal Ordonne Un Test ADN

Samba Aly Sène a comparu, hier, devant le tribunal des flagrants délits, pour viol au préjudice de D. Diop, sa belle-fille âgée de 16 ans. De ce viol est né un enfant. Le prévenu, âgé de 65 ans, nie les faits. Le tribunal a ordonné un test Adn.

À en croire D. Diop, la jeune maman de 16 ans, les faits se sont déroulés courant avril 2017. Elle déclare avoir été abusée par son beau-père Samba. A. Sène, en l’absence de sa mère, trois nuit d’affilée. ‘’Vers la fin du mois d’avril, ma mère était partie à Mbirkilane. Mon frère partait tous les soirs avec d’autres pêcheurs et ne revenait qu’au petit matin. La nuit, j’étais allongée dans la chambre commune que je partage avec mes parents et mon petit frère âgé de 11 ans, lorsque mon père m’a ordonné de le rejoindre dehors, dans la cour de la maison, où il avait attaché une moustiquaire et mis un matelas qu’il avait recouvert de drap.

Il m’a demandé de me coucher à côté de lui, sous prétexte qu’il faisait chaud dans la chambre. J’y suis allée. Il a enlevé mon slip, s’est couché sur moi et m’a dit qu’il me tuerait, si je me mettais à crier. Il a abusé de moi. Le lendemain, il m’a dit de ne pas aller à l’école. Il m’a remis 100 F pour acheter le pain de mon petit-déjeuner. Il m’a ensuite demandé de m’atteler aux tâches ménagères. Le même soir, et le lendemain, quand j’avais fini de faire le lit, il m’a de nouveau sommée de le rejoindre, pour ensuite abuser de moi’’.

La victime de poursuivre : ‘’Ma mère est rentrée de son voyage, le quatrième jour. Je ne lui en ai pas parlé, de peur des représailles de mon père. Quelques jours après, j’ai rassemblé toutes mes forces pour tout lui raconter. Elle m’a juste demandé si c’était vrai ce que je disais et a clos le débat. Des semaines se sont écoulées, je suis tombée malade et j’avais mal au ventre et à la poitrine. Au lieu de m’emmener au centre de santé, elle m’a donné des tisanes, me disant que j’avais la fièvre jaune. Elle essayait de me faire avorter’’, explique-t-elle.

Sa grande sœur : ‘’J’ai eu un choc.’’

Sa grande sœur utérine déclare avoir dit à leur maman Danielle Sonko de laisser sa petite sœur venir la rejoindre à Touba pour qu’elle puisse l’emmener en consultations, puisqu’elle tardait de guérir de la fièvre jaune. ‘’Elle est venue chez moi, se plaignant de maux de poitrine passagers. Un jour, j’avais fait un tri des habits que je ne portais plus et je lui ai dit de les essayer. Elle s’est mise de dos pour se changer. J’ai trouvé cela étrange, puisqu’il n’y a jamais eu de gêne entre nous. Je suis allée vers elle, je l’ai de force retournée et j’ai eu un choc, en voyant ses seins et son nombril gonflés. J’ai dû hausser le ton, pour qu’elle se décide à me raconter ce qu’on lui avait fait. Et c’est de ce pas, que je l’ai emmenée à l’hôpital pour qu’elle se fasse consulter. A la suite, le médecin nous a notifié qu’il y avait bel et bien une grossesse. Ils nous ont conseillé de la conduire à l’hôpital Philippe M. Senghor où on a su qu’elle en était à 11 semaines et 4 jours’’, témoigne-t-elle.

La maman accuse sa fille de mentir

Le sexagénaire, beau-père de la partie civile, qui l’appelle papa, trouve que ceci est un complot et que cette idée vient de ses beaux-frères avec qui il ne s’entend pas depuis un moment. Il clame son innocence et dit qu’il est incapable de violer sa fille : ‘’Il est vrai que je lui criais dessus, de temps à autre, mais c’était juste pour son bien, par rapport à son éducation. Elle avait commencé à avoir de mauvaises fréquentations et je ne lui veux que du bien. Même un de nos voisins m’avait dit qu’elle fréquentait des garçons peu recommandables et qu’il fallait la surveiller. Elle avait commencé à filer du mauvais coton et je me devais de faire mon devoir de père. Je ne l’ai jamais violée. Je ne suis pas le père de cet enfant.’’

La présidente du tribunal des flagrants délits juge qu’il n’y a pas assez d’éléments scientifiques pour rendre une décision. Elle a demandé de faire venir l’enfant à la barre ; ce dernier ressemble comme deux gouttes d’eau à son grand-père. Mais elle trouve qu’il serait plus sage de se fier à la science. Elle a ainsi ordonné un test Adn et accordé une liberté provisoire au prévenu.

L’affaire est renvoyée au 13 novembre 2019.

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