MADIAMBAL DIAGNE DÉNONCE LE «JOURNALISME-SPECTACLE»

«On n’informe plus, on cherche à émouvoir. Ce journalisme de l’émotion s’invite sur nos plateaux de télé, nos stations de radio, entre les lignes de nos journaux et magazines et sur nos smartphones»

Le président de l’Union de la presse francophone (Upf), Madiambal Diagne, a mis en garde à Yaoundé où se déroulent les 48 èmes Assises de l’organisation qu’il dirige, le primat du journalisme-spectacle dans le monde médiatique.

Le journalisme factuel commence à disparaitre de l’univers des médias, qui lui donnent désormais une dimension spectacle. Selon Madiambal Diagne, président de l’Union de la presse francophone (Upf), l’avancée de la technologie et l’apologie des «fake news» provoquent une désacralisation des faits, avec le «primat du journalisme-spectacle». «On n’informe plus, on cherche à émouvoir. Ce journalisme de l’émotion s’invite sur nos plateaux de télé, nos stations de radio, entre les lignes de nos journaux et magazines et sur nos smartphones», a dénoncé M. Diagne hier, lors de l’ouverture à Yaoundé, des 48 èmes Assises de l’Upf.

Il trouve que les journalistes ont «tronqué (leurs) microphones contre des miroirs déformants, à force d’être les premiers à sublimer nos états d’âme, à voguer sans vergogne entre terreur et effroi, à servir de porte-voix à des idéologues les plus perturbés». Le pire, se désole Madiambal Diagne, «est que nous journalistes, sommes devenus des suiveurs, des télécopieurs, des relayeurs d’un faisceau d’informations manipulés par le citoyen lambda». Avant d’ajouter : «C’est à celui qui fera le plus «d’effet», à celui qui obtiendra le plus de «like» (C’est devenu français maintenant), à celui qui trouvera la petite phrase assassine, à celui qui remuera le mieux la gadoue !»

A ce titre, le président de l’Upf estime que le journalisme est à la croisée des chemins. «Depuis l’ère du papyrus jusqu’à celle des terminaux digitaux et du tout numérique, le journalisme a connu de nombreuses évolutions techniques et technologiques. Mais jamais ses fondements n’ont été autant ébranlés. Au point que certaines critiques virulentes sont même allées jusqu’à nier à la presse, une quelconque utilité dans l’œuvre de construction de nos sociétés contemporaines», souligne M. Diagne, par ailleurs administrateur du Groupe avenir communication (Gac). La capitale du Cameroun abrite pour 3 jours, ces assises de l’Upf axées sous le thème : «Journalisme d’émotion, journalisme d’information» Plus de 400 professionnels des médias issus de 60 pays y sont attendus.

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