DIALOGUE NATIONAL : DÉBUT DES TRAVAUX SUR FOND DE POLÉMIQUE




La réunion du comité de Pilotage du Dialogue national se tient, ce mardi, 14 janvier 2019, à la salle de conférence du 10e étage du Building administratif ’’Président Mamadou Dia’’. Mais, les travaux ont démarré sur fond de polémique avec les complaintes de l’opposition sur la table de Famara Ibrahima Sagna. « C’est ce matin que nous avons appris par la lecture de cette liste qu’il y a 40 personnes qui ont été rajoutées au comité par le premier décret du président de la République. Ça fait 50% du nombre initial. Cela nous pose problème parce que jusqu’ici, depuis le début, on a fonctionné par consensus sur toutes les questions. Nous n’avons aucun problème par rapport aux personnalités choisies. Bien au contraire, ce n’est pas cela le problème », a soulevé Moctar Sourang au nom de l’opposition.

Il dénonce, par cette occasion, la démarche unilatérale non consensuelle qui a été entreprise. « Quand il a fallu choisir le président du comité de pilotage, cela a été un consensus très fort. Quand il a fallu choisir le président de la commission du dialogue politique cela a été la même chose. Aujourd’hui, aucun sénégalais ne conteste ces choix judicieux, partagés par tout le monde. Je pense que pour tout le reste c’est ce qui devrait être la démarche. Une démarche consensuelle, participative. Donc, ça c’est une préoccupation extrêmement importante pour l’opposition », a ajouté M. Sourang. Qui par ailleurs, a demandé au président du comité de pilotage du dialogue national, Famara Ibrahima Sagna de rassurer les Sénégalais sur les montants astronomiques qui ont été avancés pour l’organisation du dialogue.

« On a parlé de montants astronomiques qui ne reposent sur rien. Je pense que les personnalités, ici, présentes sont là pour le développement du Sénégal pour le renforcement de notre démocratie. Par conséquent, on n’est pas là pour autre chose », a fait remarquer Moctar Sourang. Les mêmes inquiétudes ont été soulevées par Oumar Sarr.

Famara Ibrahima Sagna : « Je ne suis pas quelqu’un à qui on dicte une conduite »

Prenant la parole, le président du comité de pilotage a tempéré les ardeurs en privilégiant le dialogue. Il leur a demandé de discuter « amicalement » pour se mettre d’accord.

Pour lui, les inquiétudes soulevées par l’opposition représentent uniquement un avant-projet. Et à son avis, il faut bien une base de discussion pour que tout cela soit amendé et corrigé. « Pour ce qui est de la désignation des personnalités qualifiées, je ne vois pas en quoi cela peut poser problème. Mais, si cela vous pose problème, je me ferai volontiers votre interprète auprès du président de la République. Il s’agit d’un débat démocratique. Je ne souhaite pas, pour quelque problème que ce soit, qu’on soit amené à avoir deux camps. Je pense qu’on peut mouler les choses et faire en sorte qu’on réduise les différences et qu’on arrive à être d’accord sur quelque chose », a rassuré Sagna.

S’agissant des dépenses relatives au dialogue, il martèle : « Je ne suis pas quelqu’un à qui on dicte une conduite ». A l’en croire, il est président de ce comité et il travaille bénévolement. « Je n’ai besoin ni de salaire ni d’indemnité. Je l’ai dit officiellement au président de la République, il l’a noté. Deuxièmement, depuis qu’on m’a doté d’un budget je n’ai rien reçu. Mieux, j’ai dit au président que nous fassions des économies. C’est la raison pour laquelle on est dans cette salle. On m’avait proposé de louer des salles d’hôtel pour ce comité et les commissions. Mais, j’ai préféré qu’on vienne, ici, au building pour la tenue de la réunion. Donc, ceux qui disaient que l’opération coutait 10 millions par jour ont tout faux. Même notre budget n’est pas encore disponible », précise-t-il pour lever toute équivoque.