Réaménagement gouvernemental – Le procès du Fast-Track

Point n’est besoin de déjouer les pronostics des Augures pour affirmer que le gouvernement, formé au lendemain de la réélection de Macky Sall, va être changé, moins d’un an après. Le Fast-Track qui avait été annoncé en grande pompe médiatique peine à « accélérer la cadence ».

Au contraire, on assiste à un réchauffement du front social, sur fond de tensions politiques croissantes entre le pouvoir et l’opposition. 

Le réajustement tarifaire sur le prix de l’électricité a ouvert la boite de Pandore, avec les risques de jonction entre forces sociales, politiques et économiques à travers la plate-forme Nio lank, qui vient donner une seconde vie à sa devancière Aar li niu bok. Cette dernière est née au lendemain de l’éclatement d’une nouvelle polémique sur la tentaculaire nébuleuse Petro-tim après les révélations de Bbc.

De plus, Macky Sall semble subir les contrecoups néfastes de la suppression de la Primature. On se rappelle qu’en 2016, c’était le Premier ministre Boune Abdallah Dionne qui avait volé au secours du président de la République en ripostant aux attaques de l’opposition concernant Petro-tim. Mais, en juin 2019 et bien des mois après, on a senti un désert

dans la communication gouvernementale, avec des ministres qui évitaient la patate chaude. Quand ces membres de l’attelage en parlaient, la communication virait à la cacophonie, comme on a pu le constater avec la sortie du ministre de la Justice Malick Sall et les signaux contraires qui émanaient de El hadj Kassé, soutenant une thèse opposée à la ligne officielle. C’est pourquoi personne ne doit être surpris si un N°2 doté d’énormes pouvoirs est nommé à la Présidence de la République pour assister Macky Sall.  

Ainsi, un réaménagement pourrait être perçu comme une manière, de la part du président Sall, de montrer qu’il est sensible aux revendications des populations. Histoire de combler le vide occupé par l’opposition.

De plus, la polémique autour de la limitation des mandats charrie un vent de paranoïa au sommet de l’Etat, avec la guerre secrète à laquelle se livrent de supposés dauphins. Un puissant ministre est particulièrement dans le viseur des faucons du palais qui le soupçonnent d’être le métronome qui, dans la plus grande discrétion, a activé Sorry Kaba et Moustapha Cissé Lô. Cette atmosphère délétère n’a pas épargné certaines directions nationales.

En outre, ce gouvernement porte encore les séquelles congénitales de certaines réformes. La scission de l’ex-super-ministère de l’Economie et des Finances a fait qu’il y a un conflit de compétence profond et manifeste entre Abdoulaye Daouda Diallo et Amadou Hott. D’ailleurs, Lat Diop, qui était à cheval entre les deux ministères, a fait les frais de ce démembrement.

Pour finir, notons que certains membres fondateurs de l’Alliance pour la république pourraient revenir au gouvernement. La manœuvre viserait à affaiblir le prisme d’attaque de Moustapha Diakhaté et Cie, prompts à crier à la trahison

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