“Les pays africains devraient renforcer très sérieusement le niveau de vigilance à Ebola”

Le nombre de décès dus à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, a dépassé les deux mille et des cas ont été recensés dans certains pays prochesDr Jean Vivien Mombouli, directeur général du Laboratoire de santé publique de la République du Congo, était déployé en 2015 en Guinée comme expert pour aider à stopper l’épidémie d’Ebola. Il voit certaines similitudes entre la grande épidémie de 2015 et l’épisode actuel.

Le gouvernement congolais a également confirmé qu’il y a eu plus de trois mille cas depuis le début de l’épidémie il y a un an.

La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé s’est déclarée préoccupée par l’extension géographique de l’épidémie.

“Les pays limitrophes de la RDC sont certainement à portée d’atteinte par cette épidémie en moins de 24 heures par un vol régulier. Il est très important qu’ils puissent mettre en place des systèmes de surveillance et se préparer à prendre en charge des cas”, alerte le Dr Mombouli.

En Ouganda, une fillette de 9 ans est décédée peu de temps après qu’il lui ait été confirmé qu’elle était atteinte d’Ebola. En juin, il y a eu deux décès par Ebola en Ouganda. L’Ouganda a maintenu des centres de dépistage le long de sa frontière avec la RDC afin d’éviter qu’un foyer ne franchisse la frontière.

Bien que le Rwanda n’ait pas encore eu de cas confirmés, il a créé un centre de traitement Ebola et prépare 23 centres d’isolement en cas d’infection.

Selon le Dr Mombouli, les pays sur le front Est de la RDC, les plus directement exposés, – l’Ouganda le Rwanda et le Burundi – semblent avoir pris des mesures efficaces. Par contre, il juge que les fronts Ouest et Nord mais aussi les autres pays africains devraient “renforcer très sérieusement” le niveau de vigilance.

Selon le chercheur, il existe des points communs entre la grande épidémie de 2015 et l’épidémie actuelle.

“Le lieux où nous avons les principaux foyers est un lieu d’interaction entre des populations provenant de différents pays. Vous avez des populations qui sont de la même ethnie en RDC, au Rwanda et en Ouganda. Sur ce plan, il y a grande similarité avec ce qui s’est passée en Afrique de l’ouest où il y avait une convergence des populations entre la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone”, souligne-t-il.

La RDC a mis en place des campagnes de vaccination pour lutter contre Ebola.

“L’autre similitude est la densité démographique, la région des grands lacs est assez densément peuplée”, relève le Dr Mombouli.

Pour lui, l’élément de différence se situe dans le problème de l’insécurité militaire et de l’instabilité politique. La zone touchée par Ebola est également une zone “où se mêle du commerce international de certains minerais rares comme le coltan, l’or et le diamant”, explique-t’il. Avec cette activité et les moyens de communication actuels, une personne peut quitter la zone pour Dubaï, Kampala ou Kigali dans la journée, selon le chercheur.

Les 5 étapes clés pour lutter contre Ebola

Le chercheur estime que la pauvreté est un des facteurs qui explique la récurrence de la maladie dans l’Est de la RDC car la viande de chasse, peu chère, est souvent l’unique source de protéines animales dans certaines zones. Certains chasseurs commettant l’imprudence de consommer des animaux frais trouvés morts ou malades dans la forêt, explique le chercheur.

Pour le Dr Mombouli, le récent traitement est un grand signe d’espoir car il démontrent que c’est possible de guérir d’Ebola, ce qui est “révolutionnaire” selon lui, mais il s’agit d’un médicament qui ne peut être utilisé qu’en milieu hospitalier et très couteux à fabriquer. Il faut encore selon le chercheur, trouver des molécules chimiques simples capables de produire les mêmes effets pour que le traitement soit accessible au plus grand nombre.

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