ALERTE CONTRE LE TRAFIC DE BOIS AU SUD : L’URGENCE D’UNE COOPÉRATION SÉNÉGAMBIENNE

Moins d’un mois après la sortie de l’Union nationale des coopératives et exploitants forestiers du Sénégal (UNCEFS), la Convention internationale pour la lutte contre le trafic d’espèces menacées d’extinction, a exhorté la Gambie à lutter contre le trafic de bois au sud du Sénégal. En 2018, le Sénégal et la Gambie avaient signé un mémorandum commun de lutte contre le trafic de bois. En janvier dernier, une enquête a révélé que le commerce illégal de bois en Casamance sous l’ancien président Yahya Jammeh a généré plus de 325 millions de dollars Us (environ 192 milliards F CFA) entre 2010 et 2016.

BANJUL – La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’appuie sur l’enquête menée en début d’année qui révèle que l’ancien président Yahya Jammeh avait profité de l’instabilité au Sud du Sénégal pour faire main basse sur le trafic de bois.

Dans son rapport, Transparency international appelle les gouvernements gambien et sénégalais à solliciter l’assistance technique du secrétariat de l’Agence qui s’occupe de la faune et de la flore, afin de protéger les ressources naturelles de leurs pays. Cela dans un contexte où il y a à peine un mois, l’Union nationale des coopératives et exploitants forestiers du Sénégal (UNCEFS), attirait l’attention que les trafiquants continuent de sévir, en complicité des autorités gambiennes.

Nous avons sollicité la présidence gambienne et plusieurs agences de l’État en vain. Dans l’administration gambienne, c’est silence radio sur ce sujet sensible. C’est qui est indéniable par contre, c’est qu’aujourd’hui, les dépôts de bois ont pignon sur rue dans la capitale gambienne et ses environs. Et, de l’aveu de Green up Gambia, une ONG de défense de l’environnement, ce sont plusieurs institutions gambiennes qui y trouvent leur compte : de l’Agence des eaux et forêts, à la direction des impôts en passant par le Port de Banjul où sont chargés les conteneurs de bois.

Selon une source contactée par iRadio, plusieurs hommes d’affaires chinois et indiens qui exercent parallèlement dans le commerce de l’acajou en Gambie sont impliqués dans ce trafic en provenance de Casamance.