Ça Sent Le Soufre À Podor : Agriculteurs Et Éleveurs Se Regardent En Chiens De Faïence

A Ndioum, la tension est vive entre agriculteurs et éleveurs. De nombreuses batailles, évitées de justesse, se terminent à la gendarmerie. Les protagonistes réclament des mesures d’urgence.

(Correspondance) – Dans la vallée du fleuve Sénégal, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents. Ces conflits qui se soldent très souvent par des accrochages et autres batailles rangées sont sources de morts d’hommes notées dans la zone. Et ces malentendus sont, le plus souvent, notés pendant la période des récoltes et les mouvements du bétail vers les grandes aires de pâturages. En effet, dans la commune de Ndioum, la tension est très vive, depuis quelques jours, entre ces deux communautés. Il ne se passe pas une semaine sans que les éleveurs, accompagnés de leurs troupeaux, n’envahissent les champs des producteurs de riz de la commune pour dévaster des parcelles en pleine période de récolte. Ce qui n’est guère du goût des riziculteurs qui leur opposent une farouche résistance. Munis d’armes blanches avec lesquelles ils nourrissent leurs troupeaux, les éleveurs constituent ainsi un danger pour les propriétaires de champs, s’indigne Maghoum Ndiaye, président de l’Union des Gie de Ndioum. «La dernière fois, ce sont des éleveurs armés jusqu’aux dents qui ont fait le forcing en entrant dans nos champs pour faire manger leur cheptel. Et lorsque nous les avons aperçus, nous y avons opposé une farouche résistance. N’eut été l’intervention d’individus qui étaient sur place, il y aurait eu un affrontement qui aurait pu engendrer des pertes en vies humaines», relate Malick Ndiaye, responsable de l’union des producteurs de la cuvette rizicole. «Le malheur est que nous sommes toujours à la gendarmerie pour des procès», renchérit Aliou Dia, président de l’union Phase 1 de la cuvette de Ndioum. Ils disent ne pouvoir continuer à veiller nuit et jour pour protéger leurs champs contre des oiseaux granivores et que, au même moment, des éleveurs veulent leur imposer leur loi.

Pour apaiser cette tension qui risque d’être source de malheurs aux conséquences incalculables entre populations autochtones de la zone, ces producteurs soulèvent la lancinante question de la clarification du statut d’espaces pastoraux pour amenuiser ces nombreux conflits de voisinage notés dans la zone. Une autre doléance adressée aux autorités, par les éleveurs, c’est la sécurisation des aires abritant des infrastructures d’élevage et la promotion des activités pastorales telles que les parcs de vaccination, les marchés à bétail, les points d’eau et autres stations d’élevage, loin des parcelles appartenant aux agriculteurs. Pour les présidents des maisons des éleveurs, il urge, pour les autorités, de faire le balisage des pistes à bétail. Des pistes qui doivent être classées comme patrimoine des collectivités ou de l’Etat, selon leur degré d’usage et ne devront faire l’objet d’aucun changement de destination. En plus de la sécurisation et des aménagements pastoraux, la prévention des conflits nécessiterait, selon ces éleveurs, la mise en place de zones d’aménagement spécial. Ainsi, il faudrait surtout entreprendre, entre acteurs concernés, les actions d’aménagement et de valorisation surtout des zones pastorales.

Autres solutions préconisées, l’accompagnement des communautés dans l’élaboration et la formalisation de chartes d’accès aux ressources naturelles. Ceci, dans le respect de l’équité et des spécificités écologiques et culturelles locales.

Walfadjri

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