Chagrin du tourisme en Casamance : Acteurs et professionnels du secteur larguent des bombes sur l’Etat

La précédente saison touristique (2018-2019) n’a pas fourni l’espoir escompté par les acteurs et les professionnels du secteur en Casamance. En effet, hôteliers, artisans, transporteurs, guides touristiques et gérants de campements ont tous  déploré hier  la léthargie du tourisme en Casamance et plus particulièrement dans la station balnéaire de Cap-Skirring. Ils pointent un doigt accusateur sur l’Etat qui, selon eux, «est à l’origine de toutes leurs souffrances. Un Etat qui n’a pas une bonne vision de politique touristique pour la promotion de la région».

Malgré les assurances et les promesses fournies et les mesures prises par les autorités   pour relancer le tourisme en Casamance, le secteur bat de l’aile dans la région sud et plus particulièrement dans le site balnéaire de Cap-Skirring. Le taux de fréquentation de la zone par des étrangers notamment des Français, baisse d’année en année, au grand dam des bailleurs qui y ont investi toute leur fortune.

Face à cette situation, acteurs et professionnels du secteur, indignés et désemparés, sont plongés dans l’indignation, dans la désolation et dans une inquiétude grandissante. «La situation est grave à Cap-Skirring. Malgré les assurances et les mesures prises par l’Etat pour relancer le tourisme, les touristes se font de plus en plus rare dans notre région», explique, le cœur meurtri, le président de l’association des guides professionnels de la région de Ziguinchor Lamine Diop Sané. A l’en croire toujours, «depuis plus d’une décennie, le tourisme recule dans la station balnéaire de Cap Skirring parce que le ciel casamançais n’est pas libéré pour les gros porteurs qui peuvent, par des vols directs, acheminer des touristes au Cap-Skirring sans passer par Dakar»,  a remarqué M. Sané. Sculpteur de profession, Malick Ndiaye est établi à Cap-Skirring depuis plus d’une trentaine d’années.

L’artisan a déploré la fermeture de plusieurs réceptifs touristiques dans ladite zone touristique. «Le Chef de l’Etat Macky Sall nous avait promis l’ouverture de tous les hôtels fermés en 2012. Mais, hélas force est de reconnaître qu’il y a aujourd’hui plus d’hôtels fermés que d’hôtels ouverts. C’est un scandale. Avant l’arrivée au pouvoir du Président Macky Sall, nous étions à trois (3) hôtels fermés. Aujourd’hui, nous sommes à six (6) réceptifs touristiques qui ont mis leurs clés sous le paillasson», a déploré l’artisan âgé de plus 60 ans. Si l’espoir de ces professionnels du tourisme avait surtout porté sur la promesse du Président de la République pour l’amnistie fiscale dans le secteur touristique en Casamance, «celle-ci n’est que chimère et désillusion.

Cette amnistie fiscale n’a pas, en vérité, réussi à booster le tourisme en Casamance», explique sous le couvert de l’anonymat un gérant de campement. Dans la station touristique de Cap-Skirring, les acteurs ne parlent, ne discutent et n’échangent que sur l’incompétence des autorités à faire redécoller ce secteur vital (le tourisme) qui jadis, constituait le poumon économique de leur contré. Ainsi à quelques jours seulement de l’ouverture de la saison touristique pour l’année 2019-2019, «nous n’avons aucun espoir pour cette présente saison touristique.

L’année dernière nous avons eu droit à une saison touristique nulle avec des nuitées vides et un bilan réduit à zéro. A Cap-Skirring, il n y a que le seul hôtel de Club Méditerranée qui profite de la saison touristique. Les populations, les transporteurs, les guides touristiques, les marchands ambulants, les artisans et les commerçants ne bénéficient plus des retombées du tourisme en Casamance. Je dois vous avouer que nous sommes en train d’assister petit à petit à la mort de ce secteur dans notre région. Un secteur qui était un grand pourvoyeur d’emplois à Cap-Skirring», a conclu le gérant de campement touristique établi sur le long de la plage de Cap-Skirring.