Grève : Les mareyeurs bloquent tout le secteur…

L’Union nationale des mareyeurs du Sénégal (Unams) a été très choquée par la réaction du ministre de la Pêche, Aliou Ndoye, qui minimisait leurs menaces de paralyser le secteur par une grève générale. L’Unams avait même juré devant Dieu et les siens qu’elle allait montrer au ministre de la Pêche et de l’économie maritime que c’est lui qui contrôle le secteur du poisson et non les autres (Ndlr, Association nationale des mareyeurs du Sénégal). Hier, les mareyeurs ont montré leur force de frappe. Le premier jour de grève de l’Unams a été largement suivi partout au Sénégal, et dans la banlieue notamment.

À Yarakh, Thiaroye sur mer, Rufisque et au Marché central aux poissons de Pikine, pêcheurs, vendeurs et mareyeurs ont baissé les rideaux. Le poisson était introuvable. À Thiaroye sur mer, les pêcheurs n’ont pas été en mer avant-hier. Conséquence, il n’y a pas eu de poissons hier. Idem à Yarakh. Le décor était désolant. Toutes les pirogues ont été accostées sur la rive. Les acteurs ont respecté la grève décrétée par l’Unams, pour dénoncer le pesage à l’essieu imposé aux camions frigorifiques et la baisse du prix de la carte de mareyeur. Les vendeuses de poissons qui étaient venues s’approvisionner ont rebroussé chemin.

Le comble, c’était au marché aux poissons de Pikine, qui constitue un enjeu de taille, car recevant chaque jour des milliers de personnes. Mais hier, les lieux jadis bouillants toute la journée ont affiché un calme plat. La police a déployé un important dispositif pour éviter toute désagréable surprise, car l’Association nationale des mareyeurs du Sénégal (Anams) avait promis de contrecarrer l’Unams. Les rares vendeurs qui ont tenté de boycotter la grève ont vite fait de plier bagages, car ne voyant pas de clients. «Nous dénonçons avec la dernière énergie la taxation à l’essieu. Parfois, nous recevons des amendes jusqu’à 500.000 Cfa. Nous fustigeons aussi les tracasseries routières dont nous sommes victimes, le manque de parking pour nos camions», martèle Mamadou Sow, président de l’Unams, section marché central aux poissons.

Les mareyeurs interpellent le chef de l’État. «Il faut que le Président Macky Sall sache que les mareyeurs souffrent énormément. Pourtant, nous constituons un maillon important de l’économie», ajoute-il. Mais le président de l’Association nationale des mareyeurs du Sénégal tente de relativiser la réussite de la grève de l’Unams. Selon Thierno Mbengue, il n’y a que le marché de Kaolack qui a été fermé. «Beaucoup de marchés ont ouvert aujourd’hui (Ndlr, hier). Nous remercions les mareyeurs pour leur détermination et leur engagement à fournir du poisson aux populations. Partout les mareyeurs ont travaillé. Donc je pense que la grève n’a pas été suivie», explique le membre du Conseil économique social et environnemental (Cese). À l’en croire, cette grève n’avait pas sa raison d’être, car les négociations avec les autorités étatiques étaient en cours. «Des solutions étaient envisagées…».

… Et lève le mot d’ordre de grève

Le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, sentant les carottes cuites pour lui, a vite convoqué les mareyeurs grévistes, pour ouvrir des négociations. Les discussions ont porté leurs fruits. Alioune Ndoye et les mareyeurs ont trouvé des points d’accords. L’Unams obtient une rallonge de 20% plus 5 tonnes. Aussi, même en cas de surcharge, le poisson ne sera plus délesté et les camions frigorifiques ne feront plus le rang une fois devant le pont bascule.

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