La Plateforme d’Alerte sur le Péril Environnemental au Sénégal

Les forêts en Casamance connaissent depuis quelques années un pillage en règle  qui détruit les ressorts de l’environnement, hypothèque la vie de milliers d’espèces animales, et menace les communautés humaines.

La situation jadis circonscrite dans des surfaces limitées a pris une ampleur inégalée aujourd’hui avec un trafic organisé, généralisé et qui s’étend, sans aucune limite géographique, à toutes les aires forestières de la Casamance.

Les forêts classées, comme communautaires sont touchées et l’étendue de la pratique laisse présager une disparition, dans un avenir très proche, des forêts qui font le charme des localités Sud du Pays, car on estime à plus d’1 million, le nombre d’arbres disparus depuis 10 ans en Casamance.

Les conséquences de cette situation sont, entre autres, l’infertilité des sols, la chute du taux important de précipitation connu chaque année dans la région, une vulnérabilité plus importante de la zone aux changements climatiques, une désertification à plus long terme, une baisse des potentialités touristiques qui offrent plus de revenus à des villes casamançaises comme Ziguinchor, et la perte d’attrait cette partie du Sénégal qui est considérée comme la plus reboisée et dynamique du Sénégal.

Pour davantage faire connaître  l’ampleur du phénomène et alerter sur ses  conséquences qui commencent à être ressenties par les populations, African Journalists Forum (AJF), (Forum Africain des Journalistes), a organisé une visite de presse du 22 au 24 Octobre 2019, dans l’optique d’alerter afin qu’il soit mis en terme, à travers des mesures draconiennes, à cette pratique aux conséquences dramatiques pour la région.

A en croire le Président d’AJF, «l’activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de son projet dénommé Plateforme d’Alerte sur le Péril Environnemental au Sénégal (PAPES), exécuté à la suite de la Plateforme Citoyenne d’appui au Journalisme d’investigation (PAJI)», explique le Dr René Massiga Diouf. C’est dans ce sens que la PAPES a saisi l’occasion pour organiser une visite de presse dans la région sud et plus exactement dans l’arrondissement de Sindian, dans le département de Bignona. Les journalistes ont été ainsi sensibilisés sur la déforestation, l’exploitation abusive de la forêt par des coupeurs de bois sous le couvert de pays étranger.

La situation est grave à Sindian. La forêt est ravagée par les trafiquants de bois. Des forêts dans cette zone commencent même à disparaître. «Ce phénomène est en train de prendre des proportions inquiétantes de nos jours avec des conséquences désastreuses dans notre arrondissement», se désole le maire de Sindian, Yankhoba Sagna. En Casamance, le fléau a atteint des niveaux insoupçonnés avec la coupe de bois très récurrente dans les zones frontalières de la Gambie. «Le trafic de bois qui génère des revenus inestimables encourage la pratique à laquelle des exploitants, petits comme grands, s’adonnent parfois dans la clandestinité.

Les statistiques font état de plus d’un million d’arbres coupés dans la zone entre 2010 et aujourd’hui. Ce qui est énorme et, la situation s’empire de jours en jours», a révélé le Dr René Massiga Diouf. Lui empruntant sa trompette, «nos forêts de teck sont en train d’être coupés à grande allure par des trafiquants et des coupeurs de bois avant même d’être revendus en Gambie. C’est un drame», a regretté l’édile de Sindian.

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