«La situation des enfants talibés est catastrophique au Sénégal»

En dépit des efforts du gouvernement et des acteurs de protection des droits des enfants la situation des enfants talibés au Sénégal n’est pas des meilleures. Le coordonnateur de l’Ong «Sopi Jikko», basée à Diamaguène Sicap Mbao, ne met pas de gants pour peindre un tableau sombre de la situation des enfants talibés. Selon Birane Anta Sèye, les enfants talibés sont victimes d’une exploitation économique qui ne dit pas son nom, et de toute autre forme de violence.

«Diamaguène Sicap Mbao est une commune vaste. Ici, nous rencontrons toutes les formes de violences, notamment les violences physiques, les violences sexuelles, l’exploitation économique des enfants talibés, la négligence caractérisée par les nombreux enfants non enregistrés à l’état civil», regrette M. Sèye. «Mais la mendicité est la forme de violence la plus usitée».

Toutefois, il s’empresse d’ajouter : «Des efforts sont en train d’être faits, car nous avons mis en place un dispositif communautaire qui rentre dans le cadre de la Stratégie nationale pour la protection de l’enfant. Beaucoup d’activités sont aussi organisées pour former les acteurs de première ligne et sensibiliser les populations. Cependant, la plupart du temps nous enregistrons des enfants talibés venus d’autres localités», explique-t-il.

Il s’exprimait en marge d’un atelier de renforcement de capacités axé sur la protection de l’enfant à l’endroit des acteurs de première ligne. C’est dans le cadre d’un partenariat entre l’Ong Secours islamique France (Sif) et la commune de Diamaguène Sicap Mbao. «Au Sénégal, il y a deux types d’enfants : les enfants protégés et les enfants laissés à eux-mêmes, c’est à dire les enfants talibés, les enfants orphelins etc. Et Secours islamique France veut apporter de l’aide aux enfants laissés à eux-mêmes. Nous voulons une inclusion des enfants talibés, faire en sorte que les populations se mobilisent autour des Daraas pour qu’il soit une appartenance du quartier et non un espace isolé du quartier», explique Mansour Sow, coordonnateur technique à Sif et chargé de la question des enfants et des jeunes.

La session de formation a réuni des marraines de quartier (bajènu gox), des délégués de quartiers, des membres de la société civile et des journalistes. «À Dakar, nous encadrons 721 enfants orphelins. Et nous allons enrôler 250 autres enfants.»

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