Les gargotes, un moyen d’assouvir sa faim à moindre coût

Nichées pour la plupart aux alentours des garages, des rues industrielles et même dans les quartiers populeux, elles sont accessibles pour tous, grâce à leur proximité, mais aussi et surtout pour leur prix abordable. Avec 500 francs, on peut manger à sa faim un bol de riz au poisson ou d’autres mets bien appréciés par les clients. Comme à Liberté 6, plus précisément au rond-point, où on compte plus d’une dizaine de gargotes.

A midi, garagistes, vendeurs et entres autres passants envahissent les gargotes pour se sustenter. A l’intérieur de ces tentes bricolées avec des tôles froissées, des bâches de tissus attachés sur des barres de fers ou de bois, le décor est sommaire. Trois bancs traverse entourent une grande table posée au milieu et jonchée de tasses, d’assiettes et de cuillères.

À l’extérieur, on peut voir une quantité de bols empilés, de bassines pour la vaisselle et des ustensiles de cuisine noircis par le charbon. Le tout baignant dans un décor incommodant où il est impossible d’identifier la couleur des draps qui servent de rideau. Ici, la plupart de ces tenancières font la cuisine chez elles. Mais tel n’est pas le cas pour Mbayang SYLLA, gérante d’une gargote.

Les gargotes, un moyen d’assouvir sa faim à moindre coût

Cette dernière, habillée en grand boubou wax, trouvée entrain de remuer la marmite, se confesse : « je propose trois à quatre menus au choix avec des prix variant de 500 à 700 francs. Mais les plats les plus vendus sont le Soupe kandja et le Mafé . Chaque jour, je débourse 50 000 francs sans compter le riz et l’huile pour préparer le déjeuner et vraiment j’en tire bien profit ».

Et la gargotière de poursuivre : « j’ai également des clients fidèles qui apprécient très bien les menus proposés ». De surcroît, pour mener à bien son travail, cette femme qui n’a fait que trois ans de métier a embauché deux servantes pour s’occuper de la vaisselle et du nettoyage. Malgré cette difficulté de cuisiner chaque jour différents menus, ce business est rentable selon cette femme. A quelques mètres d’elle, Mariama BA, étudiante en deuxième année est vendeuse à ses heures perdues. Suivant ces propos, elle fait ce travail juste pour épauler sa mère qui dispose d’une autre gargote non loin de celle-ci.

Trouvée sur les lieux, souriante avec les écouteurs à l’oreille et une sacoche en tissu accrochée au cou elle explique : « je travaille de 13 heures jusqu’à 17 heures, et parfois 18 heures avec l’aide mes sœurs. Ce qui fait notre particularité également est que nous proposons des barquettes de repas à emporter au prix de 600 frs l’unité. Mais aussi des plats diversifiés et assez originaux à l’exemple du Mborokhé (plat guinéen) qui est par ailleurs le plus prisé, de même que le yassa poulet mais celui-ci est vendu à 700 francs et le Thiébou dieune à 500 francs ».

A Dakar, il est plus facile pour un travailleur de se restaurer à proximité de son office grâce aux gargotes qui ont fini de foisonner dans certaines artères de la capitale. C’est le cas de Baye DIOP, vendeur de chaussures de son état et client de la gargotière Mariama BA.

« Je suis séduit par la qualité des repas de la dame. Je ne peux pas me passer de ces repas parce que non seulement elle cuisine bien et proprement ce qui d’ailleurs n’est pas le cas chez beaucoup d’entre elles. En plus, les plats sont à bon prix et on y déguste de très bons mets et des spécialités sénégalaises comme guinéennes » renseigne-t-il.
Au final, ces mini restaurants deviennent l’endroit idéal pour se restaurer rapidement pour les petites bourses.

Séduits, les clients estiment qu’ils n’ont rien à envier aux autres restaurants réputés où les prix sont élevés par rapport à ces gargotes.