Les maîtres coraniques disent “trop c’est trop” !

Après le scandale du supposé maître coranique qui a défrayé la chronique à Ouakam, les maîtres coraniques regroupés au sein de la Fédération des maîtres coraniques ont tenu un point de presse, hier, pour remettre les pendules à l’heure. Dès l’entame de son propos, l’Imam Serigne Mansour Samb président du bureau départemental de Dakar affilié à la Fédération nationale des associations d’écoles coraniques du Sénégal, a tenu à préciser que «l’homme qui a été alpagué en train de s’adonner à des actes de pédophilie et autres sales besognes sur les enfants n’était pas un maître coranique, mais plutôt un charlatan».

Dans le même registre, l’Imam de souligner : «depuis quelque semaines, voire quelque mois, les daaras subissent beaucoup d’attaques venant d’horizons divers, parce que nous avons constaté des arrestations arbitraires à l’endroit de certains maîtres coraniques qui sont arrêtés, soit par la sûreté urbaine, soit par d’autres services pour accusations de pédophilie, viol ou quelque chose de ce genre», regrette-il. Avant de poursuivre : «Alors la Fédération nationale des maîtres coraniques qui gère la quasi-totalité des daaras au Sénégal, en tant que responsable moral, ne peut pas se taire sur ces accusations». Parce que selon lui, «trop, c’est trop !».

Dans le même sillage le président d’ajouter : «Mais avant de faire quoi que ce soit, nous avons des démembrements et des commissions techniques qui sont chargés d’étudier et d’examiner tout ce qui se passe au niveau de la fédération. Ces commissions sont représentées au niveau de chaque commune, de chaque département et de chaque région. C’est la raison pour laquelle si nous constatons une accusation à l’endroit d’un maître coranique, nous faisons avant tout des investigations pour avoir des éléments de preuve contre l’accusé..». Aussi, l’Imam a-t-il tenu à lever toute équivoque : «C’est pourquoi, concernant le dernier cas appelé l’affaire de Ouakam, nous considérons la personne incriminée et arrêtée pour viol, pédophilie, en tout cas pour ses pratiques sataniques sur des jeunes depuis 1999. C’est ce qui est écrit. Mais d’après nos investigations et nos enquêtes, ce type n’est pas un maître coranique digne de ce nom et c’est fondamental de le préciser», explique-t-il. Non sans rembobiner : «Il faut seulement aller là où s’est déroulée cette affaire et interroger les riverains, ou à la mairie, pour s’en rendre compte. Ce qui est fondé est que cet individu n’est pas un maître coranique. Donc, le fait d’attribuer cet acte à un maître coranique est une contre-valeur, que l’Islam bannit sous toutes ses formes».

Suffisant pour qu’il dégage en touche : «Donc, nous ne pouvons pas cautionner l’acte de ce charlatan, parce que d’après les derniers renseignements dont nous disposons, ce n’est pas un maître coranique, il n’a pas des disciples ni des talibés comme l’a déclaré le journaliste qui a signé le papier».

Selon l’Imam, les maîtres coraniques ne méritent pas l’anathème que l’on veut jeter sur eux. Ainsi, en appellent-ils à la responsabilité de tous, surtout des journalistes, pour éviter les fausses accusations que l’on porte à leur endroit. Parce qu’ils sont des citoyens à part entière et qui s’acquittent de cette noble mission qui est d’inculquer aux enfants le savoir, partant, de leur préparer un avenir meilleur. Aussi, demandera-t-il à l’État de prendre ses responsabilités en accélérant le processus de réglementation des daaras, qui doit être voté à l’Assemblée nationale…