Mines d’or cédées à des chinois : une rocambolesque affaire de corruption

L’affaire d’exploitation illégale d’or à Kédougou ayant conduit à plusieurs arrestations révèle l’existence d’une chaîne locale de corruption au plus haut niveau. Il aura fallu de gros moyens à la Légion Est de Tambacounda pour cerner ce système mafieux.

Un lieutenant des eaux et forêts en position des détachement, le maire de Ninéfichia, le colonel et conservateur du Parc de Niokoloba, son adjoint, le chef régional des Mines… Toutes ces autorités locales ont été discrètement placées en garde-à-vue le week-end dernier et mis à la disposition du Procureur, hier. Ce, en même temps que treize ressortissants chinois ainsi que des employés ghanéens et sénégalais.

Selon les informations de Libération, la gendarmerie avait été informée d’un réseau, protégé au plus haut sommet local, qui exploitait clandestinement plusieurs mines d’or. Ces gens agissaient en toute impunité parce qu’ils remettaient des enveloppes ou de …l’or à leur appui. À la suite de plusieurs semaines d’investigations, et d’importants moyens humains, la gendarmerie a mis fin aux agissements de cette mafia. L’enquête a révélé des faits inédits.

Par exemple, lorsque les autorités du ministère des Mines ont décidé de voir plus clair sur ces exploitations à la suite de plusieurs signalements, c’est le directeur régional des mines en personne qui a appelé les chinois pour les alerter et leur demander de se mettre en veilleuse pendant un moment. Les eaux et forêts ont fait la même chose lorsque le ministère de l’environnement avait décidé d’envoyer une mission d’inspection. le tout sous le « commandement » du maire de bandafassi qui dénichait les sites devant servir aux activités du réseau.