« MON PÈRE VOULAIT UN HOMMAGE DE SON VIVANT, MAIS… »




Moustapha Ndiaye Rose, le fils de Doudou Ndiaye Coumba Rose, apprécie l’adoption, en Conseil des ministres, hier jeudi, 2 janvier, du projet de décret portant dénomination du Grand Théâtre national, dénommé Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose.

« C’est une très bonne nouvelle, exulte-t-il, joint par Emedia.sn. Je pense que la famille va être contente. Parce qu’on attendait cette décision quand même. Une fois, j’ai même participé à une réunion au Grand Théâtre. On attendait que le décret soit signé. Le président Macky Sall l’a fait. Mon père avait reçu plusieurs médailles mais la décision prise aujourd’hui, c’est vraiment important. Parce que donner le nom du Grand théâtre à notre papa, ce n’est que du bonheur pour la famille Doudou Ndiaye Rose. »

Par ailleurs, à propos de la volonté de son défunt père qui, de son vivant avait clairement déclaré qu’il ne souhaitait pas un hommage posthume, Moustapha Ndiaye Rose acquiesce : « Je le dis et je pèse bien mes mots, il (son père) n’était pas content, et il voulait qu’on lui rende hommage de son vivant. Mais les hommages sont souvent rendus après la mort. En ce moment, j’avais dit que Doudou était un monument et en tant que tel, il fallait lui rendre hommage. Ce que Macky Sall a fait, c’est pour moi ce qu’il fallait faire. Parce que Doudou est parti, il n’est plus là. Maintenant, il faut lui rendre cet hommage pour que sa mémoire reste ».

« MON PÈRE VOULAIT UN HOMMAGE DE SON VIVANT, MAIS... »

Poursuivant, il ajoute : « Pour nous, c’est un cadeau de Noël que le chef de l’Etat a donné à la famille de Doudou Ndiaye Coumba Rose, que jamais nous n’oublierons. Moi Tapha, son fils, mon objectif était d’organiser chaque année une activité pour que le nom de notre père reste dans les mémoires. On ne voulait pas qu’on l’enterre avec son nom. Mais Macky Sall a fait que son nom ne sera jamais enterré. Tout ce qu’on peut dire, c’est vraiment de remercier le président. »

Est-ce suffisant pour le rôle joué par le défunt tambour-major dans le rayonnement de la culture sénégalaise ? Le fils est plus nuancé dans sa réponse. Car précise-t-il : « Si tu n’as pas ce que tu veux, tu te contentes de ce que tu as. Parce que je sais que le papa mérite plus que ça. Il a beaucoup fait. »

Une anecdote, parmi tant d’autres exemples, relate-t-il : « En 1989, lors de la commémoration du bicentenaire de la révolution française, le 14 juillet, la fête de l’Indépendance donc, on a défilé au champ. C’était du temps du président Diouf. Et il a vu le drapeau sénégalais flotté à cet événement, grâce à Doudou Ndiaye Coumba Rose. Il méritait plus mais on se contente déjà de ce que Macky Sall a fait. Parce que mon père est parti avec deux vœux : il voulait ouvrir une école, et organiser une journée de reboisement. En lui rendant hommage, j’ai déjà lancé les activités liées à son souhait concernant la reforestation. Mais Macky Sall a réalisé pratiquement l’autre vœu. Parce qu’en immortalisant son œuvre, ce qu’il a fait restera dans l’histoire du Sénégal, et les générations futures connaîtront Doudou Ndiaye Coumba Rose. »