OCCUPATION ANARCHIQUE DU FONCIER ET MANQUEMENT AU REGLEMENT DE COPROPRIETE : L’impunité d’un proche du pouvoir en question

La construction anarchique et l’occupation irrégulière de l’espace public a été un thème fort dans la déclaration du président de la République lors de sa prestation de serment. Pour preuve, il a été très applaudi et les commentaires durant les jours suivants attestent du consensus des sénégalais sur cette question. Les sénégalais dans leur grande majorité sont des témoins impuissants ou accommodants des situations de l’irrespect des règles élémentaires associées à l’occupation de l’espace et de son entretien. Cet écart de conduite est souvent le fait même de personnalités à des niveaux insoupçonnés de la hiérarchie sociale ou de personnes qui se font prévaloir de leur proximité avec des hautes autorités de la république pour se permettre de tels comportements.

Pour l’illustrer, nous avons décidé de partager avec vous un cas qui fait la une au niveau du village de la Mangrove dans la commune de Saly Portudal. Cette localité malgré l’érosion du littoral reste encore un attrait touristique pour les sénégalais et étrangers qui désirent visiter notre pays. Saly par ses infrastructures hôtelières et les résidences de copropriétés est un atout important pour la destination Sénégal et contribue encore de manière substantielle au développement du secteur touristique qui occupe une part appréciable dans la croissance économique du pays.

Cette caractéristique née de l’aménagement de Saly a fait qu’avec le temps des étrangers qui aiment le Sénégal ont décidé d’y résider pour des séjours longs par l’acquisition des résidences de copropriété qui procurent par ailleurs des revenues à la commune et participe au dynamisme de la station. Un effet d’entrainement sur la commune visible par le visiteur familier de Saly. La jeune commune jouit de cette particularité de cité cosmopolitique où il fait encore bon vivre. Des sénégalais de toutes catégories mais aussi des fortunées y ont élu domicile. Des sénégalais ont acquis des villas dans les résidences de copropriétés en conformité aux usages communément établis pour de telles prémices.

Cependant, depuis quelque temps, la résidence de la mangrove, fait les frais d’un nouveau copropriétaire sénégalais qui fait fi des règles établies en matière de norme de construction, d’occupation de l’espace et de respect des textes qui régissent le fonctionnement de la résidence que ne cesse de rappeler le syndic et le conseil syndical.

Le fortuné sénégalais en question s’autorise à (i) à faire des travaux non conformes aux normes édictées au niveau de la mangrove et sans autorisation (ii) à faire fi des sommations d’arrêt des travaux reçues des services compétents (iii) à menacer le syndic et (iv) à même de porter plainte contre la DSCOS ?…

Malgré le rappel des règles par le syndic et l’intervention de la DSCOS rien n’y fait. Pour toute réponse le contrevenant nous dit «allez où vous voulez, faites autant de réclamations au niveau des services que vous voulez». Le copropriétaire en question fait valoir ses relations à un très haut niveau de la République pour se permettre un tel comportement.

De tels propos n’honorent pas le Sénégal et les hautes autorités en question. Nous résidents sénégalais comme expatriés de la résidence des mangroves en sommes choqués. Expatriés qui ont choisi de vivre au Sénégal pour son accueil et l’hospitalité de sa population. Si un copropriétaire sénégalais se manifeste ainsi, ils sont en droit de se demander est ce qu’il vaut la peine de rester ici. Ce n’est pas à un tel comportement que nous nous attendions, aussi bien les étrangers que nous ses compatriotes. Tout le monde a toujours respecté les règles régissant la copropriété à la Mangrove.

Le Président de la République vient dans son allocution du 2 Avril 2019 d’annoncer sa décision de sévir pour tout acte d’occupation anarchique et entravant le bon fonctionnement du bien commun. Si ce non-respect des règles édictées à la copropriété de la résidence de la mangrove n’est pas pris très au sérieux par les autorités de ce pays, à quelque niveau que ce soit, la déclaration du Président de la République risque de recevoir un sérieux coup dans sa volonté de mettre de l’ordre dans ce pays ; mais aussi de rendre caduc la volonté des autorités d’attirer plus de visiteurs étrangers dans notre pays.

Le comportement ci-dessus décrit est souvent le facteur qui annihile l’action des autorités et les discrédite. Si ledit co-propriétaire a entendu l’appel du président de la République, et qu’il veut se prévaloir de la proximité avec autorités de haut niveau, il doit reconsidérer sa démarche et se conformer au règlement de la copropriété.

Les services de l’Etat dont l’urbanisme, la Direction de la construction, la DSCOS ainsi que la commune de Saly et la SAPCO se sont révélés impuissants à arrêter la boulimie du fortuné sénégalais dans sa volonté de faire fi des règles établies.

Les conséquences d’une telle attitude ne sont pas à sous-estimer. De telles attitudes, si elles persistent peuvent occasionner :

Cohabitation difficile entre résidents co-propriétaires
Altération de l’attrait de la station de Saly
Départs possibles d’expatriés
Image néfaste du pays, facteur essentiel de notre tourisme et de l’attrait d’investisseurs
Si ce qui précède n’est pas dans l’ordre de l’occupation irrégulière et anarchique d’un espace commun dont a fait état le chef de l’Etat lors de son discours du 2 Avril 2019 et de surcroit causé par quelqu’un qui se prévaut de sa proximité avec de hautes autorités, que pourrons nous attendre des actes de citoyenneté dont son excellence le président de la République nous exhorte à faire preuve.

Nous faisons appel à ceux qui nous liront et proches desdites autorités et même au Chef de l’Etat à faire quelque chose pour que jamais le patrimoine généré à Saly et qui fait la fierté de la commune ne se détériore. Il faut faire arrêter les agissements de ce co-propriétaire.

Alassane Diawara

Co-propriétaire au village des Mangrove

Lavoiplus

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