Sénégal : le phénomène de la contrefaçon fait fermer un fleuron de l’industrie

Au Sénégal, la Société Industrielle de Générateurs Electriques (SIGELEC), jadis un des fleurons de l’industrie, spécialisée dans la fabrique de piles salines de type R20 et de type R6 a mis la clé sous le paillasson depuis 2017. Une telle situation a jeté dans la rue près de 150 pères de famille, qui sont plongés dans une précarité indescriptible, étant restés 24 mois sans salaire. Et c’est la vente de piles contrefaites sur le marché qui est d’abord indexée.
Depuis septembre 2017, la Société Industrielle de Générateurs Electriques (SIGELEC) installée à Pout, dans le département de Thiès, n’existe plus que de nom. En effet, ce fleuron de l’industrie sénégalaise a mis la clé sous le paillasson, ce qui a jeté près de 150 pères de famille dans une indescriptible situation, car étant restés 24 mois sans salaire. Le premier facteur indexé est le phénomène de la contrefaçon, qui s’est emparé du marché. En 2010 déjà la douane et la gendarmerie avaient saisi 272 caisses de piles contrefaites, soit plus de 110 000 unités entre Dakar et Thiès. Et en janvier 2013, les soldats de l’économie et les pandores avaient réussi à mettre la main sur près de 5 000 piles contrefaites ou frauduleuses, soit 200 cartons.

Ces marchandises prohibées étaient destinées au marché national, ce qui a contribué à tuer à petit feu l’entreprise. A cause de l’impact négatif de la fraude et de la contrefaçon, le nombre de travailleurs dans l’usine est passé de 400 en 2007 à moins de 150 en 2013. Et avant ce phénomène, la SIGELEC parvenait à écouler sur le marché 25 000 cartons de piles par mois et le chiffre d’affaire qui en découlait permettait de verser pas moins de 3 milliards de FCFA dans les caisses de l’Etat en termes de taxes. Aujourd’hui ces travailleurs sont dans le total désarroi et les plus chanceux ont saisi l’opportunité d’une reconversion, même s’il s’agit de métiers précaires.

Après avoir alerté à maintes reprises, sans se faire entendre, ni par le gouvernement, ni la société civile, encore moins par les syndicats auxquels ils sont affiliés, selon les délégués, il n’est pas exclu d’user de l’arme fatale de la grève de la faim, pour se faire entendre. Les délégués syndicaux ont d’ailleurs réfuté la thèse de la mévente, pour expliquer la situation financière de l’entreprise. Ils évoquent que la SIGELEC vendait bien sur le marché et il arrivait même que les commerçants déposent d’avance leur argent, pour pouvoir décrocher un quota. Ils soutiennent que c’est un problème d’héritage entre les fils de Feu Idrissa Seydi, qui a créé l’usine en 1971, qui est le facteur principal, qui a conduit à la faillite de la SIGELEC.