Nouvelle saison de lutte : Ce que redoutent les promoteurs

D’habitude, c’est à cette période des vacances que s’annonce la prochaine saison de lutte avec frappe. Mais jusque-là, les choses ne bougent pas. Pas de combats ficelés encore moins de duels démarchés. Les promoteurs sont dans l’expectative.

La saison de lutte avec frappe 2019-2020 s’ouvre en octobre. On est en fin septembre, les amateurs qui commençaient, à cette période, à parier sur les premiers combats ficelés, se tournent les pouces. Les bailleurs de la lutte, les promoteurs qui mettent de grosses sommes sur la table pour offrir les combats les plus alléchants sont dans l’expectative.

Cette période de présaison commence à perdre ce qui la rendait charnière et impatiemment attendue des mordus du sport de chez nous. Rien ne bouge jusque-là et ça fait peur.

«Il y a problème dans la lutte. Il faut que les sponsors, les bailleurs aident l’arène à avancer», avoue le promoteur Assane Ndiaye. Le patron de Baol Productions supplie les sponsors de revenir pour soutenir la lutte, comme ils le font avec le football et le basket. Baye Ndiaye, le promoteur qui prend la relève de son frère Aziz Ndiaye, essaie de relativiser. «Ça ne craint pas parce que nous avons du temps devant nous. C’est encore mou, mais ça va bientôt mousser», promet le patron d’Albourakh Productions.

«Des combats sont en train d’être démarchés. Mais il faut attendre l’ouverture de la saison pour dévoiler les plans», apprend le président de l’Association des promoteurs qui calme le jeu. Pape Abdou Fall assure que les combats vont bientôt commencer à être montés.

Les sponsors se font désirer

Les promoteurs se rassurent comme ils peuvent, mais l’ombre d’une saison difficile, avec la pénurie de sponsors, plane. «La lutte demande beaucoup de moyens financiers. Il faut de bons partenaires pour avoir le courage de mettre des millions pour un combat. Parce que les promoteurs comptent sur les sponsors pour s’en sortir», dit Baye Ndiaye. Pendant ce temps, Pape Abdou Fall croise les doigts. «Espérons que d’ici à un mois, des affiches seront ficelées. On est en fin septembre et la saison démarre au mois d’octobre. Prions que Dieu nous donne des ouvertures aux sponsors», dit le patron de Paf Production.

Baye Ndiaye reconnait bien la rareté des sponsors qui fait que les promoteurs ont peur d’investir beaucoup d’argent dans la lutte. «Il n’y a que deux ou trois sponsors qui sont là à accompagner la lutte. Les autres, après avoir atteint leurs objectifs, sont partis. Les promoteurs ont besoin de grands partenaires pour revenir en force. En 2011 et 2012, l’arène fonctionnait à merveille. Mais pour cette année, à quelques jours de l’ouverture, il n’y a aucun grand combat de ficelé. Cela prouve qu’il y a beaucoup de difficultés et cela n’arrange pas la lutte », dit le frère du promoteur Aziz Ndiaye qui lui, a mis en veilleuse son business dans la lutte.

Les cachets de la peur

Si les promoteurs ne se signalent encore pas, c’est parce qu’ils attendent encore les sponsors, sans l’appui desquels, ils n’osent s’attaquer aux gros cachets réclamés par les lutteurs. «Les promoteurs sont là, mais le problème, ce sont les cachets des lutteurs très élevés. Nous ne voulons pas nous lancer dans des risques. Il faut d’abord être sûr de décrocher des sponsors, avant de se lancer», indique Pape Abdou Fall. Baye Ndiaye confirme : «Pour encourager les promoteurs, il faut que les lutteurs revoient leurs cachets à la baisse.»

Le patron de Baol Productions, lui, voit le problème ailleurs. «Les promoteurs sont bien présents. Mais il faut reconnaitre qu’il y a beaucoup d’instruits qui ne savant pas comment fonctionne l’arène. Ils se réclament promoteurs à cause de l’argent. Ils sont devenus le problème de l’arène», déplore Assane Ndiaye.

Un Arène nationale trop chère

Pour son premier exercice, l’Arène nationale a abrité ses 16 journées, malgré toutes les craintes que les promoteurs avaient soulevées en début de saison passée. Ainsi, organiser dans ce temple était devenu un challenge pour les promoteurs. Normal, trouve le promoteur Assane Ndiaye, selon qui, avec ses 22 000 places, l’Arène nationale peut accueillir n’importe quel événement de lutte. Seulement, organiser à l’Arène nationale est un véritable casse-tête. «Le problème de l’Arène, c’est la cherté des frais d’organisation qui peuvent atteindre parfois à 1 500 000 FCfa. Il faut 500 000 FCfa pour la location, 500 000 pour la sécurité et le droit d’organisation s’élève à 475 000 francs Cfa. L’État doit soutenir les promoteurs, en leur facilitant l’accès à l’arène » plaide Assane Ndiaye.

Baye Ndiaye confirme que l’organisation d’un combat dans ce joyau construit à 32 milliards FCfa nécessite beaucoup de moyens. «L’État du Sénégal n’a pas faciliter l’accès de l’Arène aux promoteurs. Il est difficile de s’en sortir après une organisation à l’Arène nationale. C’est la raison pour laquelle, les promoteurs préfèrent aller au stade Léopold Sédar Senghor ou à Iba Mar Diop.

Pape Abdou Fall va au delà et pose le problème de capacité surtout pour les grands combats. «L’Arène nationale, c’est 22000 places, là où le stade Léopold Sédar Senghor a une capacité de 60 000 places. L’expérience l’a démontré lors du combat Boy Niang 2 vs Lac de Guiers 2. Organisez un combat entre Modou Lô et Balla Gaye ou entre Modou Lô et Ama Baldé à l’Arène nationale, ça risque de poser problème», prévient le président de l’Association des promoteurs.

La saison 2019-2020 va s’ouvrir administrativement le 1er octobre prochain, alors que les promoteurs scrutent toujours l’horizon, espérant l’arrivée de gros sponsors, mais également la réduction des cachets des lutteurs. En attendant, les businessmen de la lutte avec frappe sont dans l’expectative.