POURQUOI ÉVINCER LAGARDÈRE DU FOOT AFRICAIN ?

Coup de tonnerre dans le monde du foot africain : la semaine dernière, la CAF, la Confédération africaine de football, a dénoncé le contrat la liant au groupe Lagardère, chargé de la commercialisation des droits télé jusqu’en 2028. La société française apparait comme la grande perdante, mais le match est loin d’être terminé.

La sanction à la Bourse a été immédiate : l’action Lagardère a perdu 5% au lendemain de ce coup de sifflet inattendu. C’est un sérieux revers pour la branche sport du groupe français, qui était déjà, il faut le dire, en petite forme. Cette diversification n’a pas été le relais de croissance espéré par Arnaud Lagardère, l’héritier de la dynastie. C’est pourquoi, depuis cet été, il cherche un repreneur pour cette activité. Mais s’il n’a plus les droits du foot africain, la principale pépite de sa division sports, cela complique sérieusement sa mise en vente. Et puis le deuxième grand perdant immédiat, c’est bien sûr le foot africain. Le producteur sud-africain de chaîne de télévision payante Supersport, le principal diffuseur des compétitions en Afrique sub-saharienne a immédiatement suspendu la transmission à cause du flou juridique créé par la dénonciation du contrat. Une très mauvaise nouvelle pour tous les fans africains du ballon rond mais aussi pour les sponsors. Ils se demandent aujourd’hui si le foot africain est encore une bonne affaire.

À qui profite la rupture du contrat entre la CAF et Lagardère ?

À première vue, à la société égyptienne Présentation Sports qui a obtenu un jugement en sa faveur au Caire, arguant que le contrat exclusif de Lagardère obtenu sur 20 ans, sans appel d’offres était illégal. La CAF qui siège au Caire, doit donc se soumettre aux décisions de la justice égyptienne. Pour certains analystes, au-delà de cette société, c’est bien l’Égypte qui est à la manœuvre : selon Vincent Chaudel, le fondateur de l’observatoire du sport business, « elle cherche à retrouver l’influence perdue sur le foot africain ». Si l’on s’en tient à une lecture géopolitique de cette affaire, un autre pays pourrait tirer partie de la situation : la Chine, l’un des principaux financiers du continent et également un pays avec de grosses ambitions dans le football. La société chinoise Wanda a déjà un pied dans le marché juteux des droits télé du foot depuis qu’elle a racheté la société suisse Infronts sports and media, spécialisée dans cette activité.

Quel bénéfice escompte la Confédération africaine de football ?

Si la CAF a dénoncé ce contrat à un milliard d’euros qui lui assurait un revenu annuel minimum assez confortable, c’est sans doute parce qu’elle espère obtenir encore plus d’argent, subodore Vincent Chaudel. Voire qu’elle a déjà un plan B en tête. Si ce n’est pas le cas, estime le consultant, elle prend un sérieux risque, le risque de tout perdre. Perdre la diffusion des matches, elle s’active d’ailleurs à trouver un accord avec Supersport, car aucun autre ne prendra le relais Afrique sub-saharienne. Et elle risque aussi de perdre beaucoup, beaucoup d’argent car Lagardère est déterminé à se battre jusqu’au bout pour conserver le contrat ou pour obtenir des compensations financières. Il a les moyens de se lancer dans cette bataille d’avocats, alors que la CAF est aujourd’hui déficitaire, sous tutelle de la Fifa. Une surveillance tellement serrée que certains se demandent si la Fédération internationale n’est pas à la manœuvre. Pas sûr que les intérêts de la Fédération internationale coïncident avec ceux du foot africain, comme en témoigne sa dernière décision. La CAN 2021 sera décalée au mois de juillet pour laisser la place à la Mondialito, le nouveau format de la Coupe mondiale des clubs, voulue par la Fifa et qui aura lieu en Chine !

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