Aéroport Léopold Sédar Senghor : au nom de quoi le public y est interdit d’accès ?

Aéroport Léopold Sédar Senghor Au Sénégal, à l’Aéroport L S Senghor de Dakar, c’est dans un tel enclos entouré de barrières où les Sénégalais, venus accueillir leurs passagers sont parqués!

Aéroport Léopold Sédar Senghor : au nom de quoi le public y est interdit d’accès ?

Ceux qui ont eu l’occasion d’accompagner ou d’accueillir des passagers à l’aéroport L.S.S dans la dernière période, ont dû assister à un spectacle qui symbolise la bêtise et la honte pour notre pays. Spectacle que les autorités aéroportuaires auraient pu nous éviter avec un minimum de bon sens et d’intelligence.

L’aéroport étant la porte d’entrée par les airs de notre pays et le premier endroit où le premier contact entre Sénégalais et visiteurs étrangers se fait, nous devrions présenter une vitrine beaucoup plus séduisante que celle-là, qui rebute et dégoutte.

Il m’a été donné de constater et de subir avec beaucoup d’amertume les mesures et dispositions inintelligentes qui ont été instituées pour empêcher le public d’accéder à l’aérogare de l’aéroport L.S.S. L’idée elle même, est incompréhensible, inacceptable voire irréfléchie à tous points de vue.

On peut réglementer en réservant au public un espace bien défini à cet effet dans l’enceinte de l’aérogare, un hall d’attente, mais on ne peut et ne doit interdire l’accès de l’aérogare au public.

Notre pays qui était connu dans le monde entier pour son hospitalité légendaire –pays de la teranga- le slogan « la teranga sénégalaise » figure dans les spots publicitaires et cartes touristiques pour bien vendre le Sénégal. Enfin, le Sénégal et la teranga étaient devenus inséparables, car l’un ne pouvait se concevoir sans l’autre.

Aujourd’hui, la donne a été négativement modifiée, et en lieu et place d’un accueil chaleureux, c’est dans l’atmosphère d’un Etat policier que rien ne justifie, que nos hôtes sont reçus.

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Pire, même nous Sénégalais, sommes traités comme des badauds ou va-nu-pieds sans aucun discernement. Nous étions parqués derrière des garde-fous loin de l’aérogare, spectacle qui renvoie à l’apartheid de Piéter Botha d’Afrique du Sud avant Mandela.

C’est vraiment triste, ce qui arrive à mon pays! Je me demande, quelle est l’autorité qui a pu imaginer des dispositions aussi bêtes pour interdire totalement au public, venu accompagner ou accueillir des passagers, l’accès de l’aérogare.

Ceci dépasse l’entendement, car de telles dispositions ne se voient nulle part dans le monde actuel. Même si l’on considérait tous les Sénégalais comme des terroristes potentiels et poseurs de bombes, la mesure manque totalement d’intelligence, et, est dégradante pour l’image de notre pays.

En fait, nous sommes véritablement en face d’un cas de droit de l’homme, c’est-à-dire la liberté et le droit d’aller et de venir, de citoyens libres, qui ne sont ni en état d’arrestation niLe drame, c’est que jusqu’ici, aucune autorité compétente du pays n’a eu à remarquer et à s’offusquer de cette scène désolante. Moins encore de prendre immédiatement des mesures de redressement ou mieux, d’annulation pure et simple de ces dispositions discriminatoires. Ainsi, comme des pestiférés, nous sommes traités dans notre propre pays comme des chiens enragés.

dans les mailles de la justice. Je ne vois pas au nom de quoi, les Sénégalais libres et même tous les étrangers qui vivent parmi nous, en temps normal – de paix s’entend- n’ont pas le droit d’entrer et de sortir librement de tout lieu public.

Non contentes de nous interdire l’accès et l’usage de notre aérogare, les autorités concernées confient par dessus le marché ce service public à des vigiles privées, qui n’obéissent qu’aux ordres de leurs chefs et à l’argent, sans chercher à comprendre outre mesure.

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Tout le monde sait que les installations (panneaux) électroniques qui distribuent les informations en temps réel aux usagers, sur les vols, se trouvent bien dans l’enceinte de l’aérogare. A titre d’exemple et pour illustrer l’énormité de la bêtise de ces mesures.

Comment quelqu’un peut-il s’informer sur l’arrivée ou le départ d’un vol déterminé, qui peut être éventuellement retardé pour une raison quelconque, s’il ne peut pas accéder aux panneaux d’information des arrivées et départs, qui se trouvent à l’intérieur de l’aérogare ?

Ensuite, pendant l’hivernage, les gens seront-ils tenus de rester sous la pluie sans aucun abri, quelle que soit l’intensité de celle-ci ou de braver toutes autres intempéries telles que le froid et le vent?

Simplement parce que des autorités empiriques et moyenâgeuses, imbues de leurs fonctions ont dicté aveuglément des mesures inhumaines et inappropriées, que des agents de même acabit appliquent bêtement, comme des automates. Non c’est inadmissible.

Qu’un esprit malveillant ait ordonné de telles mesures, comble de la bêtise, peut se concevoir, et c’est dans l’ordre du possible comme un accident ou une erreur, si elles sont rapidement annulées dans les plus brefs délais. Mais quand elles perdurent et que sur toute la ligne, personne n’ait cru devoir intervenir pour rectifier le tir, alors là, c’est extrêmement grave pour le pays.

C’est pourquoi, il est regrettable et ahurissant de constater chaque jour que Dieu fait, des mesures et gestes qui font prendre à notre pays la direction contraire au modernisme, au progrès technique et social, par la faute de dirigeants incultes et incompétents. Pourtant, il est tout à fait possible d’assurer efficacement la sécurité publique dans la discrétion, avec intelligence et sans brutalité. Malheureusement les autorités actuelles de notre pays, quasiment dans tous les domaines, ignorent cette science.

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De mémoire de Sénégalais, depuis que l’aéroport de Dakar existe, il n’a jamais été noté un seul incident grave ou tentative d’entraver le fonctionnement normal de l’aérogare du fait du public accompagnant ou accueillant les passagers, malgré l’étroitesse de celui-ci à l’époque.

Aujourd’hui qu’il a été suffisamment agrandi, en lieu et place de réserver un espace adéquat à un public responsable, on lui interdit plutôt strictement l’accès des lieux. Ce n’est qu’au Sénégal où l’on se singularise et sans état d’âme, à construire une aérogare réservée uniquement aux passagers. C’est vraiment insolite !

Autre remarque, il est incompréhensible qu’un service public d’une telle envergure soit confié à des sociétés de vigiles privées et non à la gendarmerie ou la police nationale qui sont, elles, qualifiées et habilitées pour assurer la sécurité et le maintien de l’ordre. Ces vigiles, dont la plupart n’ont fait que le service militaire, ne savent presque rien de ce que c’est un aéroport international et les règles qui le régissent.

A la place de la discrétion pour aborder les gens, ils affichent un excès de zèle débordant jusqu’à vouloir empêcher l’accolade qui scelle la retrouvaille d’un passager et son accueillant à près 100m de l’aérogare.

On les entendait crier « circulez ! » ou d’user de son sifflet, comme au pays de l’apartheid ou du nazisme. Trop c’est trop ! Il est vraiment temps pour ces gens qui nous gouvernent depuis 8 ans, de revenir à la raison, pour ne pas souiller davantage l’image du pays de la terranga.

J’ose espérer que les autorités concernées reviendront à se conformer sur ce qui se fait de bien partout dans le monde, au niveau des aérogares surtout internationales. Elles doivent comprendre, que l’usage de la force brutale est un argument pour les faibles d’esprit et les idiots.

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Et que, pour régler les rapports entre personnes civilisées en ce XXIe siècle, ce genre d’argument est totalement révolu et exclu. Sans doute, le Pouvoir ne se rend même pas compte que l’image de notre pays est entrain de prendre un sacré coup d’arriération, par la faute d’autorités qui agissent et se comportent, hors de tout cadre institutionnel normal, par rapport au XXIe siècle.

J’invite à cet effet, les journalistes de la presse écrite, parlée et surtout télévisuelle, à faire un tour à l’aéroport, aux fins de constat et pourquoi pas un reportage pour confondre les autorités, et les amener à respecter les droits et libertés des citoyens, d’aller et de venir dans les lieux publics où le besoin les appelle.

Cet article a été rédigé en 2008, mais à ce jour rien a changé dans les méthodes, plutôt cela s’est empiré !

Mandiaye Gaye Gaye_mandiaye@hotmail.com

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