AFFAIRE DANTE-HERITIERS DE SERIGNE SALIOU La partie n’est pas encore gagnée pour Dangote

Après  la sortie  télévisée des avocats du groupe  Dangote, Jeudi dernier, les avocats de la famille  de Touba, sont montés au créneau pour pointer des «contre-vérités»  et relever des «aveux». Le collectif des avocats des héritiers de Serigne Saliou a sorti un communiqué  pour  faire une  mise au point et mettre un bémol dans la jubilation de l’autre camp en lui donnant rendez-vous devant la cour d’appel où la chose doit être jugée à nouveau.
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Le   collectif des avocats de la famille de Serigne  Saliou s’inscrit en faux contre les positions défendues par les représentants du groupe  Dangote, au cours de l’émission Diné  ak Diamono sur Walf Tv de jeudi dernier.
Dans  un communiqué, les défenseurs des intérêts de la famille du défunt Khalife disent relever des «contrevérités» et des «aveux» sur l’empiètement, objet du litige. Précisant  d’abord que l’émission en question «était une plage publicitaire achetée par la société», les avocats ajoutent  que les «propos comportent des contrevérités mais aussi des aveux sur la réalité de l’empiètement.»

A cause de ce soubassement commercial, les représentants des intérêts de la  famille  de Serigne Saliou auraient préféré décliné l’invitation faite à eux par l’animateur de l’émission, soutenant que «cette émission était selon Walfadjri, une plage publicitaire achetée par la société Dangote Industries, prépayée et programmée pour permettre à ladite société de s’auto-glorifier et de montrer à l’opinion publique une image qu’elle s’est choisie, laquelle est nécessairement loin de la réalité», soutiennent-ils dans ledit communiqué.

S’agissant d’une publicité, le Collectif des Avocats des Héritiers n’a pas accepté d’y participer «par respect pour le public»,  note encore le document.

Revenant  sur les «contrevérités», le communiqué  relève que l’autre partie  à voulu asseoir son argumentaire sur  l’absence de bornes dans le décret de 2006 attribuant au marabout plus  de 900 ha  sur le site et sur une attribution complémentaire qui n’a pas été mentionnée  dans le même décret.  «L’un des intervenants a dit que le Décret de 2008 qui a attribué à la société Dangote sa concession minière comporte des bornes alors que le Décret de 2006 concernant les terres de Serigne Saliou n’en comporterait pas. En réponse, le collectif précise que plus que des bornes, le Décret de Serigne Saliou comporte une carte établie par le service des eaux et forêts délimitant avec clarté l’emplacement des terres qui lui ont été octroyées», lit-on sur le communiqué.

A propos  de l’attribution complémentaire évoquée, c’est une autre «contrevérité» selon le même communiqué, « cela est inexact et les Héritiers ignorent une telle attribution.  Il a été dit que Le Ministre Djibo KA, chargé de l’environnement à l’époque, a confirmé que la société Dangote a empiété sur les terres par simple respect voué à Serigne Saliou. Cela est inexact puisqu’au moment des faits qui datent de 2009,  Serigne Saliou avait déjà rejoint le Seigneur depuis Décembre 2007», c’est plutôt  en 2009 que, le Représentant des Héritiers Serigne Moustapha Saliou MBACKE a saisi le Ministre pour signaler l’occupation et, la réponse de Monsieur Djibo KA disant que la société Dangote avait empiété les terres de façon fautive date d’Octobre 2009. Et, a en croire les défenseurs des héritiers de Serigne Saliou, contrairement à l’idée avancée que l’usine Dangote est bien implantée dans les limites qui lui ont été  tracées, et que l’expert (chef du cadastre de Thiès) commis par le  tribunal de Thiès l’aurait confirmé dans son rapport, « l’Expert a conclu dans son rapport remis au Tribunal que la société Dangote a empiété sur plus de 170 hectares les terres de Serigne Saliou.»

Pire, les juristes estiment que les représentants de l’industriel se sont confondus dans leurs explications en avouant sans s’en rendre compte  l’empiètement «en dépit de leurs dénégations confuses,  les représentants de la société Dangote ont fini par avouer que l’empiètement est réel.»   Pour eux, pour eux, ceux qui étaient sur le plateau ont fait dire à feu Kader Mbacké que le site qui leur était attribué était calcaire et était donc une source de matière première et il fallait donc trouver  un autre espace pour construire l’usine. Or l’emplacement ciblé était sur les terres octroyées au défunt marabout.

C’est ainsi que Kader Mbacké avait pris sur lui de se rapprocher de sa famille pour trouver une solution « il a  été dit que feu Kader MBACKE accompagné du Président de la communauté rurale de Keur Mousseu avait constaté que les 800 et quelques hectares attribués à La société Dangote en 2008 constituent une zone de calcaire, il avait ainsi décidé de la préserver intégralement pour l’exploiter et de construire l’usine plus loin sur des terres de culture.Lorsqu’il a découvert que la zone qu’il avait ciblée pour y construire l’usine faisait partie des terres de Serigne Saliou, il a  déclaré qu’il se rendrait auprès du Saint homme pour arranger cela. Aveu de l’empiètement ne peut être plus clair !

Par ailleurs, un autre intervenant a déclaré qu’il ne faut pas croire que l’empiètement porte sur toute la superficie attribuée à Serigne Saliou, mais que l’empiètement et donc le litige porte sur seulement une petite portion de terre comprise dans celle de Serigne Saliou !Encore un aveu de taille. Mieux, Monsieur Aliko Dangote lui-même a reconnu l’empiètement par lettre en date du 17 Février 2013 déposée entre les mains du Représentant des Héritiers et s’en est excusé! Cet aveu écrit clôt définitivement les débats sur la réalité de l’empiètement.»

Pour toutes ces raisons  le pool d’avocat de la famille du Khalife rappelle que la cour  suprême a juste renvoyé les deux parties devant la cour d’appel, en d’autres termes « il est très tôt pour  jubiler » car l’usine n’a pas encore le droit  de démarre ses activités. Les avocats disent donner rendez-vous à leurs collègues de l’autre camp pour répondre au débat juridique.

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