Affaire des produits phytosanitaires du Plan Jaxaay – Le dossier Aïda Ndiongue sur la table du Doyen des juges – Faux et usage de faux : le procureur remet les pesticides au ministère de la Santé

Aïda Ndiongue menaceLe dossier des produits phytosanitaires est entre les mains du Doyen des juges qui doit éclairer les zones d’ombre de cette affaire rocambolesque. Entre 2007 et 2012, Aïda Ndiongue a amassé 77 milliards dans les marchés fictifs.

Le voile de mystère qui entourait les marchés de produits phytosanitaires peine à se dissiper. On attend toujours la suite à donner à ce dossier qui «pue le faux et détournements de deniers publics». C’est le Doyen des juges qui est chargé de démêler cet écheveau qui a mis en émoi le pays dont les populations succombent toujours du paludisme. Malgré les milliards investis dans ce business qui enrichit une horde de personnalités.

Depuis quelques jours, le dossier est sur la table du magistrat-instructeur qui doit auditionner les personnes citées dans cette affaire. Il s’agit surtout de Aïda Ndiongue dont l’entreprise (Egfed) a capté l’essentiel des marchés depuis 2005. Incompréhensiblement, c’est toujours le statu quo dans le traitement judiciaire de ce dossier.

La Section de recherches de la gendarmerie ainsi que la Division des investigations criminelles (Dic) sont arrivées aux mêmes conclusions dans ce dossier. Il s’agit de «faux et usage de faux et détournement de deniers publics en bande organisée».

Cette jonction des deux enquêtes a été demandée par l’ex-procureur de la République près le Tribunal régional hors classe de Dakar. Curieusement, le dossier est longtemps resté dans les circuits du Parquet de Dakar.

Aujourd’hui, le nouveau maître des poursuites essaie de diligenter ces dossiers qui étaient en souffrance au Palais de justice de Lat Dior. S’achemine-t-on vers des arrestations ou à de simples auditions comme jusqu’ici ?

En tout cas, le Doyen des juges est face à un dossier dont le contenu intéresse au plus haut point les autorités actuelles.

Rocambolesque, cette histoire dévoile des chiffres qui donnent le tournis dans un contexte de traque des biens mal acquis. Au départ, il s’agissait d’un marché de 5 milliards de francs Cfa de produits phytosanitaires exécuté par le ministère de l’Habitat et la Construction à la suite d’un appel d’offres restreint de novembre 2011 pour l’année 2012. A l’arrivée, on se retrouve avec des marchés fictifs évalués à… 77 milliards de francs «encaissés» par des sociétés mises en place par Aïda Ndiongue.

Au cœur de ce scandale, le Service d’hygiène a beaucoup contribué à avaliser le faux. Dans cette procédure, de hauts gradés de cette structure se retrouvent dans la chaîne de complicités. Il est clairement établi qu’au moment de livraisons, les Bordereaux de livraison sont substitués par des Mises à disposition signées par des subalternes qui n’ont aucun contrôle sur les mouvements des produits mises à leur disposition.

D’où de nouvelles zones d’ombre. D’après un interlocuteur et des documents consultés, les marchés sont fractionnés au moment de la livraison pour maquiller les chiffres. Car, les produits contenus dans le cahier d’appel d’offres et ceux «livrés» au Service d’hygiène ne sont pas identiques. D’où l’incompréhension qui entoure le traitement de cette affaire qui est désormais entre les mains du Doyen des juges.
Écrit par Bocar SAKHO    bsakho@lequotidien.sn

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