AFRIQUE-COMMERCE-PERSPECTIVES: La CEDEAO entrevoit une union douanière encore lointaine pour la société civile

Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)

Dakar (APS) – Le tarif extérieur commun (TEC) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà fait des 15 membres de cette organisation un bloc commercial solide et compétitif, selon son président en exercice Alassane Ouattara.

Mais, la société civile ouest-africaine pense que l’union douanière en vue ne verra le jour que si les gouvernements respectent les accords de libre circulation des personnes et des biens.

“Avec l’adoption du tarif extérieur commun, nous constituons désormais un bloc commercial solide, compétitif, capable d’améliorer la contribution de notre organisation et de nos Etats dans les échanges mondiaux et de re-dynamiser le commerce intracommunautaire”, a dit M. Ouattara à la fin de la session extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, vendredi à Dakar.

A cette réunion tenue dans la capitale sénégalaise ont pris part 10 chefs d’Etat. Les membres de la CEDEAO sont : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo.

La rencontre portait sur les accords de partenariat économique (APE) que négocie la CEDEAO avec l’Union européenne (UE) depuis plusieurs années, le TEC et d’autres questions économiques.

Le TEC doit entrer en vigueur en 2015, a précisé à l’APS Ahmed Hamid, le commissaire chargé du commerce, des douanes, de l’industrie, des mines, de la libre circulation des personnes, et du tourisme à la CEDEAO.

Durant toute l’année 2014, la CEDEAO mènera une campagne d’information sur le TEC, a-t-il dit.

L’adoption du TEC, qui ouvre la voie à la création d’une union douanière commune aux 15 pays de la CEDEAO, est une “évolution d’autant plus pertinente qu’elle est assortie de mesures complémentaires […] qui sont en réalité des dispositions encourageant l’industrialisation de nos économies”, a souligné Alassane Ouattara.

“Nous devons, dans le même élan, poursuivre le démantèlement des barrières tarifaires et la marche vers notre intégration monétaire”, a dit le chef de l’Etat ivoirien à ses pairs de la CEDEAO et aux membres des délégations des 15 pays.

“Il s’agira, a expliqué M. Ouattara, de nous assurer d’une libéralisation totale des échanges communautaires, en relation avec notre ambition de réussir la construction d’une union douanière profitable à tous.”

Il estime que “tous ces objectifs sont à notre portée”. “Parce que nous sommes mus par la construction du bien-être de nos populations”.

M. Hamid explique l’avantage, pour la CEDEAO, d’avoir une union douanière : “L’avantage du TEC, c’est que dans tous nos pays, on aura le même système douanier. Au Sénégal, au Nigeria, Cap-Vert, etc., vous aurez le même système de dédouanement de nos marchandises, ce qui facilite le commerce avec l’extérieur et entre nos pays.”

Mais, la progression vers l’union douanière ne sera pas aussi rapide que certains pourraient le penser, estime une coalition d’organisations de la société civile ouest-africaine.

“[…] Quelle que soient la nature du TEC et la qualité de la politique commerciale régionale sur le papier, elles ne pourront atteindre leur objectif de renforcement des secteurs de production, de la compétitivité de l’économie et du commerce intra-régional que si les Etats d’Afrique de l’Ouest respectent les engagements relatifs à […] la libre circulation des personnes et des biens, auxquels ils ont librement souscrits”, écrivent ces organisations civiles dans un mémorandum remis aux chefs d’Etat de la CEDEAO, lors du sommet.

Ces organisations, au nombre de 25, signalent que “l’absence d’une politique commerciale unique dans la région [ouest-africaine] constitue un problème majeur que la CEDEAO doit résoudre, afin de donner un véritable contenu à son TEC”.

Le TEC “doit être cohérent et efficacement articulé autour des politiques sectorielles régionales, en particulier les politiques agricoles et industrielles, afin de renforcer les capacités productives de notre région et valoriser son énorme potentiel”, ajoute la coalition d’organisations civiles.

“En ce qui concerne les accords de partenariat économique avec l’Union européenne, nous croyons que le nouveau scénario d’offre d’accès au marché que nous avons adopté, en corrélation avec l’instauration d’un TEC, offre des gages clairs d’un [accord] équilibré pour les deux parties”, a souligné M. Ouattara, qui a présidé le sommet.

ESF/ASG

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