Afrique : La France reconnait après 70 ans que le franc CFA pénalise les 15 pays qui l’utilisent

Michel-Sapin-300x195Jamais le franc CFA n’a suscité autant de débats que ces derniers mois. Il était l’un des enjeux de l’élection présidentielle de 2016 au Bénin avec la présence de Lionel Zinsou, ex banquier franco-béninois et Premier ministre-candidat sur la scène politique. Créé depuis 1945, le franc CFA n’a pas contribué au développement des pays qui l’utilisent. Considéré comme le seul système monétaire à avoir survécu à la décolonisation, le franc CFA est basé sur quatre principes et une gestion et un fonctionnement qui n’arrangent que la France.
La centralisation des réserves de change
Depuis 1945, les pays de la zone CFA sont contraints de déposer la majeure partie de leurs recettes d’exportations à la banque de France. Ainsi de 1945 à 1973, les pays de la zone CFA ont déposé plus de 75% de leurs recettes d’exportations dans des comptes dits “d’opérations” logés au Trésor français. De 1973 à 2005, le taux de dépôt a baissé à 65% et est resté à un minimum de 50% depuis 2005. Les critiques du franc CFA estiment que ces réserves de change servent à financer le développement de la France au même moment où les pays de la zone CFA peinent à décoller économiquement. Ceux qui pensent que le franc CFA est une monnaie d’intégration comme Lionel Zinsou, estiment que les dépôts des pays de la zone CFA sont infimes et ne les pénalisent pas.

La parité fixe Euro-CFA
En prenant le 26 décembre 1945 le décret créant le franc CFA, le Général De Gaulle décide avec le gouvernement français de l’arrimer au franc français. Cet arrimage a connu plus tard une évolution avec la création de la zone euro. Cette parité est un frein à la compétition dans la mesure où l’euro est une monnaie forte et empêche les pays de la zone CFA de s’industrialiser et de pouvoir exporter les matières premières et les produits finis à des prix attractifs sur le marché mondial. Aujourd’hui avec la chute des cours des matières premières, les pays de la zone CFA sont obligés de recourir à des prêts auprès d’institutions financières telles que le Fonds Monétaire International alors même que des milliards sont déposés par ces pays au Trésor français.
Les principes de libre convertibilité et de libre circulation franc CFA/Euro
Ces deux principes importants de fonctionnement de la zone CFA favorisent les investissements français en zone CFA et le rapatriement des capitaux entre les pays de la zone et la France. Au même moment il est quasi impossible de transférer librement des devises entre les pays de la zone.
Après 70 ans d’existence, il est clair que le franc CFA n’a nullement contribué au développement des pays qui l’utilisent. Il est un frein à leur industrialisation et ne favorise par l’essor de leurs économies. Certains leaders africains ont commencé à abonder dans le même sens que beaucoup de critiques du franc CFA. Roch Marc Christian Kaboré, le tout nouveau président du Burkina Faso a dit : « Il y a des points de discussion et de réflexion qui sont en cours. Il est clair que tôt ou tard c’est une discussion qu’il faudra ouvrir au regard également des difficultés que traverse l’Europe depuis quelques années ». Idriss Déby Itno du Tchad a abondé dans le même sens : « Il y a des clauses qui sont dépassées. Ces clauses-là, il faudra les revoir dans l’intérêt de l’Afrique et dans l’intérêt aussi de la France.
Ces clauses tirent l’économie de l’Afrique vers le bas ». La France est ouverte à une évolution du franc CFA. Elle attend que cette démarche provienne des pays africains. Le ministre des finances de la France Michel Sapin a dit à ce sujet : « C’est la décision des Africains qui s’impose, pas la décision de la France. Et j’ai toujours montré ma très grande disponibilité s’il y avait des propositions d’évolution dans telle ou telle direction, de la part de tel ou tel dirigeant ».
Par: Fred SOSSOU
http://cotonou24news.com/afrique-france-reconnait-70-ans-franc-cfa-penalise-15-pays-lutilisent/

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