Afrique: Pourquoi la corruption est-elle si repandue sur le continent? [Dossier editorial du FDRC]

corruption_senegal_1La corruption est un fléau continental qui continue de faire des dégâts énormes dans toutes les administrations du continent. Les populations sont elles aussi soit victimes ou des acteurs de la corruption. La corruption est devenue une règle d’or largement partagée, une norme, une institution. Les dégâts économiques de la corruption s’élèvent à plusieurs centaines de milliards par an, argent qui aurait pu servir à la construction des hôpitaux, des écoles, des routes, réduire le chômage, améliorer les conditions de vie des fonctionnaires et des retraités etc. Cet argent est détourné de ses objectifs premiers pour la poche ou les comptes bancaires de certaines personnes mal intentionnées et égoïstes. L’on vient surtout à la politique pour l’enrichissement illicite et non pour apporter un minimum de bien-être aux populations. Les populations elles-aussi offrent leurs services en échange des pièces trébuchantes et billets de banque. Les services sont multiples à savoir un bras séculier, un objet sexuel ou un défenseur ou avocat du diable. En clair, tout le monde est corrompu depuis l’exécutif aux populations.

En Europe, la corruption existe mais elle est très subtile voire invisible. Par exemple pour l’année 2013/2014 c’est 1% du PIB de l’Union Européenne, soit 980 millions d’Euro. Cependant, l’Europe des 28 tente de réduire la corruption au niveau zéro. Pour cela elle proposera une directive et des sanctions draconiennes pour le courant de l’année 2014.

La corruption n’est pas une chose africaine d’origine. Elle fut héritée des colons pendant la période d’annexion. Une fois l’africanisation de l’administration en place, la corruption est devenue la nouvelle norme dans les nouveaux états indépendants. Pourquoi ? Il faut remonter à la Conférence de Berlin de 1884-1885 en deuxième position et à la création des sociétés humaines en première position.

En ce qui concerne les premières sociétés humaines, il est à noter que les citoyens furent victimes de corruption dès l’instant ou la division du travail fut inversée : Le roi est devenu esclave et l’esclave est devenu roi. Dès cet instant, la société rentre en crise. Le nouveau roi ou souverain tentant de se maintenir au pouvoir usera des moyens de séduction à savoir l’or et l’argent afin de réduire les plus farouches défenseurs de la monarchie ancienne. Ainsi, nous avons des citoyens corrompus afin qu’ils ne perturbent pas les nouveaux souverains et laissent faire les choses. Ainsi est née la corruption. En d’autres termes, la corruption dans nos états africains remonterait à la période du 7e siècle, lors de l’invasion de l’Egypte pharaonique noire par les indo-européens. Ce sont ceux qui n’ont pu échapper à l’invasion des nouveaux maitres qui furent les premiers corrompus. Dès cet instant, les nouveaux maitres ont décidé de faire de la corruption un mode de vie afin de s’attirer la sympathie des uns et des autres.

La Conférence de Berlin de 1884-1885 a fini par institutionnaliser la corruption dans toutes ses formes : Corruption morale et corruption financière, créant des crises de personnalités au sein des populations dites indigènes. De cette crise est née la crise morale puis la crise psychologique engendrant la crise financière et enfin la crise armée. Ceci explique les crises armées sur le continent. Tout ceci est une question de gros sous et de prestige et non pour des raisons purement politiques ou sociales. L’on utilise la misère des populations pour en faire un chapelet de revendications afin de justifier les rébellions et coups de force.

Une fois au pouvoir, les rebelles se convertissent en hommes d’affaires et autres affairistes politiques. Le cas ivoirien est un cas particulier méritant d’être étudié.

Le cas ivoirien doit s’expliquer sur deux points distincts : La refondation et la rébellion.

La Refondation :
La Refondation fut la politique sociale introduite par le Président Gbagbo afin de changer les donnes et la fondation de la société ivoirienne, société ivoirienne corrompue par le passage du PDCI-RDA pendant plus de 33 ans. Il était donc primordial de donner un souffle à la vie étatique avec des valeurs cardinales telles le respect de la chose publique, la répartition des biens et richesses du pays de façon équitable et le respect de la chose étatique. En clair instaurer une sorte de socialisme à l’africaine. Cependant, la fondation étant elle-même corrompue, n’a pu saisir le sens et le bien-fondé de ce socialisme.

Le Président Gbagbo et ses camarades ne voyaient pas les choses de la même manière. Le Président Gbagbo tentait de créer une nouvelle société libre, indépendante et moins corrompue, une société totalement indépendante, une société libre des chaines de la servitude. La Côte D’Ivoire devait être le tremplin pour une nouvelle Afrique, plus indépendante, moderne, émergente et ayant une place de choix dans le concert des nations. Ses camardes par contre, voyaient là une opportunité de s’enrichir illicitement. Ils parlaient du socialisme afin de séduire les populations mais dans le fond, ils avaient un agenda purement capitaliste. C’était pour eux l’opportunité d’avoir leur revanche sur la classe dominante d’hier, eux qui pour la plupart furent victimes de brimades, d’humiliations et d’exactions. Pour d’autres, ce fut une opportunité de décrocher leur premier emploi afin d’assouvir leur rêve les plus fantaisistes : S’enrichir, construire des domaines prestigieux, s’acheter des véhicules de luxe importés de l’Europe ou des Etats Unis et collectionner un harem de jeunes maitresses à qui ils offriront villas, véhicules et grosses sommes d’argent.

Dans pareille situation, il est tout à fait normal que de tels individus détourneront les deniers publics afin d’entretenir leur train de vie. De tels individus deviennent des corrompus et esclaves de l’argent. Ils feront tout afin de se maintenir en poste ou encore sympathiseront avec le diable afin de rester dans l’esprit et le cœur des populations. Ils souhaitent être vus. Ils souhaitent qu’on parle de leur richesse. Ils souhaitent qu’on parle d’eux et de leurs enfants inscrits dans des écoles prestigieuses du monde occidental. Bref ce sont des disciples du « m’as-tu vu ? ».

Les anciens camarades du Président Gbagbo ont tourné le dos au socialisme pour une vie paisible et dorée. Les arrangements les plus sordides se font au détriment des populations. Des calculs politiciens afin de se positionner et continuer leur sale besogne de « grilleurs d’arachides » ou de « socialisme-caviar ».

La rébellion nordiste (MPCI-RDR)
Quant à la rébellion, elle s’est annoncée avec un chapelet de revendications les plus farfelus et fantaisistes. De la xénophobie au génocide des ressortissants du nord. La mayonnaise a pris dans la mesure où ils ont pu obtenir une audience internationale au-delà de leurs rêves. Comment pouvait-il en être autrement ?

Dame Dominique Nouvian Folloroux Ouattara n’est –elle pas bien introduite dans les milieux politique et médiatique français, milieux tenus par des juifs français comme elle ? Les chaines télé et radio comme France 24, RFI, BBC, CNN et bien d’autres sont elles-aussi entrées dans la danse par solidarité et aussi pour la survie de l’hégémonie occidentale. L’Afrique étant une chasse gardée des occidentaux, il faut combattre « l’ennemi commun, le Président Gbagbo et son régime ».

Depuis leur accession au pouvoir, l’on s’attendait à des reformes sociales afin d’équilibrer les choses. Que nenni ! En lieu et place, une nouvelle politique fasciste et sélective s’est installée : Le rattrapage ethnique.

Aussi côté finances ou politique économique, la porte grande ouverte à l’enrichissement illicite, la corruption, les marchés de gré à gré et les surfacturations.

En clair, aucune différence notable entre tous les partis s’étant succédé à la tête de l’état, du PDCI-RDA en passant par le FPI et de nos jours le RDR au sein du RHDP. Tout ceci n’était qu’une histoire de gros sous et prestige. Les populations furent instrumentalisées afin d’accéder au pouvoir. Elles sont abandonnées dans leur misère et la pauvreté la plus abjecte. A titre d’exemple, le nord ivoirien est tristement délaissé au profit du Burkina Faso, ancienne base arrière de la rébellion. Aucun développement majeur au nord, alors que c’était des enfants de la région qui occupaient dix ans durant ces régions, exploitant abusivement les ressources naturelles de ces régions à savoir le diamant de Tortilla, l’or, le bois de thèques, l’anacarde et le cacao. Que devient toute cette manne financière ? Cela a servi à renflouer les caisses obscures de la rébellion et enrichir certains ex Com comme Issiaka Ouattara dit Wattao.

La corruption est une institution en Afrique, qu’on soit de la droite, de la gauche ou même issu de la rébellion. Chacun se positionne en politique dans l’unique but de s’enrichir et rien d’autres. Par conséquent, ils deviennent vulnérables devant le corrupteur, les occidentaux, qui leur imposent leurs dictats. En échange de leurs services , consistant à vendre à des francs symboliques les sociétés d’état, ils sont maintenus au pouvoir et protégés par l’armée française. Ce cycle interminable de corruption, retarde le véritable développement de nos états, en détournant les fonds et autres budgets dans les comptes bancaires de certains individus. Quand les populations se soulèvent, elles sont sévèrement matées et cela avec la complicité des soldats français et de la communauté internationale. Les victimes ne seront jamais reconnues comme telles. C’est le cas des victimes de la crise post-électorale du camp Gbagbo. Elles ne sont pas concernées dans le procès contre l’état de Côte D’Ivoire actuel. Les pro-Ouattara ne paieront jamais pour les crimes et exactions commis sur les pro-Gbagbo. Seules les victimes du RDR, comptent réellement comme les véritables victimes. Ce sont les victimes qui portent plainte contre le Président Gbagbo. Ainsi vont les choses sous nos tropiques. La corruption fait de nous des prisonniers de nos actes.

La corruption peut être éradiquée, et nous en sommes persuadés. Si la bergerie est hermétiquement fermée, le loup ne peut s’aventurer dans la bergerie et décimer les grosses brebis. Pour l’instant, la porte de la bergerie est grande ouverte comme dans un bazar. Tout le monde y a accès. La vulnérabilité des brebis est une triste réalité.

L’Afrique est très vulnérable car exposée à la pénétration souhaitée des occidentaux, car dans les faits les africains sont eux-mêmes corrompus, victimes d’une pauvreté indescriptible et prêts à tout brader pour survivre.

Les notions cardinales telles souveraineté et autres ont longtemps foutu le camp. L’africain n’a plus d’âme, de personnalité, de conviction, de fierté etc.

L’africain fut déshumanisé, dénaturé et conditionné par le colon à telle enseigne qu’il s’identifie à l’ancien maitre, rejetant sa propre africanité, sa culture, sa religion, ses pratiques et autres. D’ailleurs il ne veut pas en entendre parler, tellement cela lui rappelle la honte de sa « race maudite », telle décrite dans les livres et encyclopédies occidentaux : Le noir est maudit et le blanc est bon. Les expressions décrivant la malédiction du noir font légions : Journée noire, broyer du noir, la bête noire etc. Tout ceci concourt à dénaturaliser le noir et en faire une race hybride, sans véritable repère historique, sans passé glorieux, sans culture et sans civilisation. En réalité, tout ceci n’est que pure contre-vérité.

Dans la dialectique du maitre et de l’esclave, le véritable maitre, c’est bel et bien l’esclave. Car sans l’esclave, le maitre n’est rien. C’est la servitude de l’autre qui rehausse son statut.

En clair, le véritable esclave, c’est bel et bien le blanc, le véritable parasite. Il n’est rien sans l’hôte. Il a besoin de nos ressources naturelles et autres afin de rehausser son statut. Si le noir comprend la véritable signification de la dialectique du maitre et de l’esclave, il arrêtera de s’humilier et prendra son destin en main. Cela sera le top départ de la cessation de la corruption. C’est le retour aux affaires du maitre, autrefois transformé en esclave. Voilà pourquoi le continent noir doit changer son système éducatif et introduire un enseignement pertinent, abordant le véritable passé glorieux des africains noirs depuis la nuit des temps, en passant par l’Egypte pharaonique noir. L’Afrique est réellement le berceau de l’humanité, car il a tout donné aux autres peuples et races. Ils se sont abreuvés à partir de notre continent. Pythagore, Hérodote, Thalès et bien d’autres mathématiciens et philosophes grecs, la référence historique des occidentaux, ont acquis le savoir en Afrique et non ailleurs. En clair, le noir doit être fier d’avoir apporté tout ce dont certains peuples s’enorgueillissent.

La religion, la civilisation, la philosophie, les mathématiques, la médecine et bien d’autres sont des inventions africaines. Il est tout juste bon de le savoir. Pour plus d’informations sur le passé glorieux du noir, veuillez visiter AFRIKHEPRI sur l’internet afin de vous en convaincre. Par conséquent, le noir doit cesser cet enfantillage et ce biberonnisme. Cela ne lui sied pas du tout. Un souverain jouant les esclaves. Inadmissible ! Inacceptable ! Insensé !

Cependant, nous sommes aussi responsables, fils et filles du continent. Nous jouons le rôle de l’africain conditionne, rejetant les autres groupes ethniques ou partis politiques ou même religions comme étant les mauvaises personnes ou mauvais groupes ethniques ou mauvaise religion. Certains se croient supérieurs aux autres pour avoir été très proches du blanc ou d’être son valet. Partant de cette assertion erronée, les crises morales et psychologiques tournent aux crises armées.

Selon Oeildafrique.com du 18 Février 2014

« Les Africains reprochent aux Occidentaux de falsifier leur Histoire

By Patrick Mbeko on 18th-février-2014

Les Africains reprochent aux Occidentaux de falsifier leur Histoire. Pourtant à y regarder de très près, ils font de même dans une certaine mesure, en abordant certains pans de leur Histoire en fonction de leurs accointances politiques, religieuses, ethniques… Quelques exemples pour illustrer mon propos:

En Côte d’Ivoire,

Les Pro-Ouattara écrivent l’Histoire en fonction de leurs intérêts, idem pour les Pro-Gbagbo; Et quand on critique la politique de Gbagbo, on est qualifié de « Pro-Ouattara », et quand on fait le contraire, on est qualifié de « Pro-Gbagbo.»

En RDC,

Ceux qui soutiennent l’opposant historique Étienne Tshisekedi, n’acceptent aucune critique sur le monsieur et ne sont pas prêts de remettre en question certains de ses agissements; quand on interroge le passé politique de Tshisekedi, on est traité d’aigri ou à la limite de « Mobutiste.»

Au Rwanda,

Les pro-Kagamé sont convaincus que celui-ci est le « sauveur des tutsis » malgré son implication dans le massacre des tutsis de l’intérieur…quand on remet en question la version officielle du drame rwandais, on est « négationniste » ou « révisionniste » ou simplement un « pro-hutu »…

Bref, avec les Africains, il est délicat de tenter d’interroger simplement et avec rigueur l’Histoire politique de nos pays et de certains de nos dirigeants. Ceux qui privilégient la rigueur des faits aux émotions sont souvent accusés de tous les noms d’oiseaux. Dans ce cas, pourquoi reprocher aux Occidentaux de faire ce que nous faisons pour des raisons liées à nos orientations politiques, religieuses, ethniques ou autres? Je n’ai rien dit, je bois mon lait… ».

Pour Oeildafrique.com

Sans commentaires ! A méditer !

 

Fait à Londres le 18 Février 2014

Nick De Bessou

Juriste & Anthropologue Politique.

Président du FDRC.

[Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises].

nickdebessou.over-blog.com
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