ALAIN GIRESSE, SELECTIONNEUR DU SENEGAL «IL Y A EU TROP DE DECHETS TECHNIQUES FACE A L’AFRIQUE DU SUD»

giresse_616Le dispositif tactique mis en place par le coach sud-africain, Ephraim Shakes Mashaba, a perturbé le jeu des «Lions». Avec un pressing très haut, les Bafana Bafana ont poussé les «Lions» à commettre beaucoup de déchets techniques dans leur jeu. Aussi bien dans la récupération que dans la transmission des balles. Des dysfonctionnements qu’Alain Giresse, lui-même, a reconnus et se devrait de régler avant d’affronter l’Algérie demain mardi à Malabo.
Coach, avec le recul, vous n’avez pas de regrets d’avoir chamboulé votre équipe à 50 %, contre l’Afrique du Sud, par rapport au onze de départ face au Ghana ? 
Après coup, c’est toujours facile, par rapport à la production et non par rapport au résultat où nous avons eu malheureusement, moins de maitrise. La cause est certainement à chercher dans la prestation de l’équipe sud-africaine.
Toutefois, je ne pense que les déchets dans notre jeu, ne soient liés au changement effectué.
Notre schéma de jeu, notre façon de jouer n’a jamais changé. On ne va pas changer du jour au lendemain des principes de jeu qui correspondent à la qualité du groupe.
Vous avez sorti Papy Djilobodji, à la mi-temps face au Ghana en justifiant ce changement par des choix tactiques. Contre l’Afrique, il n’a pas été aligné. Qu’est ce qui explique son absence cette fois ci ? 
Face à l’Afrique du Sud, il n’a pas été aligné parce que c’était un choix d’équipe, avec une défense centrale composée de Lamine Sané-Kara Mbodji. Voilà la raison de l’absence de Djilobodji.
Face une sélection comme celle de l’Afrique du Sud, avez-vous l’impression d’avoir gagné un point ou d’avoir perdu deux ? 
Quand vous prenez l’ensemble de la compétition, il n’y a aucune équipe qui a gagné ces deux matches. Aucune ! Même aujourd’hui (samedi, Ndlr). Finalement, on s’aperçoit que gagner deux matches s’avère délicat pour tout le monde. Nous, y compris. Nous n’échappons pas à la règle. On se retrouve avec quatre points comme toutes les équipes qui ont fait le plein en deux matches. Elles ne peuvent pas avoir plus de quatre points. Si nous rentrons dans le domaine comptable, la victoire d’hier (vendredi, Ghana qui a battu l’Algérie, Ndlr) nous obligeait à ne pas perdre face à l’Afrique du Sud. Même une victoire ne nous garantissait pas mathématiquement la qualification. Par conséquent, nous sommes dans les mêmes cas de figures (sic). Nous restons dans des perspectives agréables pour le troisième match.
Vous avez parlé de fraicheur physique pour justifier vos changements. Est-ce à dire que les cinq titulaires contre le Ghana étaient courts physiquement ? 
Non ! Il n’y avait pas encore une usure physique pour les joueurs. La fatigue physique n’allait se ressentir qu’au second match. C’est pour éviter cela que nous avons procédé à des changements. Pour moi, le principal point de la production de notre équipe, c’est le déchet. Les déchets techniques ont été trop importants, notamment sur les prises de balle, les transmissions, sur les choix et les possibilités des actions offensives qui n’ont pas été réalisées. Ces déchets redonnent des minutions à l’adversaire, comme l’Afrique du Sud qui est plus qu’un trouble-fête. Chaque ballon perdu entraine un retour d’une phase offensive. Le premier ressenti de mes joueurs, est de dire que : «on n’a jamais autant couru dans un match».  Ce qui parait incroyable. Parce qu’ils ont connu, une pression et une débauche d’énergie de la part de l’équipe sud-africaine, qu’ils n’ont jamais connu. L’équipe sud-africaine a montré un certain dynamisme, agrémenté d’une bonne qualité technique. Cette équipe là, est méconnue, mais les observateurs sont d’accord que c’est l’équipe qui donne la meilleure impression depuis le début de la compétition. Paradoxe du football, elle n’a enregistré qu’un point. En revanche, s’il y avait une note technique comme dans le patinage, ils auraient  la meilleure note en ce début de tournoi.
Comment analysez-vous ces deux matches. Surtout la deuxième mi-temps, contre le Ghana qui a été très bien maitrisée contre les 90 minutes face à l’Afrique du Sud où l’équipe a manqué de rythme. 
La différence, c’est ce qu’on constate. Elle ne se prévoit pas. Nous avons tout mis en œuvre pour être dans la dynamique de la seconde mi-temps face au Ghana. Sauf que les conditions ne sont pas les mêmes. La différence, c’est au niveau de l’adversaire qui modifie ce que vous voulez imprimer. Si vous avez un adversaire aussi coriace que l’Afrique du Sud, en plus vous avez des manquements sur le plan technique, forcément,  le match ne pourra pas être celui que l’on souhaite. Ça s’est démontré au cours de la rencontre.
Etes-vous d’avis comme certains observateurs que Sadio Mané n’aurait pas dû démarrer le match à plus forte raison jouer toute la rencontre ? 
Nous avons travaillé avec Sadio, qui est un joueur explosif, un joueur de percussion, d’élimination. Ce sont des atouts qu’on se doit d’utiliser. Après, ce n’est pas un problème de longueur. On n’utilise pas Sadio Mané en se disant : «il va nous tenir une heure». On l’utilise parce qu’il a des gestes, des actions, que lui seul est capable de faire. C’est ce que nous cherchions en le titularisant face à l’Afrique du Sud. Malheureusement, il n’a pas pu mettre toutes ses qualités susmentionnées en exergue. C’est regrettable ! Mais, ce n’est pas une mauvaise intention de sa part, ce n’est pas non plus un manque de volonté. C’est peut-être qu’il avait besoin de se relancer. Mais, il ne faut pas non plus oublier que c’est un joueur qui est très attendu. Et s’il n’est pas percutant, dribblant, avançant, on dit que ce n’est pas du Sadio.

 

Abdoulaye THIAM

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