Alger redécouvre le monde multipolaire

algerLes voyages de A. Messahel, ministre des Affaires maghrébines, africaines et arabes, à Damas, et A. Sellal, Premier-ministre, à Moscou, surprennent comme une rupture.

Ces deux voyages sont la première prise de position claire et sans ambiguïté, dans les conflits majeurs qui détermineront, à court terme, les chances de survie des Etats nationaux, Chine et Russie comprises. Regardez déjà vers le Brésil, le nouveau modèle de « Printemps arabe» ou de « Révolution de couleur ».
Que dire alors des chances de l’Etat algérien obstinément enfermé dans un tête à tête exclusif jusqu’à présent avec le couple franco-US ?
Il s’agit d’une rupture dans une relation de faux-fuyants qui évitait de s’opposer frontalement à l’Arabie Saoudite et au Qatar dans leur prétention au rôle de leader du monde Arabe.
Politique de faux-fuyants malgré les menaces de l’ancien Premier-ministre et ministre des A.E qatari, Jassem Ben Hamed, et malgré la conduite agressive de l’Arabie et son aversion publique pour l’Etat national algérien moderne. Et pour tout Etat arabe moderne, comme le prouve la guerre de destruction du Yémen, unissant les pays arabes les plus riches contre le plus pauvre.

Ces deux voyages pèsent peu, dans leur singularité, avec le ballet algéro-parisien de Fabius et ses « fuites-révélations » ou les déclarations invasives sur nos choix gaziers et pétroliers, d’Ernest Moniz, ministre américain de l’Energie, en 2014.
Incontestablement, le choix était de négocier avec le monde occidental, comme si les groupes qui se partagent le pouvoir ne comprenaient pas que cette coalition ne cherchait pas à contrôler les Etats-nations mais à les détruire, après les avoir affaiblis par leurs « conseils ».
Ni la Syrie, ni la Russie, n’apparaissaient à l’horizon.
Ces voyages damascène et moscovite, en prennent une valeur redoublée.
D’autant que la Russie apparaît de façon constante comme le risque numéro un pour les USA.
Seule une impérieuse nécessité pouvait amener ce rééquilibrage.
Une situation de « Couteau arrivé à l’os » comme disaient nos ancêtres pour appeler à sortir des compromis.
Les signes d’alerte ont dû être nombreux et hautement perceptibles.
Vous les connaissez en détails: multiplication des entrées d’armes et d’effectifs terroristes en Tunisie et en Algérie, les «messages », l’attaque de Bengerdane, le bilan catastrophique de la relation spéciale avec la France officielle et néocoloniale, les menaces saoudiennes de destruction de tout pays arabe rebelle à son obéissance, la compréhension élargie que le centre du capitalisme ne veut plus du tout d’Etat-nation, ni en Algérie ni en Europe ou ailleurs, l’évidence de la guerre de 4ème et 5ème génération pour toute la région MENA.
Tout cela confirmé par Nicola de Santis, directeur des affaires politiques de l’OTAN, ce mois d’avril à Rabat : « Si les pays arabes ne résolvent pas efficacement et sérieusement leurs nombreux échecs socio-économiques, ils éclateront et sombreront sous les coups de nouvelles révoltes populaires ».
Faites ce que nous vous suggérons, sinon…
Les forces qui ont décidé de redécouvrir le monde multipolaire naissant refusent-elles sérieusement de se faire surprendre dans leur lit, comme le formule si bien un ami, et d’affronter enfin l’ennemi évident de notre pays et de notre Etat ?
Sont-elles dans leur logique habituelle et puérile du dribble ?
Et cette question nous exonère-t-elle de savoir ce que nous avons à faire pour défendre l’Etat et le pays libéré par nos pères, quelles que soient la réponse et la conjoncture ?
Mohamed Bouhamidi

http: //www.impact24.info

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Revue de Presse Ahmed Aidara du 22 Mai 2019

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