Ambassadeur du Sénégal en Italie, le poste toujours vacant depuis 6 mois Sur instruction d’Alioune Badara Cissé, Cheikh Sadibou Fall avait quitté fin juin

«Ils ont même refusé de me payer mes frais de déménagement…» «Je ne saurais dire si la notification de la fin de ma mission a été cautionnée par Macky Sall»

Désormais, ancien ambassadeur du Sénégal en Italie, Cheikh Sadibou Fall n’a pas attendu longtemps, une fois la notification de la fin de sa mission signifiée pour revenir au bercail. Aujourd’hui, 6 mois, jour pour jour, le poste est toujours resté vacant, seul, le ministre conseiller fait office de chargé des affaires. Il regrette, toute de même qu’on refuse de lui payer ses frais de déménagement, sous prétexte que le Président Wade l’avait déjà fait. «Je ne saurais dire si la notification de la fin de ma mission par Abc a été cautionnée par Macky Sall», confie-t-il.

sadibou fall

Depuis quand êtes-vous rentré au Sénégal ?
J’ai quitté l’Italie vers le 5 juillet. La fin de ma mission m’a été notifiée verbalement et je n’ai pas voulu attendre que cela se fasse par écrit. Personnellement, je ne voulais attendre qu’on me jette dehors. La note m’a été signifiée par l’ancien ministre des Affaires Etrangères mais, je ne saurais dire si c’est cautionné par Macky Sall ou pas.
C’était sous le magistère d’Alioune Badara Cissé ?
Oui. Mais je n’ose pas imaginer qu’il ait agit, sans la caution du Président de la République. Aussi, ai-je pris les devants. Je dois aussi vous avouer que j’ai été rappelé 5 à 4 mois avant, parce que le président Wade avait vraiment manifesté le désir de me rappeler à ses cotés, soit dans le gouvernement soit dans son cabinet. Mais, on a dit à l’approche des élections que Cheikh Sadibou Fall avait bonne presse en Italie. J’ai eu à gérer les élections, sans que l’opposition et le parti au pouvoir n’en pâtisse. Tout s’est déroule normalement. En tant que soldat du pays, quand on me demande de rester, je reste pour servir mon pays.
Qu’est-ce qui vous a dérangé ?
Vous savez, j’ai fait plusieurs années en Italie. Sept ans ne sont pas un jour. De toute façon, ce sont des décisions groupées prises par les nouvelles autorités vis-à-vis des consuls et ambassades. Et, il faut dire qu’ils ont choisi ceux qui étaient plus proches de Wade. Ce qui me fait mal, c’est le fait qu’ils aient refusé de me payer mes frais de déménagement, sous prétexte que le Président Wade l’avait déjà fait. Je ne voudrais pas surtout insister sur ce volet, parce qu’en matière d’argent, il faut y aller avec beaucoup de prudence, pour ne pas être caricaturé. L’essentiel est que je suis revenu, avec mes propres moyens, en compagnie de toute ma famille.
Alors qui vous remplace ?
Le ministre conseiller Asokba, un jeune récent sortant de l’Enam très dynamique. Mais un poste d’ambassadeur est un poste stratégique qui nécessite de l’expérience. La loi stipule que si l’ambassadeur est rappelé, c’est son collaborateur le plus proche qui fait office de chargé des affaires. En tout cas, il faut dire que l’Italie est un pays qui abrite plusieurs de nos compatriotes et ce n’est pas un poste à négliger.
Qu’est-ce qui explique donc la vacance de ce poste ?
Du point de vue politique et économique, l’Italie est un poste clé. C’est un pays qui assiste le Sénégal dans plusieurs domaines à travers des coopérations. C’est d’ailleurs, en ce sens que les autorités italiennes et les compatriotes ont beaucoup salué notre travail, toute la durée de ma mission. Nous travaillons sans parti pris. Je considère tout le monde comme étant de la même famille, loin du terroir. Toutefois, la nomination d’un ambassadeur relève du domaine secret du Président de la république. En tout cas, pour avoir une accréditation en Italie, ce n’est pas facile. Peut-être, il y a quelqu’un dans le viseur du Président qui ne va pas tarder à me succéder. Il y a près de 47 000 sénégalais dont la moitié ne dispose pas de carte de séjour. D’autres ont perdu leur titre, à cause de condamnations ou autres. La majorité donc vit dans la clandestinité. Il faut que le ministère des sénégalais de extérieur ne soit pas une coquille vide. Ce Ministère doit être renforcé avec des moyens conséquents pour bien mener sa mission.
Un avis sur la démission de Souleymane Ndéné Ndiaye…
Le rôle de député est très difficile. Le niveau est faible, excepté quelques têtes. Je pense qu’il faut un minimum de respect pour notre institution qu’est l’assemblée nationale. Quelqu’un comme Souleymane Ndénné qui a une expérience avérée en politique pouvait apporter un plus. Démissionner, c’est son choix et on ne peut que le respecter.
L’avenir politique de Cheikh Sadibou Fall ?
Je pense faire partie des rares personnes qui avaient prédit la défaite de Wade à la dernière présidentielle. L’arrogance dont faisaient preuve nos militants et le tiraillement entre membres du parti en disaient gros. Et c’est la raison pour laquelle, j’avais écrit une lettre au maire de Dakar de l’époque lui signifiant de changer de stratégie de communication au niveau du parti, sinon on ira directement dans le gouffre et c’est le cas aujourd’hui. Je me suis un peu démarqué de mon parti. J’observe et je ne participe pas à ses activités, parce qu’il n’y a pas de démocratie interne. Un parti qui est resté 12 ans sans congrès, avec une seule constance Wade, après lui, n’est rien.
Quid des biens mal acquis ?
Il faut que l’argent du contribuable lui revienne. Autrement dit, s’il existe des gens qui ont pris illicitement ces fonds, ils n’ont qu’à les ramener. Le but des audits semble rimer avec la décapitation du Pds, le parti qui a la même durée de vie que le Ps. Il existe des moyens d’aller chercher cet argent mais, qu’on sorte le pays de ce nuage qui n’a que des fins politiques, parce qu’on doit aller à des élections et que le Pds est encore vivant. C’est de bonne guerre, nous n’allons pas nous laisser égorger facilement.

 

 

Sékou Dianko DIATTA
REWMI QUOTIDIEN

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