ANALYSE: Randonnée de OBAMA : L'Afrique ne doit pas perdre sa dignité.

MACKY aux etats unisLe ” doxonetu ” ( randonnée ) du président des Etats- unis d’Amérique Barack Obama en Tanzanie, en Afrique du sud et au Sénégal aura coûté la bagatelle de 50 milliards de francs cfa au contribuable américain. Cette ” croisière” aura nécessité le déplacement de 600 personnes, plus de 50 véhicules ( dont 14 limousines ), la présence d’avions et de navires militaires, le déploiement de dizaines d’agents de renseignements et de sécurité. Comme si  Ossama Ben Laden et  le ” Ché ” étaient au détours du chemin.
Dans son agenda, Barack Obama va visiter l’île de Gorée classée patrimoine historique mondial, d’où furent transportés de force il y a de cela quelques siècles des milliers d’africains vers les Amériques. Du fait d’un certain zèle de forces de sécurité sénégalaise et américaine, cette visite à Gorée risque d’avoir des remous. Avec des insulaires ayant déjà annoncé la couleur. Ils refusent d’être embastillés dans leurs propres maisons, comme cela a été le cas, lorsque Georges Bush passait aussi par là et qu’on évoquait aussi des raisons de sécurité.
Du fait d’une ardoise coûteuse, le safari prévu en Tanzanie est déprogrammé.

Barack Obama va se contenter d’une promenade à Robben Island, l’île où fut emprisonné  Madiba (Nelson Mandela ) au lieu d’aller au chevet de ce dernier à l’hôpital.
L’interrogation la mieux partagée est quelles peuvent être alors les retombées positives et profitables aux populations des pays visités du passage de Obama en Afrique confrontée à la faim, à la maladie, aux conflits internes et demeurée toujours aux antipodes des urgences du bureau ovale. Si l’on s’intéresse aujourd’hui à l’Afrique, ne serait- ce ainsi dû qu’à des intérêts géostratégiques et économiques.  Mais aussi l’Afrique affiche une position de plaque tournante et de point focal du potentiel minéralier et énergétique, du narcotrafic et du terrorisme international.

Les africains avertis ne se sont jamais fait d’illusion sur les  capacités managériales de Barack Obama pour gérer les intérêts de l’Afrique. Pour lui et c’est un exemple, les intérêts d’Israel priment d’abord sur ceux du Sénégal ou de la Côte- d’Ivoire.
S’il s’agit des questions de démocratie ou de Bonne gouvernance, le Sénégal de Senghor, de Abdou Diouf, de Abdoulaye Wade et de Macky Sall n’a pas de leçons ou d’indications à recevoir des Yankees.
Cette visite du président Barack Obama ressemble plus à une randonnée et à du folklore. La preuve est quelle est la place accordée par son agenda aux développeurs africains, aux financiers et hommes d’affaires africains, aux porteurs de projets, au patronat et capitaines d’industries. Ne risque- t-on pas ainsi de faire trop de bruit et tapage pour rien.

Pour une Amérique qui fait primer ses intérêts, qui a déjà choisi son camp et ses partenaires traditionnels et qui continuera de vouloir jouer les gendarmes du monde. L’Afrique ne doit pas ainsi marchander sa dignité. Pour un Establishment qui vient bousculer notre quiétude et notre stabilité et qui installe davantage la césure entre nos Etats et les populations locales déjà frustrées du cantonnement dont elles sont l’objet.

Mohamed El Amin THIOUNE

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