ASSEMBLEE NATIONALE-BRAS DE FER APR/REWMI Idy perd et gagne !

Idrissa Seck/Macky Sall ou Divorce Rewmi/Bennoo Bokk Yaakaar voire Rewmi/Apr
Idrissa Seck/Macky Sall ou Divorce Rewmi/Bennoo Bokk Yaakaar voire Rewmi/Apr
Idrissa Seck/Macky Sall ou Divorce Rewmi/Bennoo Bokk Yaakaar voire Rewmi/Apr

Programmé pour ce début du mois d’octobre, le renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale pourrait déboucher sur une véritable redistribution des cartes au sein de l’hémicycle, en raison du divorce Rewmi/Bennoo Bokk Yaakaar voire Rewmi/Apr.

Dans ce schéma, Idy et son parti ne seraient nécessairement pas perdants, relèvent des voix autorisées, même si un probable « règlement de comptes » extirpait du bureau de l’Assemblée nationale ses principaux représentants, à savoir Thierno Bocoum et Ndèye Magatte Dièye, respectivement président de la Commission comptabilité et secrétaire élue.

Fort d’une dizaine de députés dans cette douzième législature, le maire de Thiès pourrait reconfigurer l’hémicycle en créant tout simplement…son propre groupe parlementaire. Histoire de se donner les moyens de jouer à fond son nouveau rôle d’opposant au régime de Macky, voire de redynamiser la vie de l’institution parlementaire. Comme Djibo Kâ avec son troisième pôle parlementaire, en 1998, à côté de la majorité socialiste et du groupe parlementaire de l’opposition sous label Pds et…Me Wade !

L’ouverture de la seconde année parlementaire, programmée dans la première quinzaine de ce mois d’octobre, risque en tout cas de ne pas être uniquement le temps de l’abrogation ou non de la Loi Sada Ndiaye ou tout simplement de la reconduction du président de l’Assemblée nationale pour un autre bail… d’une année. Pour cause, le divorce de Rewmi d’Idrissa Seck d’avec l’Apr de Macky Sall, par Bennoo Bokk Yaakaar interposée, peut déboucher sur une reconfiguration du jeu parlementaire si les acteurs vont jusqu’au bout de leur logique politique.

Alliés d’entre les deux tours de la présidentielle et au sein de la majorité présidentielle, pendant quelque dix-huit (18) mois, le parti du maire  de Thiès et celui du président de la République sont aujourd’hui à couteaux tirés et se sont engagés dans une sorte de bras de fer qui se fixe pour ligne de mire…la présidentielle de 2017. Cette opposition ouverte qui a généré une fissure, pour ne pas dire une fracture, de la coalition présidentielle (Bby) est en passe aujourd’hui de remuer l’hémicycle, avec le démarrage de la seconde année d’exercice parlementaire pour la douzième législature.

Selon des sources proches des instances de l’Alliance pour la République (Apr-parti présidentiel), le feuilleton Macky-Idy va en effet se poursuivre au sein de l’Hémicycle et coïncider avec la défenestration des députés de Rewmi membres du bureau de l’Assemblée nationale. Ce règlement de comptes, voire cette punition, viserait particulièrement Thierno Bocoum, président de la Commission comptabilité et contrôle de l’Assemblée nationale, membre de la conférence des présidents, et Ndèye Magatte Dièye, secrétaire élue du bureau de l’Assemblée nationale.

Quant à Oumar Sarr, le chef de file des parlementaires du parti d’Idy, auteur par surcroît de la proposition de loi portant retour du quinquennat au perchoir, il serait encore bloqué dans sa prétention d’accéder au Parlement de la Cedeao.

Cette « sanction » qui menace Rewmi pourrait toutefois être largement bénéfique au maire de Thiès s’il épouse jusqu’au bout sa logique de nouvel opposant au régime de Macky. Fort d’une dizaine de députés, relèvent certains observateurs de la scène politique, Idy pourrait tout simplement créer son propre groupe parlementaire au sein de l’hémicycle et faire passer en pertes et profits toutes les dispositions de répression de  la majorité parlementaire. De 119 représentants, celle-ci se retrouverait élaguée de 10 « branches », promptes à porter la parole et la voix certainement discordantes d’Idy au sein de l’hémicycle.
 Un pôle parlementaire en gestation

 La constitution de son propre pôle attribuerait au président de Rewmi toutes les prérogatives que la charte de l’Assemblée nationale affecte à un groupe parlementaire. En somme, Idy pourrait « élire » son propre bureau à la tête duquel il « placerait » un président qui, lui-même, serait membre du Bureau de l’Assemblée et de la Conférence des Présidents avec tous les prérogatives et avantages attachés à ces fonctions.

Qui plus est, le pôle d’Idy bénéficierait automatiquement de la présidence d’une Commission parmi les onze (11) de l’Assemblée et d’un poste de secrétaire élue, comme tout groupe parlementaire. De là à penser que Rewmi n’a rien à perdre dans un bras de fer avec l’Apr à l’Assemblée nationale, il n’y a qu’un pas qu’on pourrait allègrement franchir.

Dans ce schéma, on prête d’ailleurs au second Premier ministre de Wade d’être en contact avancé avec le député maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, qui aurait donné un accord de principe pour la création d’un groupe parlementaire. Avec les deux députés de l’Union des centristes du Sénégal (Ucs), Abdoulaye Baldé et Khadidiatou Diédhiou (ex-Bokk Guiss Guiss), le groupe de Idy pourrait s’élargir à 12 députés.

En attendant de puiser dans le vivier des députés non-inscrits (Faxas de Khadim Thioune (1), Pvd de Modou Kara (2), Alassane Ndoye (1), Diop Sy (1), Me El Hadj Diouf, Mamadou Diop Decroix et son Aj et Djibo Kâ de l’Urd). Le grenier de l’ancien président du défunt Sénat, Pape Diop, qui ne demanderait, selon certaines sources, qu’à contracter avec Idy serait également largement ouvert pour le maire de Thiès.

 ET SI IDY CLONAIT DJIBO !

 En créant son propre groupe, Idy écrirait une autre page de l’histoire parlementaire au Sénégal. Dans la vie de l’Assemblée nationale, les législatures qui ont connu plus de deux groupes parlementaires se comptent en effet sur les doigts de la main. Seul Djibo Kâ, l’actuel leader de l’Union pour le Renouveau démocratique (Urd), a réussi cette prouesse. La neuvième législature, forte de douze partis politiques, comptait ainsi 3 groupes parlementaires répartis entre le Parti socialiste au pouvoir, le Pds de Me Wade (éternel adversaire des Verts), et l’Urd de Djibo Kâ (dissident du Ps).

En août 1998, le Parlement sénégalais recensait 46 députés opposés à la politique menée par les socialistes d’Abdou Diouf. Les différents partis s’étaient en effet entendus rapidement entre eux pour former des groupes parlementaires.

Le PDS avait créé l’Alliance des forces de changement pour l’alternance (Afca) en compagnie d’And Jëf, du Cdp et du Pit, alors que l’Union pour le renouveau démocratique (Urd) mettait en place un Bloc républicain pour le changement (Brc) avec la Ld/Mpt, le Bcg et le Rnd.

La formation de plusieurs groupes parlementaires avait eu pour conséquence d’insérer dans le nouveau bureau de l’Assemblée alors dirigée par Cheikh Khadre Cissokho, confirmé dans ses fonctions au perchoir, non seulement Aminata Tall (Pds), mais aussi Landing Savané (And Jëf).

L’opposition avait dès lors joué un rôle plus conséquent qu’autrefois dans le jeu parlementaire et l’hémicycle s’était transformé en un véritable lieu d’affrontement politique, à l’instar des grandes démocraties occidentales. Idy va-t-il réécrire cette autre page de la vie des institutions au Sénégal ? Réponse dans quelques jours !

Moctar DIENG Sudonline

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