ASSISES Trafic international de chanvre indien : Le convoyeur malien acquitté

DrogueLe Malien Yaya Diawara, en détention provisoire depuis 6 ans pour trafic international de drogue, a recouvré la liberté hier. Il a été acquitté par la Cour d’assises grâce à l’absence de preuves attestant son implication dans cette affaire.

Après 6 ans passés en prison, Yaya Diawara est enfin libre comme l’air. Il a été blanchi par la Cour d’assises qui l’a acquitté hier du délit de trafic international de chanvre indien pour lequel il comparaissait. Le ressortissant malien avait gardé la prison durant 6 ans pour des faits qui lui sont totalement étrangers. Depuis l’enquête primaire jusqu’à la barre, le sieur Diawara a toujours clamé son innocence en s’inscrivant en faux contre les accusations portées à son encontre. 

En provenance du Mali le 3 février 2009, ce convoyeur de marchandises, explique qu’à quelques encablures de la gare ferroviaire, le wagon a été détaché. Las d’attendre que le train soit remis en ordre de marche, il a décidé de rejoindre son appartement à Bel Air à pied. Entre temps, il a reçu un coup de fil d’un nommé Barry qui lui a dit qu’il était venu chercher du ciment.

Mais, il n’en avait pas trouvé sur place. Après cette conversation, il a suggéré à Barry, pour ne pas retourner au Mali les mains vides, d’aller chercher les camions au garage malien pour les amener à Kaolack afin de transporter du sel. Disposant d’un colis destiné à une dame du nom de Aïssatou Diawara, il s’est rendu chez elle pour lui remettre deux canaris. 

Après ce rendez-vous, il saute dans le premier Ndiaga Ndiaye à destination du garage malien situé sur la route de Rufisque. Avant d’être interpellé juste après par 6 flics qui l’ont conduit au poste de police de Rufisque. Ulcéré, il raconte son audition à la Police : «Ce jour-là, le commissaire m’a fait savoir que rien n’a été trouvé sur moi, ni dans mon sac. Cependant, il m’a fait savoir qu’un sac contenant 10 kg de chanvre a été trouvé à 10 mètres de mon lieu d’interpellation. Alors que je n’en suis pas le propriétaire.»

Dans sa défense, il dégage toute responsabilité et crie au complot. «Je suis descendu seul du train. J’ai été interpellé sur la route et non sur les lieux où le sac incriminé a été trouvé. C’est trois jours après ma garde à vue qu’on m’a parlé de ce sac contenant du chanvre. Je n’ai jamais pratiqué cette chose là (Sic), je ne fume pas je ne trafique pas», a-t-il martelé à la barre.

Cette affaire a laissé aussi le Parquet général perplexe. «On a l’impression d’être dans un dossier de flagrance. Ce qui est constant, c’est que le sac contenant du chanvre indien a été découvert à dix mètres de son lieu d’interpellation. Mais est ce que cela suffit pour attribuer la paternité à l’accusé», s’est demandé l’Avocat général. En tout cas, il pense que le sac «pourrait être laissé sur les lieux par une autre personne ou par le mis en cause». «Seulement la preuve de la détention du sac contenant du chanvre indien n’a pas été rapportée», dit-il.

L’Avocat général qui pense «qu’il pouvait aller d’un sens comme de l’autre» s’est réservé de requérir une peine. Par conséquent, il s’est rapporté à la sagesse de la Cour. Confortée par la légèreté du dossier, la défense a plaidé l’acquittement. Selon Me Bamar, il «n’y a pas de preuves que la drogue appartient à Yaya Diawara ou qu’elle provient du train qu’il avait pris».

L’avocat qui doute «même de l’existence de cette drogue à cause de l’absence des scellés a réitéré sa demande» en soulignant «que la dame à qui son client a remis le colis devait être entendue». Ce ne serait pas nécessaire : La Cour l’a acquitté purement et simplement. 

 Justin GOMIS

justin@lequotidien.sn

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