ASSISES Trafic international de drogue, contrebande : Trois Nigérians condamnés à 10 ans de travaux forcés

Tribunal Cour d’assises Palais de justice de DakarUne faute avouée est à moitié pardonnée, dit l’adage. La Cour d’assises ne l’a pas vu sous cet angle. Malgré les aveux des accusés, elle les a condamnés à 10 ans de travaux forcés. Ils comparaissaient pour trafic international de drogue et contrebande.

Ils ont la même nationalité et exercent les mêmes activités délictuelles. Et ils viennent de récolter la même peine de prison : 10 ans de travaux forcés. Les nommés Fred Obina Anyaoha, Lewis Charp Ogunzie Okoli et Augustine Aug­bufor comparaissaient hier séparément devant la Cour d’assises. 

Arrêtés dans les mêmes conditions, ces ressortissants nigérians établis en Europe ont brandi la même justification de leurs actes délictuels en essayant de prendre la Cour par les sentiments. Toute­fois, ils n’emporteront pas la conviction du juge qui les a tous sanctionnés pour les mêmes faits. Ils paieront respectivement 174 millions, 112 millions et 85 mil­lions de F Cfa d’amendes. 

Les éléments de l’Office central de répression du trafic international des stupéfiants (Ocrtis), positionnés à la zone d’arrivée de l’Aéroport de Dakar, avaient invité, le 27 août 2009, le sieur Fred Obina, qui venait de débarquer du vol de la compagnie Turkish Airlines en provenance de Sao Paolo, à faire le test urinaire de cocaïne.

Les soupçons portés sur cet homme vont payer : Car le test s’est révélé positif. Après un lavage intestinal dans les locaux de la police, il a expulsé 30 boulettes de cocaïne et le reste après un séjour à l’hôpital Principal. Au total, l’accusé avait ingurgité 73 boulettes faisant un poids de 1,160 kg. Soumis à un interrogatoire, il passa aux aveux en expliquant avoir ingurgité cette drogue depuis le Brésil.

Il avait à charge de la transporter à Dakar où un certain Roland l’attendait pour réceptionner la marchandise moyennant la somme de 3000 dollars (1,5 million F Cfa). Devant la barre, il a réitéré ses aveux en révélant cette fois qu’il avait laissé sa mère restée au bercail qui était malade. N’ayant pas des moyens de la soigner, son ami, Paul, lui a proposé ce deal pour la somme sus mentionnée. 

Etant dans le besoin, il n’a pas craché sur une telle offre. Trois mois auparavant précisément le 31 mai de la même année, c’était Lewis Charp Ogunzie Okoli qui était arrêté dans des circonstances similaires au niveau de la zone de départ vers les coups de 1 heure du matin. Après avoir ciblé les passagers du vol Tap 210 Y en partance pour l’Espagne via le Portugal, les agents de la douane, ont soumis à certains passagers un test urinaire afin de détecter des traces de cocaïne.

Le test effectué sur la personne de Lewis avait donné un résultat positif. Interpellé, il a avoué avoir ingurgité une cinquantaine de boulettes qu’il devait acheminer à Séville. L’administration d’un laxatif a permis de lui faire expulser ces boulettes d’un poids total de 750 grammes pour une valeur de 37, 5 millions de francs. Il a été aussi trouvé par devers lui la somme de 3105 euros (plus de 2 millions F Cfa).

Aveux
Devant les enquêteurs tout comme à la barre, l’accusé a reconnu les faits. Il disait être venu au Sénégal sur instruction d’un homme noir vivant en Hollande. Il a été mis en rapport avec ce dernier par un ami du nom de Nawfor. Cet homme lui avait proposé de venir prendre la drogue à Dakar pour l’acheminer en Espagne. Une fois dans la capitale sénégalaise, il a loué les services d’un taximan qui l’a conduit à son hôtel où il est entré en contact avec la personne qui lui a remis la drogue.

Il devait entrer en possession de son paiement une fois la marchandise acheminée à bon port. Il dit avoir accepté de faire ce sale boulot pour subvenir aux besoins de sa famille. Ayant perdu son emploi, alors que sa femme était enceinte, il voulait leur trouver de quoi subsister avant de partir en Hollande pour chercher du travail. 

Arrêté dans les mêmes conditions, Augustine Egbufor justifiait son acte par la maladie de son père resté au bercail. Ce maçon dit avoir perdu son travail en 2008 après la crise économique qui a frappé l’Espagne. A l’en croire, le peu d’argent qu’il avait réservé, il l’envoyait à son frère pour le traitement de leur père. Mais ce dernier qui est un disciple de Bacchus le prenait pour se saouler. Ce qui a aggravé la maladie de son père qui devait subir une opération.

C’est ainsi que Emeka lui a proposé le transport de la drogue moyennant la somme de 500 000 nairas, nécessaires pour l’opération de son père. Le Parquet général a requis 10 ans de travaux forcés pour chacun d’eux. Quant aux différents avocats de la défense, ils ont tous plaidé coupables en sollicitant la clémence de la Cour. 

justin@lequotidien.sn

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