ATHLETISME – Amadou Diao, sur la naturalisation du spécialiste du 400 m haies : «Pourquoi Kassé Hanne ne peut pour l’instant courir pour la France»

Amadou Diao : «Pourquoi Kassé Hanne ne peut pour l’instant courir pour la France»
Amadou Diao : «Pourquoi Kassé Hanne ne peut pour l’instant courir pour la France»
Amadou Diao : «Pourquoi Kassé Hanne ne peut pour l’instant courir pour la France»

Meilleure chance d’offrir au Sénégal une médaille lors des prochains Jeux Olympiques «Brésil 2016», Mamadou Kassé Hanne a finalement opté pour la nationalité française. Un choix du spécialiste sénégalais du 400 mètres haies que l’instance fédérale a du mal à digérer.

A en croire Amadou Diao, ancien Dtn,  la Fédération sénégalaise d’athlétisme a commis un juriste pour suivre ce dossier. Car, selon lui, Kassé Hanne ne peut pour l’instant courir sous les couleurs françaises.

La décision de l’athlète sénégalais, Mamadou Kassé Hanne, spécialiste du 400 mètres haies, de courir désormais sous les couleurs françaises a du mal à être digérée par les membres de la Fédération sénégalaise d’athlétisme.

Joint hier, Amadou Diao, membre de l’instance fédérale, informe que «des dispositions ont été prises pour que le règlement soit appliqué à l’athlète. Nous avons pris un avocat qui va s’occuper du dossier afin de ne pas être surpris».

Un règlement qui stipule qu’il faut trois ans à un athlète qui change de nationalité pour qu’il puisse courir sur ses nouvelles couleurs. Au-delà, il faut que l’athlète réside au moins durant ces trois années dans le pays où il souhaite être naturalisé. Ce qui, selon l’ancien Dtn, serait loin d’être le cas pour Mamadou Kassé Hanne, récemment naturalisé et qui bénéficie d’une bourse olympique sénégalaise.

Ni l’athlète ni la Fédé française n’ont contacté les dirigeants sénégalais
«A partir de là, il faut une bonne interprétation du règlement. Ce qui est le travail de spécialistes», souligne le responsable du Kid’s à la Fédération. Et si cette disposition lui est appliquée, l’une des meilleures chances de médaille pour le Sénégal aux prochain Jo de Rio 2016, ne devrait retrouver les pistes qu’en 2017. Un véritable gâchis !

Précisant que les dirigeants sénégalais n’aient pas encore été saisis officiellement par l’athlète, encore moins par la Fédération française, le fédéral estime que «Kassé Hanne ne peut pas pour l’instant, courir pour la France». «On a simplement remarqué qu’il avait retourné la bourse olympique qu’on lui avait envoyée», souligne-t-il.

«Le départ de Kassé Hanne nous fait très mal»
Aujourd’hui, la déception est grande au niveau de l’instance fédérale. «C’est un athlète qui peut valoir quelque chose au Sénégal», se désole le technicien sénégalais qui souligne que «sur le plan personnel, on ne peut pas fustiger le choix car cela peut être bénéfique pour sa famille à la fin de sa carrière».

Cependant, l’ancien Dtn précise que seuls les moyens ne suffisent pour gagner une médaille. «L’argent ne donne pas de médaille. Il faut surtout une certaine stabilité. Sinon, l’Allemagne, les Etats-Unis, qui mettent énormément de moyens, gagneraient à chaque fois. C’est tout un processus, un plan de carrière», confie-t-il. Avant d’ajouter : «Il n’y a pas de génération spontanée en athlétisme. Il faut au moins 12 ans avant d’espérer atteindre le haut niveau.»

Comment éviter d’autres Kassé Hanne ?
Pour éviter d’autres départs vers l’Occident après les Ibrahima Wade ou encore Cheikh Touré, l’ancien Dtn se veut clair : «Il n’y a pas de recette miracle. Celui qui aura l’envie ou la possibilité de quitter le pays pour aller vers d’autres destinations le fera.» Avant de poursuivre : «C’est une question de valeur, de culture ou encore d’éducation.»

Au-delà de cet aspect, le fédéral déplore également le rôle des managers des athlètes. «Ces derniers jouent également un certain rôle dans les choix de l’athlète. Il arrive qu’un manager demande à son athlète de ne pas participer à telle compétition pour telles raisons, alors que la fédération n’est même pas informée», se désole-t-il.

Seule alternative, le retour à l’orthodoxie, mais également et surtout la mise à disposition d’infrastructures à la famille sportive. Sur le premier point, le fédéral recommande le retour de l’Uassu avec des compétitions au niveau des écoles primaires, secondaires ou encore universitaires, la semaine nationale de la jeunesse… «Par le passé, quand on parlait de Semaine nationale de la jeunesse, les jeunes avaient le temps de se préparer. Aujourd’hui, on attend 15 jours avant de connaître la date de sa tenue», regrette-t-il.

  • Écrit par  Woury DIALLO

wdiallo@lequotidien.sn

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