Attaque de Bassam: Deux militaires ivoiriens condamnés à dix ans de prison ferme

CILe tribunal militaire a condamné jeudi soir à dix ans de prison ferme les sous-officiers Zoumana Sanga Coulibaly et Brice Touré, deux sergents de l’armée ivoirienne, accusés d’avoir eu des liens avec Mohamed Hamza dit « Jamal », un présumé terroriste, soupçonné d’être impliqué dans l’attaque djihadiste survenue le 13 mars 2016 sur une plage de Grand-Bassam, cité balnéaire à 43 Km à l’Est d’Abidjan.

Selon le juge, ces deux militaires sont « coupables des délits d’association de malfaiteurs » ayant participé aux crimes « qu’ils étaient chargés de rechercher ».

M. Ange Kessy, commissaire du gouvernement, a requis « dix ans de prison ferme plus 200.000 FCFA d’amendes pour chacun » des deux militaires ivoiriens pour avoir « contribué par leur cupidité à un acte criminel ayant a endeuillé » la Côte d’Ivoire.

Interpellés suite à l’assaut mené sur la plage de Bassam, ces deux militaires ivoiriens et le chauffeur du présumé terroriste, un jeune Burkinabè, Barry Hassan surnommé « Ange Barry Battesty » ou « Sam », fils de Moussa Barry, ont comparu devant le juge. Les deux sous-officiers sont notamment poursuivis pour « association de malfaiteurs et violation de consignes », tandis que Sam, lui, est intervenu en qualité de témoin.

Barry Battesty de 24 ans, résidant à Dabou, à l’Ouest d’Abidjan, a dit être le conducteur d’un Malien répondant au nom de Mohamed Hamza dit « Jamal », un homme d’affaires qui recherchait de la « Rivotrine » appelé communément « rivo », une sorte médicament dont la prise en grande quantité donne l’effet de drogue, beaucoup prisée en Algérie.

Barry Hassan dit « Sam », conduisait le Malien « Jamal », le propriétaire d’un véhicule 4×4 de type Land cruiser V8, identifié comme la voiture ayant servi de transport des armes et des terroristes ayant mené l’assaut sur la plage de Bassam.

Depuis le 28 janvier 2016, « je ne conduisais plus le véhicule de Jamal +un homme qui est comme un blanc+. Je ne sais pas s’il s’agit de ce véhicule. Au mois de mars, après l’attaque de Bassam, il m’a appelé pour me saluer et jusqu’aujourd’hui, je n’ai pas de contact avec lui », a déclaré Sam devant le tribunal militaire, à l’État-major des armées.

En tentant d’aller en Europe, le jeune Burkinabè explique avoir rencontré le 2 septembre 2015 Jamal à Aryte, la frontière entre le Niger et l’Algérie, mais il n’avait pas réussi à progresser. Là, il fait la connaissance de M. Hamza qui lui demande d’être son chauffeur et lui promet de lui donner 2 millions de FCFA, le montant nécessaire pour se rendre en Europe, à partir d’Abidjan, mais au bout d’un an de travail. En dépit de ce que ce monsieur menait des activités de vente de drogues, il a accepté d’être son chauffeur.

Arrivé en Côte d’Ivoire, M. Hamza qui recherchait la « rivotrine », une substance servant à « soigner les fous », voulait un carton de ce « médicament », qu’il a demandé aux sergents Coulibaly et Touré de l’aider à trouver, en février 2016, soit un mois avant l’attaque de Bassam. Il recherchait également du mercure pour faire multiplier de faux billets de banques, a révélé ce jeune homme.

Le sergent Zoumana Coulibaly, militaire en poste à San-Pedro (sud-ouest ivoirien), a tenté d’acheter la rivotrine à la pharmacie, mais n’a pas pu l’avoir. Joint de son côté par Barry Battesty, le sergent Touré basé à la garde républicaine à Abidjan, a souhaité prendre de l’argent avec M. Hamza, mais le sous-officier a avoué qu’il avait plutôt l’intention de récupérer le pécule sans acheter cette substance.

La rivotrine, ce n’est pas une drogue, mais un médicament pour soulager les douleurs, a dit Me Gohi Bi, avocat de la défense. Pour lui, on ne pourrait condamner ces deux sous-officiers et ne pas inculper Sam qui a conduit ce présumé djihadiste. Si « aucune vérité n’a éclaté concernant les auteurs alors c’est une procédure prématurée et ne se justifie pas, a-t-il soutenu.

« Nous n’acceptons pas cette décision et ne la partageons pas », a dit Me Gohi Bi, annonçant que la défense se pourvoira en cassation avant le délai de cinq jours.

© OEIL D’AFRIQUE

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