Attentat au Burkina : un lien avec le régime déchu de Compaoré ?

Militaires burkinabés à Ouagadougou, samedi. Photo Ahmed OUOBA. AFP.

Les attentats de vendredi à Ouagadougou posent plusieurs questions troublantes.
Attentat au Burkina : un lien avec le régime déchu de Compaoré ?
Que se passe-t-il à Ougadougou ? Des tirs ont été à nouveau échangés dans la nuit de samedi à dimanche, lorsqu’un groupe d’hommes s’est attaqué, sans succès, aux forces de la sécurité présidentielle. La capitale du Burkina Faso est déjà sous le choc des attaques qui ont frappé, vendredi, l’un des périmètres les plus sécurisés de la ville. Dimanche, le GSIM, nébuleuse créée il y a un an et dirigée notamment par le Malien Iyad Ag Ghali, ex-diplomate touareg reconverti en fou de Dieu, a revendiqué les attentats.

Restent des questions troublantes. A commencer par celle d’éventuelles complicités dont auraient pu bénéficier les terroristes au sein de l’armée. Les assaillants ont pu pénétrer très facilement au sein de l’état-major. Portaient-ils des tenues militaires, comme l’ont affirmé à Libé certains activistes de la société civile ? Lesquels s’interrogent aussi sur la camionnette chargée d’explosifs, dont la détonation a fait trembler le centre-ville. Pourquoi se trouvait-elle sous une salle de l’état-major qui aurait dû accueillir ce matin-là une réunion d’officiers burkinabés dans le cadre du G5 Sahel, la force conjointe des pays de la région et de la France pour lutter contre les jihadistes ? Au dernier moment, la réunion a été déplacée mais la salle initialement prévue a été soufflée par l’explosion. Ces informations n’ont pas fait l’objet de commentaire officiel.

Mais dès vendredi, le Président, plutôt que de s’insurger contre l’extrémisme religieux, désignait en priorité «la quête du pouvoir», «la cupidité» mais aussi «la vengeance» comme motifs des assaillants. Or, nombreux sont les habitants à s’interroger sur les liens entre ces attentats et le régime déchu de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir fin 2014. Avant sa chute, Compaoré était en relation étroite avec des jihadistes. Notamment avec Iyad Ag Ghali. Il y fréquentait le général Gilbert Diendéré, ex-patron de l’armée jugé pour avoir participé à une tentative de coup d’Etat en septembre 2015. Existe-il un lien entre ce procès et les attaques ? Impossible de l’affirmer. Reste que la chute de Compaoré a déstabilisé un maillage de réseaux qui faisaient de l’ex-président un intermédiaire incontournable face aux jihadistes. Jusqu’à la fuite de Compaoré, le Burkina avait été épargné par les attaques terroristes. Depuis, il en a subi plus d’une cinquantaine, qui ont fait plus de 130 morts.

Maria Malagardis

liberation.fr/planete

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