Attentat contre un hebdomadaire parisien : «Je suis Charlie»

Je suis CharlieLa France est en deuil. Tout un pays est consterné, indigné et en colère. Des centaines de rassemblements spontanés se sont organisés dans la journée d’hier, pour protester contre la barbarie qui s’est exprimée avec l’attentat au siège du journal Charlie Hebdo.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans de nombreuses villes françaises, Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux et dans un silence pesant, à la Place de la République à Paris. Chacun tenait à manifester sa solidarité aux victimes et à leurs familles mais surtout pour manifester leur attachement à la liberté de la presse et d’expression que les terroristes avaient tentée de supprimer. Des stylos et des crayons avaient été brandis comme un défi aux terroristes qui ont utilisé des armes de guerre contre des journalistes et dessinateurs de presse.

Les trois mots, «Je suis Charlie» étaient sur toutes les bouches et sur des affiches. François Hollande et toute la classe politique française ont tenu à exprimer leur consternation et leur solidarité. «Avec cette infamie, c’est la République tout entière qui a été agressée», a indiqué le Président Hol­lande dans une allocution solennelle prononcée dans la soirée d’hier. Barack Obama a condamné «une attaque lâche, diabolique, contre la liberté d’expression». 

L’acte perpétré hier est affreux. Il est d’autant plus révoltant qu’il ne semble pas être le fait de loups solitaires. L’attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait douze morts et quatre blessés graves, a été une opération planifiée, minutieusement préparée et exécutée par des tueurs froids.

Les assaillants n’avaient voulu laisser aucune chance à leurs victimes. Ils les ont ciblées et ont manifestement cherché à décapiter ce magazine satirique. Ils n’ont pas agi par hasard, ils ont agi à un jour où ils étaient certains de trouver le maximum de membres de la rédaction du journal et surtout les principaux responsables. Le mercredi est le jour de la conférence de rédaction de Charlie Hebdo pour préparer le menu de l’édition suivante.

Les grands et célèbres plumes et crayons comme Stéphane Charbonnier dit Charb, Cabu, Georges Wolinski, Philipe Honoré, Tignous, Bernard Maris, sont morts, décimés. C’est un acte de guerre contre le rire, contre l’information, contre la liberté d’expression. Pour autant, la France et le monde tiennent à refuser de se résigner. On va continuer à rire, à s’amuser et à s’informer. Ils étaient sans doute nombreux à la Place de la République qui n’avaient jamais acheté Charlie Hebdo mais qui tenaient à être sur place pour dire leur attachement à l’esprit, à l’idée que représente ce journal.

Charlie Hebdo se savait menacé. Les locaux du journal avaient déjà été incendiés et les menaces de mort pleuvaient. Les protections policières étaient assurées. Mais avait-on pris la mesure du risque ? Seulement, peut-on se mettre dans la tête d’imbéciles bornés pour qui la vie humaine vaudrait moins que celle d’une mouche ?

Les Guignols de l’Info, sur la chaîne de télévision Canal+, ne s’y trompent pas. Ils préconisent de mettre des policiers lourdement armés pour veiller sur les rayons crayons de couleur et papeterie dans les grandes surfaces. Tout un symbole. La France est en rage car on emprisonnait Voltaire et trois siècles plus tard, on ne l’emprisonne plus, on l’assassine. Les assaillants ont touché à deux symboles, à la liberté d’expression et à la sécurité.

Des journalistes et des policiers qui assuraient leur sécurité ont été tués dans le quartier de la Bastille à Paris. Ce qui s’est passé contre Charlie Hebdo peut être réédité contre n’importe quel média libre dans le monde.

 Madiambal DIAGNE

mdiagne@lequotidien.sn  (à Paris)

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