Aujourd’hui l’Afp, demain le PS ?

805bdeaae1a4b51ec76c5837a83c4850Ce n’est qu’une question de temps. Ces formations politiques issues du Senghorisme devront, chacune, voler en éclats pour s’ouvrir et survivre. Et leur jeunesse, briser le monopole de leur Etats-major conservateurs qui maintiennent les militants dans une position de dépendance vis-à-vis d’un pouvoir qui les tient en laisse. Pour combien de temps encore ?

L’Afp qui se donne en spectacle, son leader qui s’emporte dans des injures publiques relayées dans la presse ; des jeunes progressistes qui réclament l’ouverture et davantage de démocratie interne sont autant d’éléments qui donnent un avant-goût de l’implosion de Benno, la survie difficile d’une coalition de partis politiques alliés du pouvoir, à quelque deux ans d’une présidentielle à la tenue incertaine. Difficile d’établir une lecture politique précise des enjeux de la situation actuelle. Car tout reste flou autour de l’issue du projet de révision constitutionnelle que le président Macky Sall compte soumettre au verdict des urnes, dès l’année 2016. Ce qui revient à dire que la classe politique et les électeurs sénégalais seront amenés, encore une fois, à se déterminer entre le quinquennat tant souhaité, et le septennat déjà rejeté lors de la consultation électorale populaire du 22 janvier 2001, laquelle a vu l’adoption de la constitution actuelle en passe de connaître une nouvelle retouche.

Alors que l’opposition peine à s’unir autour d’un front populaire pour faire face à Macky Sall ; le Pds noyé dans des affaires judiciaires en cours qui ont valu la prison à bon nombre de ses responsables politiques, la coalition Benno Bokk Yakaar, elle, s’agite. L’Afp veut son candidat à la présidentielle : Mamadou Goumabla se positionne pour porter la voix des progressistes contre Macky Sall et Moustapha Niasse ; Malick Gackou prend ses distances avec le bureau politique. Une situation proche de l’implosion et qui rappelle à certains égards la veille de la présidentielle de 2000, lorsque Moustapha Niasse, pour réclamer plus de démocratie interne, s’était retourné contre sa formation politique d’origine. Le Parti socialiste «authentique» aujourd’hui dirigé par l’inamovible OTD depuis 2000. Ousmane, habitué à gagner les «primaires socialistes» contre Tanor, continue de maintenir le suspense sur la candidature ou non du PS à la présidentielle. Qui serait surpris d’un soutien du PS à Macky Sall?

Souvent présenté comme un potentiel adversaire du leader del’Apr, le maire de Dakar Khalifa Sall refuse de sortir de son mutisme. Contre toute attente, il se cloître dans la capitale au lieu d’aller à la conquête des Sénégalais de l’intérieur du pays. Pour Khalifa comme pour ses camarades qui ont envie de livrer bataille à la présidentielle prochaine, c’est maintenant ou jamais qu’il faut dévoiler ses ambitions : lorsque le Ps aura décidé de mimer l’Afp en s’abstenant de présenter un candidat contre Macky Sall, il sera trop tard pour Khalifa et autres de poser leur veto. Ou de battre campagne contre un président que leur formation politique aura soutenu tout le temps qu’aura duré son mandat.

Par SenewebNews

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