Autorités françaises, agents de l’État et journalistes, mettez vos concitoyens sur un pied d’égalité !

Islamophone assassinat

Des soldats patrouillent à Nice mardi 3 février 2014. © AFP/Valery Hache

Voici deux faits divers survenus en France en moins de vingt jours. 

1) Une nuit, un homme enfonce la porte de ses voisins. Un mari, sa femme et leur bébé sont brutalement réveillés. II blesse grièvement le mari. La femme réussit à se sauver avec le bébé. L’homme retourne chez lui pour chercher un autre couteau et revient achever le mari. 

2) En pleine journée, dans une rue très animée, un homme attaque au couteau trois militaires armés et en blesse un à la joue, un autre au bras. 

La première histoire a été pratiquement passée sous silence. Même en France presque personne n’en a entendu parler. On a mis l’assassin dans un hôpital psychiatrique et « Circulez, y a rien à voir ! » Le deuxième cas a fait le tour du globe en un temps record. Tous les médias français s’y sont mis. Personne n’a parlé de démence. Au contraire, les autorités, le chef de l’État en tête, ont fermement condamné « l’acte criminel ». 

La différence fondamentale entre ces deux faits est que dans le premier, la personne tuée était de confession musulmane et dans le deuxième, les militaires ont été agressés tout près d’un centre juif. N’ayons pas peur des mots. Appelons un chat, un chat. 

A Beaucet dans le Vaucluse, dans la nuit du mercredi au jeudi 15 janvier, soit une semaine après les tueries du 7 au 9, dans la vague d’islamophobie qui va toujours crescendo, un père de famille musulman dénommé Mohamed El Makouli a été assassiné de 17 coups de couteau par son voisin. « LeDauphine », un journal local donne l’information avec ce titre : « Tué de 17 coups de couteau par un voisin en plein délire », sans mentionner le nom 

de la victime, ni ses origines ni sa religion. Le nom du tueur n’est pas mentionné non plus. Juste un fait divers ordinaire. 

C’était vers 1h30. Le voisin, que Mohamed connaissait bien, puisqu’il était le fils de son patron et qu’il leur arrivait de manger ensemble, enfonça la porte et se jeta sur lui en criant : « C’est moi ton Dieu, c’est moi l’Islam ! » et l’asséna de coups de couteau. Mohamed se défendit comme il put. Sa femme s’interposa et tenta d’arracher le couteau au meurtrier. Elle fut vilainement blessée aux mains. Son mari lui cria de se sauver avec le bébé. Elle courut à la gendarmerie.

D’après des voisins, le meurtrier retourna chez lui pour prendre un autre couteau et achever Mohamed. Quand les gendarmes arrivèrent, le meurtrier venait d’enlever ses habits dégoulinant de sang et n’avait qu’un t-shirt sur lui. Il fut interné d’office à l’hôpital psychiatrique. Et tout laisse croire que le dossier est clos.

Les médias grand public l’ont passé sous silence. Il me semble que seul « Le Figaro » en avait brièvement parlé sans dire le nom du tueur et en mettant « islamophobie » entre guillemets pour citer une organisation musulmane qui dénonçait ce crime. 

Pour en savoir plus sur ce meurtre d’une barbarie inouïe, lisez le témoignage de Nadia, la veuve de Mohamed El Makouli : http://www.sunuker.com/2015/02/04/le-temoignage-poignant-de-lepouse-de-mohamed-el-makouli-assassine-atrocement-de-17-coups-de-couteau-video/ Le deuxième fait divers s’est passé le 3 février et fait encore couler beaucoup d’encre et de salive en France. Radios, télés, journaux, sites, tous les médias en parlent.

C’est l’agression, à Nice, de trois militaires en faction par un homme seul qui a été rapidement neutralisé sans faire de blessé grave. Mais si tout le monde en parle, c’est parce que ceux qui nous informent insistent sur le fait que cela s’est passé « devant un centre communautaire juif ».

Immédiatement, on a commencé à parler d’antisémitisme et le nom de l’agresseur a fait le tour du monde. La parole a été donnée à des rabbins et à des membres de la communauté juive. Le président du consistoire israélite de Nice a déclaré : « Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons bien que c’est le centre communautaire juif que ces barbares visaient. » Le maire de Nice et d’autres personnalités politiques se sont fait entendre. Même le président de la République s’est exprimé. Le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Défense se sont rendus sans tarder à Nice. Les mots « terroriste », « djihadiste » et « antisémitisme » resurgissent. Mais voyons ! De quoi s’agit-il ? 

L’agresseur, originaire de la région parisienne, plus précisément de Mantes-la-Jolie, est un voyou connu des services de police « pour rébellion et violences contre des agents des forces de l’ordre ».

On nous dit aussi que « le jeune homme a vraisemblablement vécu à Mulhouse pendant quelques années. Il était connu des services de police pour des faits de droit commun, tous commis là-bas, entre avril 2006 et novembre 2009 : vol à l’étalage, violences, usage de stups, outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, vol avec violence… »

Donc, ce n’est pas la première fois qu’il a eu des accrochages musclés avec des hommes en uniforme. On a énoncé la thèse d’un complice parce qu’il aurait parlé avec un autre individu avant les faits, sans doute quelqu’un rencontré par hasard, mais on sait qu’il était seul au moment de l’acte.

Donc… On nous dit aussi qu’il « faisait du prosélytisme agressif dans sa salle de sport des Yvelines. » Soyons sérieux. Ce jeune homme a tout d’un gangster, mais rien d’un religieux. Et je ne crois pas qu’une salle de sport soit un endroit idéal pour faire du prosélytisme, pacifique ou agressif. 

Retraçons son parcours avant l’agression contre les militaires. On nous dit que « Fin janvier, il semblait avoir quitté la région parisienne ». Puis, il « avait attiré l’attention de la police aux frontières (PAF) à Ajaccio le 28 janvier car il avait pris un aller simple pour la Turquie. Il a donc été signalé sans délai par la DGSI aux autorités turques qui l’ont refoulé ». 

Puis, à son retour de Turquie, il a été interrogé par la DGSI, mais cet entretien administratif n’a pas permis de recueillir suffisamment d’informations justifiant l’ouverture d’une enquête. » Pourtant, des journalistes ont avancé sans sourciller qu’il voulait passer par la Turquie pour aller faire le djihad en Syrie. Aussi, on ignore à quelle date il est revenu en France et dans quelle ville. Bref, continuons. 

Le trois janvier donc, il est à Nice et prend le tramway sans ticket, comme le font pas mal de petits voyous. Il est contrôlé et est obligé de payer une amende avant de sortir. Alors, juste en face lui, il voit trois militaires.

Ce jeune homme, connu « pour rébellion et violences contre des agents des forces de l’ordre », qui a été refoulé par des autorités policières en Turquie, puis bassiné par leurs collègues après son retour forcé en France, et qui vient juste d’être chopé par les contrôleurs du tramway, vu son tempérament, devait être fou de rage.

Son attaque contre les militaires ne parait pas si surprenante, surtout s’il était ivre ou drogué ou dans un moment de folie. Oui, il faut être fou pour attaquer au couteau, tout seul, trois militaires armés, en début d’après-midi, en plein centre-ville, dans une rue très animée. 

Si son aversion des hommes en uniforme est indéniable, rien ne permet de le taxer d’antisémite. Et l’on peut aisément imaginer qu’il ne savait même pas qu’il y a un centre communautaire juif dans les parages. L’entrée de ce centre est tellement discrète que beaucoup de Niçois ignorent son existence. Il se trouve « dans une cour à l’abri des regards ».

Et si cet étranger à peine arrivé avait l’intention d’attaquer des juifs, il y avait une synagogue non loin de là, ou alors, il aurait d’abord tenté d’entrer dans le centre communautaire. Selon une source policière, « un peu après 14 heures […] un individu qui passait sur le trottoir a alors agressé violemment avec un grand couteau l’un des soldats, visant son visage ou son cou ».

Franchement, il est évident qu’il a agressé un homme juste parce qu’il portait un uniforme, mais ne ciblait pas des juifs. Pourtant, on l’accuse déjà d’antisémitisme parce que les faits ont eu lieu devant un très discret centre juif, et d’aucuns le qualifient de djihadiste. Mais comme les enquêteurs français sont les meilleurs au monde, ils trouveront peut-être des drapeaux islamistes ou des croix gammées ou d’autres éléments compromettants dans sa chambre. 

Rappelons que celui qui a tué Mohamed de 17 coups de couteau en criant « Je suis ton Dieu, je suis ton islam ! », lui, n’est pas accusé d’islamophobie. Il n’est pas en prison et ne sera pas jugé car c’est un « fou » qui n’aurait pas prémédité son meurtre. Il a juste attendu le milieu de la nuit, quand sa victime dormait, puis il a enfoncé la porte, s’est jeté sur lui, l’a grièvement blessé, est parti chercher un autre couteau pour l’achever et s’est débarrassé de ses vêtements trempés de sang. Imaginez si Mohamed, sa femme et leur bébé étaient juifs. 

Vive la France ! 

Bathie NGOYE.

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