Autosuffisance en riz, l’Afrique doit mettre les bouchées doubles

La 31eme session ordinaire du Conseil des ministres d’AfricaRice se tient au Sénégal. Durant 4 jours, des ministres, des experts, des agriculteurs venant de l’Afrique et de l’Asie vont se pencher sur les voies et moyens  pour promouvoir la sécurité alimentaire en riz.
Conscients que les pays de l’Afrique de l’Ouest exportent 5,2 millions de tonnes de riz, les exports trouvent qu’il urge de trouver des mécanismes qui permettent à ces pays de produire leurs besoins en produits rizicoles.
“La plupart des gouvernants, en particulier en Afrique de l’Ouest, sont conscients de cette situation et ont mis en place des politiques audacieuses pour atténuer l’impact des flambée des prix sur la sécurité alimentaire et la pauvreté dans leurs pays respectifs”, a noté Serge Ngessan, directeur adjoint de la Banque africaine de développement. Ainsi, estime-t-il, “une meilleure productivité du riz associée à des prix abordables, constituerait une solution efficace pour réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire, puisque c’est la culture vivrière de base qui pousse le plus rapidement”, a-t-il ajouté avant de rappeler que l’heure de la transformation de l’agriculture africaine est venue.

Abondant dans le même sens, le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, Papa Abdoulaye Seck soutiendra que le continent africain renferme d’innombrables potentialités, Mais, indique-t-il,

” ces potentialités exploitées de façon optimale doivent nous permettre, nous africains, de pouvoir nous nourrir et de nourrir le reste du monde, alors c’est en ce moment qu’intervient l’équation difficile, et pourtant le continent dont on chante tant le futur rizicole est aujourd’hui dans une situation telle qu’il représente à peu près 10% de la population mondiale mais absorbe prés de 30% des importations mondiales de riz et quand on observe le commerce international pour ce produit, on se rend compte, à partir de longues séries chronologiques, que le commerce international ne porte, environ, que sur 7% des quantités qui sont produits”.

Poursuivant, il dira que “sur ces 7% de quantités produit, l’Afrique contribue pour, environs, 77%. Et c’est là où il ya un risque grave parce que il ya de moins en moins d’eau et de terre en Afrique et on assiste aussi à ce que l’on pourrait appeler un plafonnement des rendements expliqué par certains scientifiques par l’épuisement des gains de productivité provenant de la révolution verte”.
” Des scientifiques disent même qu’à partir de 2020, l’Asie sera un pays importateur de riz, c’est pourquoi il est juste de dire que les pays ont tout à fait raison de chercher à obtenir l’autosuffisance agricole parce qu’il ya un rétrécissement graduel de l’offre rizicole liée à la perte de vitesse en ce qui concerne la production asiatique”,a-t-il précisé.
Suffisant pour que le ministre soutienne qu’il est temps pour les pays qui exportent du riz à partir de l’Asie, de mettre les bouchons doubles: “ce qu’il nous faut pour le riz c’est d’aller droit au but et c’est ce qui permet de gagner la bataille en ce qui concerne notre continent”,a-t-il préconisé non sans rappeler les 12 points sur lesquels il faudra mettre l’accent pour avoir de meilleurs rendements en ce qui concerne la filière riz.

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