AVIS Déclaration de Pr Ismaïla Madior Fall : «On peut même envisager de reporter d’une année les Locales»

Pr Ismaïla Madior FallLe ministre-conseiller du chef de l’Etat estime qu’il ne serait pas dramatique de reporter les Locales prévues le 16 mars 2014. En marge d’un colloque sur l’acte 3 de la Décentralisation, Ismaïla Madior Fall a déclaré qu’«on peut même envisager de reporter d’une année les élections» pour ne pas «bâcler la réforme».

Le report des Locales de 2014 poursuit son bonhomme de chemin. Le ministre-conseiller du président de la République avait annoncé la couleur au Grand jury de la Rfm, plaidant une approche consensuelle de la classe politique.

Hier, encore, en marge d’un atelier sur les enjeux et perspectives de l’Acte 3 de la Décentralisation, il a réitéré l’idée du report. En effet, ayant pris conscience de l’ampleur des réformes nécessaires pour une bonne décentralisation, le professeur Ismaïla Madior Fall, modérateur des travaux de réflexion sur ledit atelier organisé par le mouvement Alternative citoyenne/Andu-nawlé de l’ancien ministre libéral Abdou Fall, a déclaré :

«Il ne faut pas bâcler la réforme. On peut même envisager de reporter d’une année les élections locales. Ce n’est pas dramatique ! Au Sénégal, les élections locales ne se sont jamais tenues à date échue.» Ce qui est clair, c’est que l’opposition notamment avait rejeté toute éventualité  de report à l’issue de la rencontre entre le ministre de l’Intérieur et les partis politiques, se contentant de la prolongation des révisions sur les listes électorales.

Equation des ressources
L’acte 3 de la décentralisation est sujet à un certain nombre de problèmes. Ceux-ci sont relatifs à la carence de ressources humaines qualifiées pour la mener à bien, le statut des élus locaux, l’absence de ressources financières pour un autofinancement des nouveaux territoires autonomes, etc. Autant de hics qui poussent certains sceptiques à penser que la décentralisation de la gouvernance et la territorialisation des politiques publi­ques, est un vœu pieux.

Ancien maire de la ville de Louga, le doyen Daby Diagne souligne qu’il est «très difficile de créer des pouvoirs locaux différents du pouvoir central. Bâtir des territoires viables, durables et compétitifs capables de donner au citoyen les services dont il a besoin est très difficile». Ce, dans la mesure où les localités existantes ne sont pas bien préparées pour jouir de toute l’autonomie qu’on voudrait leur conférer, tant sur plan financier qu’humain.

Le professeur Pape Diouf renchérit : «Il ne suffit pas simplement de faire des autorités locales des agents administratifs, mais des agents de développement. C’est-à-dire arriver à un contrat de performance entre les élus et le pouvoir central. Mais pour cela, il faudrait d’abord former ces ressources humaines afin qu’elles soient capables de mener à bien cette mission d’acteurs de développement local. Revoir le statut des élus dont certains se prennent pour des rois dans leur localité. Il faut aussi impulser la dynamique à travers l’allocation de moyens avant tout autofinancement qui doit aussi être accompagné par des fonds d’aide.»

Communalisation
Quant à la communalisation intégrale des communautés rurales, Allé Sock du mouvement Acan pense qu’elle sera confrontée à d’énormes problèmes si on n’y prend garde. Surtout dans des zones à faible densité. «Par exemple, au Fouta, il y a des villages de deux ou trois cases qu’on ne pourra pas organiser en commune», expli­que-t-il. Un autre aspect non moins important entre aussi en jeu dans ce processus : le refus de certaines collectivités locales de faire l’objet d’une nouvelle administration de peur de perdre leurs réserves foncières.

tndiaye@lequotidien.sn

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