Avis d'inexpert – La presse sénégalaise et sa "racaille'(Par Jean Meïssa Diop)

Jean Meissa DiopDans le secteur du journalisme sénégalais, il y a de la racaillé? (sic) qui foule au pied les règles d’éthique et de déontologie ; il y a aussi plus grave (toujours dans la même profession): des usurpateurs, çest-à -dire des imposteurs qui évoluent, s’autoproclamant journalistes pour mieux racketter, faire chanter, percevoir ou réclamer des per diem dans des manifestations qu’ils recensent dans l’agenda d’organes de presse comme l’Agence de presse sénégalaise.
Cette odieuse engeancé?  (le terme est du grand compositeur français Georges Bizet parlant des journalistes) a été dénoncée avec force lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de presse par la journaliste de Sud Fm, Mame Diarra Dasylva, qui a laissé éclater son exaspération et demandé aux autorités (de la presse, de l’Etat, de l’Assemblée nationale) de faire quelque chose.
Ce quelque chose insinue sans doute ce vote par les députés du projet de nouveau code de la presse bloqué à  l’étape du Parlementaire par ceux qui ne veulent pas du tout entendre de dépénalisation du délit de pressé?, ce terme qui fâche, horrifié
Ce quelque chose qu’attendent les vrais journalistes, les professionnels intègres et conscients de la noblesse de leur profession, çest aussi l’institution d’une carte de presse unique, puisque tant que la délivrance et la fabrication de ce document seront une compétence de tout le monde et de n’importe qui, la racaille va en disposer et user comme d’un sésame pour accéder aux manifestations lucratives (pour eux), bien sûr !
Oui, la carte de presse unique, délivrée par une commission nationale, est un élément de prophylaxie, puisqu’elle ne sera pas délivrée à  n’importe qui et pourra être retirée à  titre provisoire ou définitif aux détenteurs qui auront eu un comportement indigne de ce document d’identité des journalistes dignes de ce nom.
On pourrait même l’appeler suy, balé (épandre la poudre toxique, puis balayer les insectes nuisibles ainsi foudroyés) du surnom de ce superpuissant insecticide vanté et vendu par des marchands ambulants aux ménagères. La carte de presse unique aura donc cette efficacité foudroyante, car elle éloignera la racaillé? des per diem et autres reportages rémunérés.
Rien que cette perspective prophylactique devrait plaider en faveur du vote de projet de nouveau code de la presse.
Attention à  la confusion des photos de personnalités ; une confusion qu’on constate souvent sur les sites internet sénégalais. Pour illustrer un article sur Robert Bourgi, ces plateformes prennent un Libano-Sénégalais pour un autre en montrant la tronche d’Abbas Jaber et vice-versa.
De même que rien ne différencie un général Seck d’un autre général Seck. La conséquence de cet amalgame aura été l’usage de la photo du Général de gendarmerie Pathé Seck, ancien Haut-commandant de la Gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, pour illustrer un article écrit par le général d’armée Mouhamadou Mansour Seck, ancien Chef d’état-major des Armées du Sénégal. Ils sont si célèbres ces Bourgi, ces généraux Seck qu’une simple recherche sur Google images, présente une palette bien large de leurs visages bien distincts les uns des autres.
Quand l’illustration est utilisée de manière naïve et sans précaution, elle entre dans une entreprise de manipulation dont la dernière à  en faire les frais est la comédienne du théâtre populaire Ndèye Khady Sy, premier rôle féminin dans la dramatique-culture Ibra Italien.
Malade depuis des années, ayant perdu l’usage de ses jambes, l’artiste est montrée dans un document audiovisuel de quelques minutes parcourant les réseaux sociaux et annonçant sa guérison, puisque sur la séquence douteuse, on voit Ndèye Khady claudiquant à  grand-peine, certes, mais réapparaissant au grand bonheur de ceux qui ont de la compassion pour elle.
Hier, sur ces mêmes réseaux sociaux, l’on apprend par l’intéressée elle-même que l’image montrée d’elle date de deux ans et a été tournée par des charlatans nigérians qui s’en servent à  des objectifs de manipulation et d’escroquerie.
Ce n’est pas vrai car cette vidéo date de deux ans, s’est indignée Ndèye Khady Sy dans les colonnes du site Jotay.net. Ce sont des gens qui utilisent mon image pour vendre leurs produits (?). Je suis choquée. Je n’arrive toujours pas à  croire qu’ils m?ont fait ça. Une indignation bien légitime au vu du double préjudice causé.
Post-scriptum : Parcourant le réseau Facebook, je suis tombé sur cette réflexion de l’économiste sénégalais, Pr Chérif Salif Sy et qui pourrait bien amener à  réfléchir la corporation des journalistes pas seulement elle, d’ailleurs : « Dans chaque métier, il existe des « règles de l’art » qui amènent à  une certaine notion de pureté ou d’accomplissement qui est à  mi-chemin entre une action à  but moral et à  but esthétique. Ainsi donc, le respect de règles lie morale et esthétique. Cette éthique donne toute leur puissance à  la politesse, l’élégance, la parole donnée, l’amitié et les affinités électives. Joli, vraiment joli !

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