BASKET – Mamadou Sow, ancien Dtn, sur la fraude sur l’âge : «L’Etat doit prendre ses responsabilités»

Mamadou Sow, ancien DtnFace aux nombreux problèmes qui secouent la famille du basket sénégalais ces derniers temps avec surtout l’affaire de la fraude sur l’âge des sélections U18, l’ancien Directeur technique national, Mamadou Sow, exhorte l’Etat du Sénégal à prendre ses responsabilités. Préconisant la mise en place d’une direction collégiale, l’un des doyens de la discipline dénonce également une gestion individualiste du président de la Fédé, Baba Tandian.

L’ancien directeur technique national de basket, Mamadou Sow, estime qu’il est temps que l’Etat se prononce sur la situation du basket sénégalais avec l’affaire de la fraude sur l’âge notée au sein des sélections filles et garçons lors des derniers Champion­nats d’Afrique U18. «Le président (de la fédération) dit souvent qu’il est là pour quatre ans.

Mais quand on commet certaines fautes, je pense que l’Etat doit prendre ses responsabilités. Le fait que le Sénégal arrive à être identifié comme un voleur est une chose assez grave pour que l’Etat dise non !», se désole l’ancien Dtn.

Présent lors de la conférence de presse de l’ancien international sénégalais, Mathieu Faye, qui exige le départ de l’actuelle équipe dirigeante conduite par Baba Tandian, Pa Sow estime que l’instance fédérale doit rendre compte. «Aujourd’hui, la fédération doit être suspendue et doit rendre compte à l’Etat.

A partir de là, si l’Etat estime que la faute est assez grave, il peut mettre sur pied une structure d’exception qui puisse gérer d’une manière orthodoxe les destinées du basket sénégalais», souligne-t-il. Avant d’ajouter : «Il faut que le basket revienne à l’orthodoxie. Que les gens ne fassent pas du One man show. Il faut forcément une gestion collégiale. Chacun peut avoir son idée, mais il faut toujours aller à l’essentiel.»

Regrettant la tournure des événements avec les nombreuses contre-performances notées ces derniers temps, l’ancien Dtn pense qu’«on ne peut pas continuer à laisser un individu gérer à sa guise. Tout le monde décrie la manière dont le basket sénégalais est géré. Aujourd’hui, le basket a beaucoup de problèmes. La discipline a dégringolé et n’est plus à la première place africaine».

«Mise en place d’une direction collégiale.» A l’inverse des années précédentes, l’instance fédérale était gérée «dans la sérénité, la cohésion». «C’est cette cohésion qui manque au basket sénégalais. Les gens créent toujours des foyers de tension. Comment on peut être dirigeant au niveau le plus élevé de la fédération et créer tout le temps un climat de tension ?», s’interroge l’un des doyens du basket sénégalais.

Regrettant les incidents survenus lors de la finale de la Coupe nationale entre les équipes féminines de Saint-Louis basket club (Slbc) et du Dakar université club (Duc), ce dernier dénote une «fuite en avant de la fédération».

«On n’a pas besoin de la commission de discipline pour sanctionner ce genre de comportement. Ce sont des gens qui ont délibérément créé une situation. Quand un dirigeant de club se lève pour attaquer la table des officiels, il n’y a pas à chercher de midi à quatorze heures», s’insurge Pa Sow.

Pis encore, poursuit-il, «quand j’entends le président de la fédération dire qu’on n’amènera plus de grenades lacrymogènes dans le stade, qu’il n’y aura plus de policiers en tenue au stade, c’est très grave. Le service d’ordre n’est pas l’affaire d’un président de fédération».

Très respecté dans le milieu, il estime que «les clubs ou encore les dirigeants doivent respecter les règlements du basket. Mais il faut aussi que la fédération ait le courage de diriger ce basket d’une main ferme. Il ne faut pas qu’il y ait du deux poids, deux mesures».

«On ne sent plus la Dtn.» En véritable sage, l’ancien Dtn pense que la voie du salut du basket sénégalais passera forcément par la mise en place «d’une direction collégiale». Comme ont eu à la faire, rappelle-t-il, «Abdoulaye Sèye pendant 20 ans, feu Ibou Diagne, qui ont fait du bon travail. La même chose pour tous ces présidents qui sont passés à la tête de la fédération. Il n’y a jamais eu autant de problèmes parce que simplement ces gens-là n’avaient pas un problème d’égo».

Quid de la Direction technique nationale ? «Quand on était là, il y avait trois ou quatre personnes qui ont toujours été solidaires, unies, comme si on était des jumeaux. On ne sent plus la Direction technique nationale dans le basket sénégalais.»

 Écrit par Woury DIALLO   wdiallo@lequotidien.sn

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