Bastonné lors des évènements de Kédougou : Wagne n’a plus rien à Ciré de la vie

Ciré Wagne Bastonné lors des évènements de Kédougou
Ciré Wagne Bastonné lors des évènements de Kédougou
Ciré Wagne Bastonné lors des évènements de Kédougou

Agé de 46 ans, marié et père de 6 enfants, Ciré Wagne frôle la déprime. En cause, son lynchage par les Forces de l’ordre lors des malheureux évènements survenus à Kédougou en 2008. Alors que les jeunes protestaient pour réclamer de l’emploi, il a été pris à partie par les Forces de l’ordre. Il s’en est sorti avec des séquelles qui ont fini de le rendre immobile.

Cinq ans après, il réclame justice après avoir porté plainte contre l’Etat du Sénégal à qui il réclame un dédommagement à hauteur du préjudice subi et une prise en charge médicale.

Dans sa demeure, sise au quartier Mosquée de Kédougou, il narre difficilement ce malheureux évènement. Président de l’association Planète verte du quartier Dinguessou et représentant des jeunes dans le Comité des sages, Ciré Wagne raconte : «Je faisais parti des gens que les Forces de l’ordre recherchaient lors des évènements du 23 décembre 2008. Pourtant, je n’étais ni de prés ni de loin mêlé au sit-in des jeunes étudiants qui, finalement, s’est transformé en casse.»

Avec une voix à peine audible, il poursuit : «C’est dans ces conditions que j’ai été arrêté par les Forces de l’ordre. J’ai été sévèrement tabassé par celles-ci.» Selon lui, il a échappé à la mort, puisqu’il a été par la suite évacué d’urgence à l’hôpital régional de Tambacounda, à cause de profondes blessures.

Pourtant, a-t-il juré, c’est dans son lit d’hôpital qu’il a été cueilli pour un interrogatoire à la légion-est de la gendarmerie de Tambacounda. A l’en croire, c’est trois jours après qu’il est rentré chez lui à Kédougou. Avant d’être cueilli une seconde fois dans la nuit du 13 au 14 janvier par les éléments du Gign, puis transféré à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Tambacounda où il a rejoint dix-huit (18) autres jeunes kédovins.

Depuis sa libération le 19 mars 2008, il dit n’avoir pas recouvré sa santé. Raison pour laquelle il veut rappeler à l’Etat sa responsabilité dans cette affaire. «Jusque-là, le dossier est pendant au moment où je tire le diable par la queue pour subvenir aux besoins de ma famille», a-t-il confié. Tout en faisant remarquer que : «Le dossier est entre les mains de mon avocat, Me Assane Dioma Ndiaye de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme. Malgré ses multiples interpellations, ses efforts se révèlent jusque-là vains.»

Sa fille aînée, qui a décroché le baccalauréat cette année risque, selon lui, de ne pas poursuivre ses études, faute de moyens.

msdiallo@lequotidien.sn

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